Sylvain St-Laurent
Les Sénateurs d’Ottawa auront droit à un makeover complet, d’ici à leur prochain match.
Les Sénateurs d’Ottawa auront droit à un makeover complet, d’ici à leur prochain match.

Il ne serait pas trop tôt

CHRONIQUE / Ainsi donc, les Sénateurs d’Ottawa auront droit à un makeover complet, d’ici à leur prochain match.

On ne connaît pas encore la date de cette partie. On ne sait pas non plus dans quel amphithéâtre il sera présenté. On sait, tout simplement, qu’ils porteront des uniformes différents quand ça se produira.

Des uniformes qui devraient beaucoup ressembler à ceux qu’ils portaient quand ils ont effectué leur grand retour dans la Ligue nationale de hockey, au début des années 1990.

Le bruit court depuis un certain temps.

Dans une petite grande ville comme Ottawa, il est difficile de ralentir la propagation des rumeurs.

Une collègue, la journaliste de l’Athlétique Hailey Salvian, a décidé de faire passer les choses à la vitesse supérieure. Dans un article, elle a cité une source «qui est au fait de ce qui se passe dans les bureaux».

Cette nouvelle, il fallait s’y attendre, a été très bien reçue par les partisans.

En réalité, cette nouvelle aurait été tout aussi bien reçue l’année dernière. Ou l’année d’avant.

Ça fait des années que les partisans demandent du changement.

On se demande bien, dans le contexte, ce qui a bien pu prendre autant de temps.

Les Sénateurs ont changé leur look pour la dernière fois au début de la saison 2007-08.

La firme Reebok venait alors d’hériter du mandat de réinventer les uniformes au hockey.

Leurs designers semblaient par exemple croire que les rayures horizontales appartenaient à une autre époque.

Treize ans plus tard, force est de reconnaître qu’ils avaient tort. Reebok n’a pas été capable de conserver son contrat. Adidas a pris la relève et habille désormais les meilleurs joueurs sur la planète.

Plus de la moitié des équipes de la LNH ont modifié leur image de marque.

C’est une belle stratégie de marketing. Quand c’est bien fait, ça permet de stimuler la vente de produits dérivés.

Et ça n’a pas l’air trop difficile de bien faire.

Dans plusieurs cas, au cours des dernières années, les équipes ont emprunté une recette très simple. Les Sabres de Buffalo, les Flames de Calgary, les Kings de Los Angeles, les Islanders de New York, les Penguins de Pittsburgh et les Capitals de Washington ont simplement choisi de revenir en arrière, en revenant aux couleurs et au style qu’ils arboraient durant les années 1980 et 1990.

Ce n’est pas sorcier, mais chaque fois, ça fonctionne.

Les Sénateurs devraient donc se joindre à cette tendance, si on se fie au bruit qui court, et à ceux qui «savent ce qui se passe dans les bureaux».

Bien entendu, les nouveaux uniformes ne vont pas régler tous les problèmes de l’organisation.

Porter le logo en deux dimensions des premières années ne fera pas grandir les jeunes espoirs plus rapidement.

Mais bon. Le changement de look donnera l’impression que certaines choses évoluent.

Cette initiative permettra surtout à l’organisation de faire bouger les choses sans se ruiner, dans une période difficile où elle étudie soigneusement chaque dépense.

L’Athlétique a fait état d’un autre problème des Sénateurs, la semaine dernière.

Les nombreux journalistes de l’entreprise, de vieux routiers qui voyagent aux quatre coins de l’Amérique du nord dans l’exercice de leurs fonctions, ont produit un classement des meilleurs amphithéâtres de la LNH.

Par la force des choses, ça devient aussi le classement des pires amphithéâtres.

Il est assez facile de voir où on s’en va.

Le Centre Canadian Tire occupe le 32e rang.

Il faut quand même le faire. La LNH regroupe 31 équipes, à l’heure actuelle.

Explication. Les Islanders de New York ont joué des matches à domicile dans deux buildings, au cours de la dernière saison. Il y a le Nassau Coliseum, qui est désuet depuis au moins 20 ans. Il y a ensuite le Barclays Center, construit pour le basket-ball, avec ses quantités de sièges depuis lesquels on ne peut pas voir toute la patinoire.

Eh bien, ces deux arénas ont obtenu plus de points que le CCT.

Les scribes voyageurs n’aiment pas les bouchons de circulation sur la 417. Ils trouvent qu’Ottawa est une bien jolie ville, mais ne comprennent pas les attraits de ses quartiers les plus à l’ouest.

Les vieux uniformes ont du charme.

Le vieil amphithéâtre... un peu moins.

Mais ça, ce sera plus difficile à régler.