Erik Karlsson se fait plaquer par Jakub Jerabek au cours de la deuxième période, mercredi soir, au Centre Bell.

Il perd (un peu) son temps

CHRONIQUE / Le temps des Fêtes approche.

Je ne vous dis pas ça parce qu’on s’apprête à tourner la dernière page du calendrier de 2017, parce que les décorations sont apparues et parce que le défilé du père Noël est prévu pour ce samedi, dans les rues du Vieux Aylmer.

Non. Je veux vous parler de hockey. Des Sénateurs. De leurs problèmes qui s’accentuent.

Le temps des Fêtes va me servir d’excuse pour  vous parler de Thomas Chabot.

Chabot était au Centre Bell, jeudi. Il a pris part au léger entraînement du matin. Il s’est échauffé en jouant au soccer avec les vétérans à l’extérieur du vestiaire des visiteurs, en fin de journée. Il a fait exactement tout ce qu’il fera quand il sera un joueur à part entière dans la LNH.

Sauf... prendre part à la rencontre.

Quand le match a débuté, il a enfilé sa tenue de ville. Il s’est contenté d’un rôle de spectateur.

Fut un temps où Bryan Murray dirigeait l’organisation. Murray n’avait pas peur d’offrir aux espoirs de talent la chance de faire le saut, très rapidement, dans la LNH. Il était prêt à vivre avec leurs inévitables gaffes. « Les gens qui accordent une chance aux jeunes en octobre sont récompensés quand arrive le temps des Fêtes, parce que les jeunes à qui on fait confiance font souvent des pas de géants entre le début de la saison et le temps des Fêtes », se plaisait-il à répéter.

Murray a cédé sa place à Pierre Dorion. Dorion a embauché Guy Boucher. Les deux hommes ont adopté une philosophie différente.

« La LNH n’est pas une ligue de développement », martèle Boucher.

Pour l’entraîneur, les erreurs de jeunesse doivent se faire dans la Ligue américaine.

Je ne sais pas quelle façon de faire est la meilleure.

J’ai juste l’impression que Chabot se trouve quelque part entre les deux.

Il n’a pris part qu’à la moitié des matches des Senators de Belleville jusqu’ici.

Il a bouclé ses valises pour le long voyage qui vient de débuter. On ignore s’il aura la chance de jouer. Boucher a reconnu qu’on l’a rappelé à titre de police d’assurance. Il n’a pas nécessairement prévu le faire jouer.

Est-ce la meilleure façon d’utiliser le plus bel espoir de toute une organisation ?

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Alors que le deuxième mois de la saison s’achève, je ne change pas d’avis. Le départ de Marc Méthot a laissé un gros trou. Une formation de la LNH ne peut gagner sans un quatuor défensif solide, sur qui elle peut s’appuyer pendant 45 minutes par match.

Dorion l’a peut-être laissé partir en songeant aux économies qu’il pouvait réaliser à moyen terme. Méthot gagne 4,9 millions $US cette saison. Il touchera la même somme l’an prochain.

Chabot, qui est lui aussi gaucher, devrait être capable d’évoluer dans un des deux premiers duos des Sénateurs avant longtemps.

Quand ? C’est une très bonne question.

En attendant, Erik Karlsson est incapable de trouver un partenaire régulier. La paire la plus « stable » de l’organisation a connu un autre match difficile, au Centre Bell. Cody Ceci a été directement responsable des deux buts marqués par le Tricolore en deuxième période.

Boucher dit que les Sénateurs jouent bien et qu’ils finiront par s’en sortir.

Chose certaine, la séquence ne peut s’étirer encore bien longtemps.

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J’ai pris le temps de relire le chapitre « controversé » de la biographie de Daniel Brière, celui dans lequel il est question de sa relation houleuse avec Michel Therrien.

J’ai passé en revue tous les passages délicats. 

De la brusquerie ordinaire, pour emprunter une expression lue dans un autre quotidien, récemment.

Il n’y en a qu’un, en fait, où j’ai tiqué. C’est un passage où Brière raconte une altercation survenue avant un match, en Caroline du Nord.

« Y’a personne dans la chambre qui te respecte ! Y’a personne qui veut jouer avec toi », aurait vociféré l’entraîneur à l’endroit de son vétéran, pour clore l’échange.

J’ose croire que Therrien n’y croyait pas vraiment.

Brière était alors un vétéran qui avait joué près de 900 matches dans la LNH. Tout le monde le respectait.

En fait, entre vous pis moi, si je devais identifier un Québécois qui a eu du mal à se faire respecter dans le petit monde de la LNH, au cours des 15 dernières années...