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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
En 39 matches, jusqu’ici, les Sénateurs ont alloué 145 buts à leurs adversaires.
En 39 matches, jusqu’ici, les Sénateurs ont alloué 145 buts à leurs adversaires.

Il fallait un bouc émissaire

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CHRONIQUE / En 39 matches, jusqu’ici, les Sénateurs ont alloué 145 buts à leurs adversaires. Ça leur confère une moyenne de buts alloués collective de 3,72.

C’est la pire moyenne de buts alloués de toute la Ligue nationale de hockey.

Si on s’arrête là, on doit donner raison à Pierre Dorion. Les performances des gardiens n’ont pas été à la hauteur.

On peut aussi se donner la peine de fouiller davantage.

Les moines statisticiens du site Natural Stat Trick l’ont fait, eux.

Selon leurs savants calculs, les performances des gardiens d’Ottawa ont surtout été mauvaises entre le 15 janvier et le 10 mars.

Durant cette période, ils ont conservé un taux d’efficacité collectif de 87,54 %. Ce qui, effectivement, s’avère franchement ordinaire.

Tout le monde sait ce qui s’est passé, après le 10 mars.

Durant la période d’échauffement précédant un match, à Edmonton, Matt Murray a ressenti un malaise. Au lieu d’obtenir le départ, il est allé rejoindre Marcus Högberg à l’infirmerie.

Ç’aurait pu être une catastrophe. À ce moment-là, on a demandé à Pierre Groulx de se débrouiller avec les moyens du bord. On lui a confié trois gardiens qui avaient disputé un grand total de quatre matches dans la LNH depuis octobre 2018.

Ç’aurait pu être une catastrophe, mais ça s’est drôlement bien passé.

Ensemble, Joey Daccord, Anton Forsberg et Filip Gustavsson ont permis aux Sénateurs de conserver une fiche - très respectable - de 4-3-3.

Ensemble, ils ont conservé un taux d’efficacité de 91,62 %. Si on tient uniquement compte des performances des gardiens de la LNH durant cette courte période, les Sénateurs se situent au 12e rang dans la ligue.

En milieu de peloton, donc.

C’est important de le souligner.

Groulx, travaillant, loyal et discret membre de l’organisation des Sénateurs depuis près de six ans, vient d’être sacrifié.

Officiellement, on parle d’une réaffectation. On va donc lui trouver des tâches à faire pour lui permettre de mériter son salaire jusqu’à la fin de son contrat.

Groulx n’en demeure pas moins compétent.

Il a de la chance. À l’heure actuelle, dans la LNH, on assiste au début d’une tendance. Les organisations sérieuses, qui ne craignent pas les dépenses, n’hésitent pas à se former de véritables équipes de spécialistes pour travailler auprès de leurs gardiens.

Il n’aura pas trop de mal à se trouver un prochain défi, quand le temps sera venu.

Pierre Groulx n'agira plus à titre d'entraîneur des gardiens de but chez les Sénateurs.

On souhaite la meilleure des chances au nouvel entraîneur des gardiens des Sénateurs, Zac Bierk.

On ne le connaît pas, personnellement. Le monde du hockey étant tout petit, il a été relativement facile de se trouver des amis communs.

Il paraît que c’est un bien gentil garçon.

Un beau défi l’attend, à Ottawa. Il devra trouver une façon de relancer le jeune vétéran à qui les Sénateurs devront verser 18,75 millions $US au cours des trois prochaines saisons.

Matt Murray est le septième gardien le mieux payé sur la planète. Parmi les gardiens qui ont disputé plus de 20 matches, cet hiver, il présente la deuxième pire moyenne de buts alloués.

Les gens qui le connaissent ont l’air de penser qu’il éprouve de sérieux problèmes de confiance.

On pense notamment à Jim Rutherford, qui fut son patron pendant six ans, dans l’organisation des Penguins de Pittsburgh.

Quelques semaines après avoir quitté son poste de directeur général, l’homme de 72 ans s’est entretenu avec un journaliste de L’Athlétique.

Il a d’abord rappelé que Murray était un très bon gardien, en 2016 ainsi qu’en 2017, quand il a obtenu ses deux bagues de la coupe Stanley.

«Nous ne formions pas une très bonne équipe, si on s’attarde strictement à la défensive», a-t-il rappelé.

En 2017, lors du repêchage d’expansion, Rutherford n’a pas eu le choix de protéger celui qui venait de permettre à son équipe de tout gagner.

L’histoire ne dit pas s’il regrette d’avoir laissé Marc-André Fleury partir pour Las Vegas. Il reconnaît, cependant, que Murray n’a plus jamais été le même par la suite.

«Va-t-il trouver une façon de remonter au sommet? Il est certainement capable de le faire. Ça ne fait aucun doute dans mon esprit. Il possède tous les outils qu’il faut. Parfois, il arrive que les gens se cassent un peu trop la tête. C’est possiblement ce qui est en train de se produire, avec Matt. Il est très intelligent, vous savez. Il se complique peut-être inutilement la tâche en réfléchissant trop.»

Zac Bierk connaît D.J. Smith depuis un certain temps. Ils travaillaient ensemble, dans les rangs juniors, au sein de l’organisation des Generals d’Oshawa. Ils ont connu du succès. Ils ont soulevé la Coupe Memorial, au terme du dernier match disputé sur la patinoire du vieux Colisée de Québec.

Il ne faut pas s’étonner de les voir réunis. Encore moins s’en offusquer. C’est ainsi que ça se passe, dans le monde du hockey.

Pierre Groulx était le seul adjoint dont Smith a hérité, lors du dernier changement de régime. Il est le premier à écoper.

Ce n’est sans doute pas un hasard.