Sidney Crosby, Evgeni Malkin et les Penguins de Pittsburgh se font reprocher leur début de saison laborieux, mais les chiffres « ne sont pas entièrement représentatifs », plaide l’entraîneur-chef Mike Sullivan.

Est-ce que ça va si mal à Pittsburgh ?

CHRONIQUE / Les partisans les plus critiques dans la LNH ne sont peut-être pas à Montréal, cet automne. Ce titre revient possiblement aux fans de la belle et grande région de Pittsburgh.

Il paraît que les Penguins connaissent un difficile début de saison. Du moins, c’est ce qu’on dit à leur sujet.

Pourtant, si les séries éliminatoires débutaient ce matin, ils y participeraient.

Dans la presse locale, ce week-end, Sidney Crosby et ses coéquipiers ont été crucifiés.

Ils n’ont pas été à la hauteur, a-t-on écrit, après un revers de 2-1 contre les Blackhawks de Chicago.

Les Hawks sont quand même des adversaires redoutables.

Il s’agissait, de surcroît, de la première défaite subie en temps réglementaire au PPG Paints Arena, cette saison.

Les fans n’étaient pas satisfaits. Ils le sont rarement depuis le début de la saison.

En remportant la coupe Stanley lors des deux dernières années, les Penguins ont peut-être créé un monstre.

L’entraîneur-chef Mike Sullivan a passé une partie de la dernière semaine à protéger ses joueurs.

Les statistiques ne sont pas terribles. Particulièrement celles qui font état de la performance de l’équipe en défensive.

« Il suffit de suivre notre équipe de très près pour comprendre que ces chiffres ne sont pas entièrement représentatifs », intervient-il.

« Nous avons encaissé quelques dégelées, en début de saison, dans des situations où nous devions jouer deux matches en autant de soirs. Ces matches ont faussé les données. Les gens qui ne suivent pas notre équipe de très près ne peuvent pas nécessairement comprendre à quel point ces matches ont affecté notre fiche de manière négative. »

Sullivan n’a pas tort.

Les Penguins ont effectivement eu du mal à composer avec leur calendrier chargé du début de la saison.

Sullivan, à l’instar de plusieurs entraîneurs, aime utiliser son gardien de but numéro deux quand son équipe doit jouer deux fois en deux soirs.

En début de saison, Antti Niemi a souvent été d’office dans les matches où les Penguins ont été malmenés.

Le directeur général Jim Rutherford a visiblement mal choisi le successeur de Marc-André Fleury.

Les problèmes des Penguins n’ont pas tous été réglés comme par magie lorsque Niemi a quitté.

Les Penguins continuent de connaître beaucoup de difficultés lors des unités spéciales. Le taux de succès en infériorité numérique s’élève de peine et de misère au-dessus du seul des 75 %. C’est insuffisant.

Rutherford a eu besoin de faire des choix, l’été dernier. Il a laissé partir deux attaquants d’expérience qui brillaient dans les missions défensives, Nick Bonino et Matt Cullen.

Une autre gaffe ?

« Il faut s’améliorer à ce niveau, convient Sullivan. Nous avons alloué quelques buts de trop en infériorité numérique dans nos dernières parties. À cinq contre cinq, les choses se replacent lentement. Les unités spéciales fonctionnaient bien en début de saison. Elles nous ont un peu laissé tomber, dernièrement. »

Il reste le cas de Crosby à régler.

Le meilleur joueur au monde s’est sortit d’une longue séquence de 11 parties sans but, la semaine dernière.

« Il s’en va dans la bonne direction, croit son entraîneur. Il travaille fort. Il fréquente les bons endroits, sur la patinoire. En somme, il contrôle ce qu’il peut contrôler. »

NOS TROIS ÉTOILES DE LA SEMAINE

1. Andersen

Les Maple Leafs de Toronto ont réussi à bien se débrouiller en l’absence de leur super vedette Auston Matthews. Il faut dire que leur gardien Frederik Andersen s’est bien occupé de protéger le filet en son absence. 

Le Danois de 28 ans a signé cinq victoires consécutives, entre le 6 et le 18 novembre. Il a blanchi, coup sur coup, les Devils du New Jersey et le Canadien de Montréal la semaine dernière. Ces performances sont encore plus impressionnantes quand on pense aux mauvaises performances livrées par Andersen en octobre. 

Des partisans des Leafs exigeaient qu’il soit expatrié quand sa moyenne de buts alloués s’élevait à 3,46. Mike Babcock n’a pas paniqué. Il a continué de l’utiliser à profusion. « Le fait que j’ai été beaucoup utilisé m’a justement permis de me relever, confiait le gardien, récemment à un journaliste du Toronto Star. Plus je joue, mieux je me sens. »

2. Mantha

La séquence historique de 25 participations consécutives aux séries éliminatoires a pris fin le printemps dernier à Détroit. Anthony Mantha compte bien faire tout en son possible pour ne pas rater le « vrai » hockey trop souvent dans sa carrière. 

L’attaquant originaire de Longueuil se trouve en plein cœur des succès des Red Wings, depuis le début de la saison. Une belle lutte à deux se dessine, avec son coéquipier Dylan Larkin, pour le titre de meilleur marqueur de l’équipe. « Les jeunes brillent dans toutes les facettes du jeu », disait récemment l’entraîneur-chef Jeff Blashill, au terme d’un match où Mantha a récolté trois points contre les Flames de Calgary. 

La direction des Wings s’est toujours montrée très exigeante envers les jeunes. « Nous voulons des joueurs qui veulent gagner. C’est très important. Nous ne voulons pas de joueurs qui sont là pour les points », insiste Blashill.

3. Yeo

Personne ne parle des Blues de Saint-Louis. Pourtant, ils dominent l’Association Ouest. Ils sont les plus sérieux rivaux du Lightning de Tampa Bay, jusqu’ici, dans la course au trophée du Président. 

Il faudra finir par reconnaître que Mike Yeo a complètement transformé cette équipe quand il a remplacé Ken Hitchcock derrière le banc, l’hiver dernier. 

« J’essaie de ne pas trop accorder d’importance à notre fiche. Vous savez, nous parlons constamment du processus qu’il faut continuer de suivre du début à la fin d’un match. C’est la même chose quand on pense à la saison au grand complet. Si nos joueurs continuent de se présenter au boulot dans le bon état d’esprit, s’ils continuent de jouer du bon hockey, ils vont aimer leur saison », a-t-il expliqué au quotidien Post-Dispatch. 

Yeo a réussi à redresser le travail en défensive, si bien qu’une belle compétition se dessine devant le filet.