Les Sénateurs atteindront le plateau des 20 matches la semaine prochaine.

Jusqu’ici, tout va bien

CHRONIQUE / Le premier sujet abordé par Guy Boucher, quand est venu le temps de lancer la toute première conférence de presse qui a suivi son retour de Suède ?

La mode vestimentaire masculine.

Le coach a fait irruption dans le centre des médias d’un pas rapide, comme à son habitude. En s’installant au podium, il a demandé aux journalistes de ne pas trop se moquer du chandail à col roulé qu’il portait sous son veston. Il paraît que Jean-Gabriel Pageau n’a pas eu cette gentillesse.

Il s’en est donné à cœur joie.

J’ai deux commentaires à formuler, ici, maintenant.

Primo, quand un athlète se permet de taquiner son patron immédiat, à propos des vêtements qu’il porte, c’est qu’un climat harmonieux règne.

Secundo, un coach qui se permet de faire le pitre devant les médias est un entraîneur qui n’a pas de gros, de réels, de pressants problèmes.

Boucher acquiesce. Les choses vont bien.

L’entraîneur a passé l’été à se faire du souci. Historiquement, les quatre équipes qui atteignent le carré d’as ont souvent du mal à repartir la machine. Il a consacré une bonne partie de son temps à réfléchir à des moyens d’éviter cette guigne.

Les Sénateurs vont atteindre le plateau des 20 matches la semaine prochaine.  

« La menace était pourtant réelle, maintient-il. Regardez les trois autres équipes qui ont atteint le carré d’as avec nous. Les Ducks traînent un peu de la patte. Les Predators commencent à peine à livrer la marchandise. Les Penguins ont connu des difficultés, eux aussi. Peut-être que la perte d’Erik a finalement joué en notre faveur. Sans lui, nous avons peut-être développé la peur de perdre. »

Si le coach voulait continuer d’alimenter cette peur, il parlerait sans doute des effets néfastes du décalage horaire. Me semble que tout le monde en parle, partout, depuis le début de la saison. Si on se fie à la rumeur, les équipes de hockey qui effectuent un voyage en Europe frappent presque toutes le mur en rentrant.

C’est documenté, ça l’air.

J’ai vérifié. J’ai envie de conclure que c’est un mythe.

Pendant cinq ans, entre 2007 et 2011, les dirigeants de la LNH ont envoyé une vingtaine de leurs équipes en Europe dans le cadre de la série « NHL Premiere ». Plus de la moitié d’entre elles ont réussi à se qualifier pour les séries, dans les mois qui ont suivi.

Les équipes qui ont remporté la coupe Stanley en 2009, 2010, 2011 et 2012 ont joué quelques matches réguliers en Suède, en Finlande, en République tchèque ou en Allemagne.

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Il s’appelle Andrew Hammond. Pendant une courte période, il n’y a pas si longtemps, il était la saveur du mois, celui dont tout le monde parlait dans le monde du hockey.

À l’époque, on le surnommait Hamburglar.

Ces jours-ci, le Burglar vit à Belleville. Il doit se poser de sérieuses questions.

Hammond a joué de malchance. Il a été blessé à quelques reprises. Ces bobos lui ont éventuellement coûté son poste à Ottawa. 

Il ne s’est pas plaint. 

Il est retourné dans la Ligue américaine sans rechigner.

Dans les derniers mois, il s’est refait une santé. À Belleville, il a retrouvé ses réflexes.

Je vous parlais de lui, dans cet espace, il n’y a pas si longtemps. Il avait été solide, le soir où j’étais au Yardmen Arena.

Depuis, il a continué d’accumuler les victoires.

L’entraîneur-chef des B-Sens, Kurt Kleinendorst, a très bien résumé la situation. « Andrew, c’est un gardien de la LNH qui joue dans la Ligue américaine. »

Mais voilà. Des clubs de la LNH, qui ont besoin d’aide, ne lui accordent aucune attention.

À Montréal, quand Marc Bergevin a eu besoin d’une bouée de sauvetage, il s’est tourné vers le vétéran qui présente possiblement les pires statistiques de tout le hockey professionnel.

À Vegas, un club d’expansion a utilisé cette semaine un adolescent de 19 ans qui a été sélectionné au septième tour, au dernier repêchage de la LNH.

Au Centre Canadian Tire, son ancien partenaire lui conseille de garder la tête haute.

« Il suffit qu’un entraîneur, quelque part, lui accorde sa confiance. Dans le monde des gardiens, le timing compte plus que tout », m’a dit Craig Anderson pas plus tard que mercredi.