Stéphane Richer, qui sera bientôt grand-père, est le dernier marqueur de 50 buts chez le Canadien.

Heureux qui comme Richer

CHRONIQUE / En m’assoyant devant Stéphane Richer, mardi matin, je savais déjà qu’il n’y aurait pas de grandes déclarations incendiaires. En cette saison de misère pour le Canadien, d’autres anciennes gloires l’ont pourtant fait.

Richer n’est pas comme ça.

« Ce serait difficile pour moi, m’a-t-il expliqué. Marc a été super bon, pour moi, quand je me suis retrouvé à Saint-Louis. »

Le Marc dont il parle, c’est Marc Bergevin.

À une autre époque, il y a déjà fort longtemps, Richer fut son coéquipier pendant quelques mois.

« À la suite de la transaction, quand je me suis joint aux Blues, j’ai vécu chez lui pendant un bout de temps. Il m’a beaucoup aidé. J’ai appris à le respecter beaucoup. »

Richer m’a expliqué, du même souffle, que Bergevin n’est pas son seul ami dans l’organisation du Canadien. Kirk Muller et Jean-Jacques Daigneault font aussi partie de son cercle social.

« C’est pour ça que je ne fais presque plus de télévision. Les journalistes me demandent souvent ce que je pense du power play. Ils aimeraient connaître mon opinion du jeune Drouin. Ça me donnerait quoi de commencer à varloper ? Si d’autres veulent le faire, c’est correct. Ça n’a jamais été dans mon sang. J’ai joué 1200 games dans la LNH. J’en ai trop vu. »

Richer était de passage dans sa région natale pour faire la promotion d’un (autre) match des Anciens Canadiens au Centre Robert-Guertin. J’y reviendrai.

Je me suis permis d’insister un peu sur le sujet des « belles-mères » du CH. D’autres n’ont pas autant de délicatesse que lui. Je pense notamment à ma vieille connaissance Alex Kovalev, qui semble incapable de retenir son venin quand on place un micro sous son nez.

« Je le connais, Kovy. J’ai joué avec lui à Pittsburgh. Tu sais, beaucoup de joueurs sortent de la game de la mauvaise façon », m’a-t-il répondu.

Si l’Artiste avait pu compléter sa carrière dans l’uniforme du Canadien, les choses seraient peut-être différentes aujourd’hui, croit-il.

« Moi, j’ai eu la chance de me retirer pendant un an. Ça m’a permis de prendre un peu de recul. Je suis revenu au jeu, par la suite, parce que j’avais la chance de choisir une destination qui me convenait. Je suis allé à Pittsburgh, au moment où Mario préparait aussi son retour. J’avais aussi reçu l’assurance que je pourrais terminer ma carrière au New Jersey. Il était entendu que je serais cédé aux Devils à la date limite des transactions. J’ai pu jouer mon dernier match avec eux, en Caroline, avec mon vrai numéro 44 sur le dos. »

Richer a été capable de reconnaître qu’il a vécu des heures sombres. Il a combattu la dépression durant sa carrière d’athlète.

Aujourd’hui, il a l’air particulièrement zen.

Pour réussir sa retraite, il faut être bien entouré.

Le dernier marqueur de 50 buts de l’histoire du Tricolore est un homme de famille. En 2018, il deviendra grand-père.

« C’est drôle. Quand la petite fille de ma demi-sœur est venue au monde, je suis devenu oncle. Quelques jours plus tard, j’ai appris que je deviendrais bientôt grand-père. J’ai voulu m’acheter un billet de 6/49. C’était plus fort que moi ! »

Pour réussir sa retraite, il faut aussi bien s’occuper. Richer peut jouer jusqu’à 60 matches de hockey par année.

Le Canadien bat de l’aile. Les anciens n’en souffrent visiblement pas trop.

Je vais te donner une idée. Depuis Noël, nous avons fait une tournée du nord de l’Ontario et du nord québécois. Nous nous sommes rendus jusqu’à Témiscaming. Nous rentrons tout juste des Territoires du Nord-Ouest. Je suis arrivé cette nuit. Nous avons joué cinq matches au BC. On repart vendredi pour l’Ontario. Selon les dernières rumeurs, on pourrait retourner en Russie ainsi qu’en Suède, pour faire une tournée avec Mats Naslund. »

« L’autre jour, on a joué dans un petit village au nord de Winnipeg. Un village de 1000 personnes. Ils ont réussi à amasser 106 000 $ lors de notre passage ! »

« Je suis chanceux. »

Le match à Gatineau, avant d’oublier. Le 8 avril, à 13 h, les Glorieux affronteront les étoiles du resto-bar Le Pêle-Mêle. Les profits iront à la Société canadienne de la sclérose en plaques. Il paraît que Chris Nilan vient d’inscrire la date à son calendrier. Ça va brasser.