Le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk, en multipliant les apparitions publiques et les déclarations controversées, a certainement tout fait pour attirer les projecteurs vers lui au cours des 15 dernières années.

Ils ont le droit (et raison) de critiquer

CHRONIQUE / Un partisan s’est pointé au Centre Canadian Tire, samedi midi, pour assister au match opposant les Sénateurs aux Flyers. Il traînait un écriteau qu’il avait fabriqué chez lui. Son message : débarrassez-vous du propriétaire, pas du capitaine !

Des agents de sécurité l’ont rapidement identifié. Ils ont choisi de confisquer l’item. Un autre spectateur, témoin de la scène, a rouspété. On l’a invité à quitter le building.

En quelques lignes, c’est l’histoire qui a circulé dans les réseaux sociaux dans les dernières heures.

La direction des Sénateurs m’informe que des histoires rapportées par certains médias, ce week-end, sont erronées.

Fort possible.

Certaines personnes peuvent interpréter les mêmes consignes et directives de manière bien différente.

Des gens qui ont été témoins de la scène ont quand même pris le temps de faire circuler des vidéos.

La diffusion de ces images a poussé d’autres fans à sortir de l’ombre. Il paraît que d’autres incidents similaires se seraient produits, à Kanata, dans les dernières semaines.

J’ai pris le temps de consulter le code de conduite des partisans, qui est disponible sur le site Internet des Sénateurs.

Les écriteaux ne font pas partie des objets prohibés au CCT. Il est quand même écrit que les dirigeants du building se réservent le droit de bannir « tout autre item qui pourrait avoir un impact négatif sur l’expérience des autres spectateurs ».

C’est assez vaste.

Tout ça m’intéresse parce que j’ai l’impression que le phénomène risque de gagner de l’ampleur dans les prochaines semaines.

J’espère, sincèrement, qu’on ne commettra pas la bourde monumentale de mettre à la porte des partisans qui essaient simplement d’exprimer de façon polie et respectueuse leur mécontentement.

Les fans ont le droit d’être déçus de voir leur équipe au 29e rang du classement général. Ils ont même raison de l’être.

Ils ont le droit de se poser des questions. Ils sont intelligents. Ils vont finir par tirer leurs propres conclusions.

Ils ont le droit de penser que les joueurs n’ont pas tous été à la hauteur. Ils ont le droit de croire que l’entraîneur-chef ne prend pas les bonnes décisions. Ils ont le droit de critiquer le directeur général et son adjoint.

Ils ont même le droit de penser que le principal problème des Sénateurs se situe au sommet de la pyramide.

Le propriétaire est un membre important de l’organisation. Eugene Melnyk, en multipliant les apparitions publiques et les déclarations controversées, il a certainement tout fait pour attirer les projecteurs vers lui au cours des 15 dernières années.

Les partisans ont encore sur le cœur sa sortie maladroite du mois de décembre.

Si M. Melnyk avait véritablement voulu se faire pardonner, il aurait commencé par demander pardon.

Pour s’asseoir dans les gradins avec un écriteau, un partisan doit, au préalable, se procurer un billet.

Ceux qui ont déboursé de l’argent pour se rendre jusqu’à Kanata, samedi, ont choisi de passer une magnifique journée de fin de semaine pour assister à une partie que leur équipe risquait probablement de perdre.

En 2005-06, au tout début de l’ère Melnyk, les Sénateurs figuraient dans le top-5 de la ligue au chapitre de l’assistance. Selon les chiffres compilés par ESPN, ils croupissent cette année au 24e rang, tout juste devant les cancres habituels que sont les Panthers de la Floride, les Hurricanes de la Caroline, les Coyotes de l’Arizona, les Islanders de New York...

Les Sénateurs n’ont pas les moyens de continuer à se mettre des partisans à dos.