Jusqu’à maintenant, Connor Hellebuyck a tout fait ce qu’il fallait.

Hellebuyck et les espoirs d’un pays entier

CHRONIQUE / Vingt-cinq ans, c’est long.

Il faut pourtant faire face à la réalité. Le Canadien de Montréal a remporté la 24e coupe Stanley de son histoire le 9 juin 1993.

Depuis, le trophée a été décerné à 24 reprises. Chaque fois, dans des marchés américains.

La guigne pourrait être brisée cette année.

Au début du mois d’avril, tous les espoirs sont permis.

Ça dépendra beaucoup de Connor Hellebuyck.

Guy Boucher l’a dit, lundi matin, dans les heures qui ont précédé le match entre ses Sénateurs aux Jets.

«Ils ont tout pour rêver à la coupe», a-t-il déclaré. Il s’est ensuite mis à vanter leurs attaquants, jeunes et dangereux. Il a ensuite parlé de leurs défenseurs, à la fois imposants et mobiles.

Il n’a pas vraiment parlé du gardien.

Pourtant, on sait qu’en séries, tout commence et se termine devant le filet.

Jusqu’à maintenant, Hellebuyck a tout fait ce qu’il fallait.

Il a remporté à Ottawa un septième match consécutif. Il s’agit d’un nouveau record d’équipe.

Il s’agissait aussi de sa 42e victoire de la campagne. Sa prochaine lui permettra d’égaler le record du plus grand nombre de matches gagnés dans une seule saison, dans la LNH, par un Américain.

Tom Barrasso a gagné 43 parties... en 1992-93.

Il n’a pas livré sa plus étincelante performance lors de son passage à Ottawa.

«Nous avons connu un bon départ, mais nous n’avons pas réussi à maintenir le rythme. C’était presque un match de ping pong», de dire son coéquipier Andrew Copp.

Malgré tout, le doute de certains observateurs subsiste.

Les réputations se construisent en séries, il faut croire.

Les détracteurs de Hellebuyck ont frais en mémoire ses performances de la saison dernière.

À son premier tour de piste dans le rôle de gardien titulaire, il a présenté une moyenne de buts alloués de 2,89.

Son coéquipier Mathieu Perreault est capable de reconnaître que tout ne tournait pas rond.

«L’an dernier, on avait un peu de misère devant le filet», avoue-t-il.

Cette année, tout a changé. «Le travail de nos gardiens, ça fait partie de la clé de nos succès.»

Perreault s’explique difficilement ce retour en force.

«Connor a changé un peu sa façon de s’entraîner. Il a sans doute repris confiance. En tous cas, c’est le jour et la nuit avec l’an dernier.»

«On joue bien devant lui, aussi. Ça doit sûrement jouer un rôle dans son succès.»

Il faudra maintenant voir si l’énergie de la jeunesse lui permettra de maintenir le rythme.

À Ottawa, Hellebuyck a pris part à un 65e match. Il s’agit d’un sommet, chez les gardiens de la LNH.

C’est un sommet personnel, aussi.

Dans les rangs professionnels, il n’avait jamais franchi le plateau des 60 parties.

Durant ses deux années passées dans les rangs universitaires, il a disputé 24 et 29 parties en saison régulière.

Au Manitoba, on s’inquiète un peu.

«Si on voyait dans son jeu des signes de ralentissement, on lui accorderait de plus longues pauses», répond l’entraîneur-chef Paul Maurice.

Il paraît qu’une rencontre a eu lieu, dans les quartiers généraux de la direction, au début du mois de mars.

«Nous avons bien étudié notre calendrier. Nous avons essentiellement demandé à Connor de choisir les matches auxquels il tenait à participer. Il est sans doute le joueur à qui nous parlons le plus. Nous voulons nous assurer qu’il ne manque de rien. Il doit être au sommet de son art dans une dizaine de jours.»

NOS TROIS ÉTOILES DE LA SEMAINE

1. Foster

Impossible d’ignorer cette histoire. On sait que les équipes de la LNH doivent se construire une banque de « gardiens d’urgence ». 

Ces hommes, qui ont déjà évolué dans les rangs amateurs, traînent dans les arénas lors des matches. Si une équipe perd ses deux gardiens en l’espace de quelques minutes, ils doivent sauter sur la patinoire pour que le match continue. 

Puisque les gardiens se blessent rarement, on ne s’attend pas à ce que les « pompiers » soient sollicités. 

On s’attend encore moins à ce qu’un quidam stoppe tous les lancers qui sont dirigés vers son filet par les meilleurs joueurs au monde. 

C’est pourtant ce que le comptable de Chicago Scott Foster a fait, jeudi. En 14 minutes, il a effectué sept arrêts. Une douzaine d’années après avoir disputé son dernier match dans la NCAA, il a mis un terme à une séquence de six victoires consécutives des Jets de Winnipeg.

2. Vanek

Ce n’est jamais bon signe quand un joueur porte les couleurs de huit équipes différentes en cinq ans. 

Il faut reconnaître que Thomas Vanek ne baisse pas les bras. À ses 12 derniers matches dans l’uniforme des Blue Jackets de Columbus, l’ailier autrichien de 34 ans a inscrit pas moins de 14 points. 

Il se comporte aussi comme un vrai leader. Quand on a mis les micros sous son nez, samedi dernier, il a rendu hommage à un de ses jeunes coéquipiers qui joue un peu dans l’ombre. 

« Je n’ai jamais eu le bonheur de jouer avec un défenseur plus efficace que Seth Jones », a-t-il déclaré. En fait, Vanek a lancé des fleurs à la brigade défensive au grand complet. 

« C’est fou. Nous avons huit ou neuf défenseurs qui mériteraient de jouer chaque soir », a-t-il déclaré au Columbus Dispatch. La profondeur est si grande que le vétéran Jack Johnson a été laissé de côté à cinq reprises, récemment.

3. Hynes

Une petite décision toute simple. Les Devils du New Jersey écopent d’une pénalité mineure pour avoir envoyé trop de joueurs sur la glace. 

L’entraîneur-chef John Hynes envoie son meilleur attaquant, Taylor Hall, au banc. En sautant sur la patinoire, 120 secondes plus tard, Hall, reçoit la rondelle sur son bâton. Il parvient à s’échapper. 

Il déjoue Carey Price pour marquer le but gagnant contre le Canadien de Montréal. Ça s’est passé comme ça, dimanche. 

Cette victoire permet aux Devils de respirer un plus à l’aise, au huitième rang du classement de l’Association Est. 

On a déjà dit que Hynes a fait un super boulot derrière le banc des Devils. Il est déjà considéré parmi les principaux candidats au trophée Jack-Adams. 

S’il fallait que les deux points obtenus au Centre Bell permettent à son équipe de se qualifier pour les séries... Ce serait une belle cerise sur le sundae.