Erik Karlsson s’est entraîné avec Brent Burns (photo) et ses coéquipiers au Complexe sportif de l’Université d’Ottawa, vendredi.

Karlsson, son avenir...

CHRONIQUE / Deux gérants d’estrade discutent, à quelques heures du grand retour d’Erik Karlsson à Kanata.

Les gérants d’estrade connaissent bien le hockey et sont bien au courant de la situation dans laquelle se retrouvent les Sénateurs.

Le premier gérant pose une question au second. Dis-moi, si jamais Karlsson voulait revenir à titre de joueur autonome, l’été prochain... Lui offrirais-tu un contrat de sept ans ?

Le second gérant réfléchit un moment et répond.

Oui, peut-être. Sous certaines conditions.

D’abord, il ne serait pas question que Karlsson récupère son titre de capitaine. La direction ne pourrait pas répéter l’erreur de lui laisser trop d’espace et de pouvoir, dans le vestiaire.

Avant de procéder, il faudrait surtout réunir les nouveaux leaders de l’équipe autour d’un café pour leur demander ce qu’ils en pensent. Il faudrait que Matt Duchene et Mark Stone soient d’accord. Faudrait que Thomas Chabot y voit du bon.

J’écoutais mes deux gérants, vendredi matin, et je les trouvais bien divertissants.

D’abord, les gérants faisaient ce que les gérants font le mieux. Ils pelletaient de très gros nuages.

Il faudrait probablement que des changements importants surviennent, dans les bureaux administratifs du Centre Canadian Tire, pour que Karlsson place Ottawa dans sa liste de destinations possibles en juillet 2019.

C’est sans doute réciproque. Le propriétaire, le directeur général qui viennent de l’échanger ne voudront sans doute pas le rapatrier.

La deuxième portion de la conversation m’apparaît quand même pertinente. Surtout dans le contexte du week-end qui débute.

De manière officieuse, Stone a déjà succédé à Karlsson dans le rôle du capitaine. On attend simplement qu’il signe son contrat à long terme avant de coudre le « C » sur sa poitrine.

Duchene devrait se retrouver parmi les trois étoiles du mois de novembre dans la LNH, lorsque celles-ci seront dévoilées en début de semaine prochaine. Il a inscrit 21 points à ses 12 dernières parties.

Chabot ne s’est pas contenté de s’installer dans le fauteuil du défenseur numéro un à Ottawa. Il se maintient parmi les défenseurs les plus productifs de la ligue au grand complet !

Un collègue friand de statistiques s’est amusé, hier matin. Il a isolé le meilleur centre, le meilleur ailier et le meilleur défenseur de chaque équipe de la LNH. Il a découvert que le trio Chabot-Duchene-Stone est le troisième plus productif.

Chacun fait son deuil différemment. Certains partisans ont toujours du mal à digérer la transaction dans laquelle ils ont perdu leur joueur favori. Dans le vestiaire de l’équipe, au Centre Canadian Tire, la pilule est passée depuis longtemps.

Erik Karlsson a semblé un peu surpris quand il a vu tous les journalistes qui s’étaient déplacés pour assister à sa conférence de presse, au Complexe sportif de l’Université d’Ottawa. Il s’est penché devant son micro et il a lâché une blague.

Il a pris un virage à 180 degrés. Rien à voir avec l’homme plein d’arrogance qui a envoyé paître les journalistes qui l’attendaient dans le vestiaire, après le match de mercredi soir, à Toronto.

Bon. Passons.

On lui a demandé s’il serait heureux quand le match sera terminé. Après tout, il pourrait bien s’agir du chapitre final d’une saga qui lui a fait vivre toute la gamme des émotions au cours de la dernière année.

« Je savais depuis longtemps que ce jour, le jour de mon retour à Ottawa, approchait. Nous y sommes, enfin. Après, les choses vont se calmer. Une année complète pourrait s’écouler d’ici notre prochain match à Ottawa. Je ne sais pas trop si c’est le dernier chapitre de l’histoire. Je vais tout simplement apprécier le moment », a-t-il simplement répondu.

On ne sait pas trop s’il faut essayer de lire entre les lignes. Dans sa réponse, Karlsson a dit qu’il pourrait jouer son prochain match dans la capitale, avec les Sharks, la saison prochaine.

On était sous l’impression que Karlsson n’avait pas nécessairement envie de s’éterniser sur la côte ouest. On l’imaginait ailleurs, possiblement avec le Lightning de Tampa Bay, en 2019-2020.

Sa perception des choses est possiblement en train de changer.