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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
L’ex entraîneur-chef du Canadien de Montréal, Claude Julien
L’ex entraîneur-chef du Canadien de Montréal, Claude Julien

La curieuse pépinière du Canadien de Montréal

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Dominique Ducharme est un bon coach. Un type compétent. Un homme qui possède tous les outils et les qualités nécessaires pour s’imposer dans la Ligue nationale de hockey.

J’ai bien envie d’écrire une chronique pour vous parler de cette curieuse pépinière. La grande région d’Ottawa-Gatineau a déjà fourni plein d’entraîneurs au Canadien de Montréal. Depuis la fin des années 1980, il y a eu Pat Burns, Alain Vigneault, Jacques Martin et Claude Julien.

J’ai envie d’écrire une chronique pour dire que la pépinière n’est pas à court de produits.

Si Marc Bergevin avait envie de se lancer à la recherche d’un nouvel homme de confiance, il pourrait fort bien le trouver dans le coin.

Il y a trois - peut-être même quatre - hommes qui pourraient relever le défi, demain matin, si on leur demandait.

Guy Boucher, ancien entraîneur-chef des Sénateurs

Ce ne sera peut-être pas nécessaire.

Ducharme a commencé sa carrière au niveau junior AAA, où il a remporté un championnat. Quand on lui a donné sa chance de passer au niveau supérieur, dans la LHJMQ, il a remporté la coupe du Président et la Coupe Memorial.

On lui a donné sa chance au Championnat mondial junior. En plus de remporter une médaille d’or, il a su impressionner la presse canadienne anglaise avec son flegme.

S’il n’a pas toujours l’air d’apprécier le caractère «public» de sa profession, les feux de la rampe ne lui font pas peur.

Quand le Canadien lui a offert un poste d’adjoint, Ducharme a obtenu l’opportunité de se familiariser avec l’environnement unique de la Ligue nationale, tout en travaillant avec un des hommes de hockey les plus compétents de sa génération.

En dépit de ce qui s’est passé au cours de la dernière année, Julien détient toujours un record important. Il est celui qui a remporté le plus de matches à Boston, derrière le banc d’une des six formations originales de la LNH.

On parlera d’ailleurs de son avenir un peu plus tard.

Ducharme, donc, était en mission d’apprentissage. Il y a consacré deux années de sa vie. Il n’a pas volé l’opportunité qui lui est offerte.

D’ailleurs, il n’est pas le premier adjoint à obtenir une audition, comme ça.

Bruce Cassidy a remplacé Julien, à Boston, au milieu de la saison 2016-17. Depuis, les Bruins n’ont connu que des saisons gagnantes.

Craig Berube a remporté la coupe Stanley, à Saint-Louis, en 2019, six mois après avoir succédé à Mike Yeo.

Un an plus tard, le pilote intérimaire des Stars de Dallas, Rick Bowness a bien failli l’imiter, sous la bulle d’Edmonton.

Le scénario pourrait facilement se répéter, à Montréal. Personne ne serait surpris.

Mais bon...

Le Canadien procède à un changement d’entraîneur deux fois, en moyenne, par décennie.

On ne se privera pas du trop rare - mais néanmoins immense - plaisir que nous procure la folle spéculation.

Le prochain entraîneur-chef du club le plus titré de l’histoire du hockey pourrait provenir de l’Outaouais.

Benoît Groulx n’a pas emprunté le même chemin que Ducharme. Quand il a eu le sentiment qu’il n’avait plus rien à prouver, dans le hockey junior, il s’est déniché un boulot d’entraîneur-chef dans la Ligue américaine. À Syracuse, il a collé quatre saisons gagnantes consécutives. Avec un contrat bon pour plusieurs années en poche, Jon Cooper ne devrait pas lui céder le poste de pilote du Lightning de Tampa Bay de sitôt.

André Tourigny était sur toutes les tribunes, l’automne dernier. Il est respecté de tous. Il comprend très bien la nouvelle génération d’athlètes. Sa défaite en finale du Championnat mondial junior a peut-être un peu refroidi les ardeurs de certains. Tourigny est probablement le meilleur entraîneur à n’avoir jamais remporté un championnat majeur.

Guy Boucher a de l’expérience. Ses deux mandats, à Tampa ainsi qu’à Ottawa, l’ont cependant usé. Mon petit doigt me dit qu’il finira par se trouver du travail dans la LNH. Quand le temps sera venu, il aura peut-être envie d’occuper un poste différent.

Bob Hartley? Le vétéran de Hawkesbury a dit à ses amis du 91,9 FM, à Montréal, qu’il a l’intention de mettre un terme à sa carrière quand il aura terminé la dernière année de son contrat en KHL.

Bob à la retraite? On le croira quand on le verra.

Claude Julien, maintenant.

Notre collègue Jean-François Plante, qui connaît son hockey, nous rappelle qu’il a «cinq millions de bonnes raisons» de s’accorder une année sabbatique.

JF pense que Julien pourrait relever un dernier défi professionnel «chez lui», à Ottawa, quand il aura fini d’encaisser l’argent que lui doit le Canadien.

JF voit déjà les Sénateurs de Julien éliminer le Canadien, dans un printemps-pas-si-lointain au terme duquel ils soulèveront la coupe Stanley.

JF devrait écrire des scénarios de film.

Ça coûte cher, un coach comme Julien.