Sylvain St-Laurent
Pierre Houde et sa fille, Michelle, nouvelle diplômée en médecine.
Pierre Houde et sa fille, Michelle, nouvelle diplômée en médecine.

«Ensemble»

CHRONIQUE / Vous avez vu la vidéo qui accompagne cette chronique? Sinon, prenez trois minutes. On va vous attendre.

C’est impressionnant.

Michelle Houde, une médecin-résidente en santé publique montréalaise, voulait nous montrer qu’on est tous unis dans la bataille contre la COVID-19. Elle a passé les dernières semaines à lancer des perches, aux quatre coins de la planète. Cent vingt-cinq jeunes hommes et jeunes femmes, qui pratiquent la médecine dans 95 pays du monde, ont répondu à son appel.

À l’aide d’un logiciel de montage, elle a tout assemblé. Chacun, dans sa langue maternelle, nous rappelle qu’on mène cette lutte «ensemble».

C’est à la fois simple et puissant.

«Michelle a tout le crédit. Ses efforts découlent de sa passion», m’a dit son père, tout fier, quand je l’ai contacté, mardi.

J’ai la chance de connaître, un peu, le paternel.

Le Québec au grand complet le connaît, dans une certaine mesure.

Il y a des airs de famille bien évidents, dans les premières secondes de la vidéo. Le regard vif, la diction parfaite...

«C’est une communicatrice. Elle doit avoir les gênes de la famille.»

Le père de la docteure Houde, c’est Pierre Houde.

Eh oui. Le même Pierre Houde qui décrit les matches du Canadien de Montréal, à RDS.

Pour lire la vidéo sur notre application, cliquez ici.

*****

«J’admire plein de choses, chez ma fille. Elle a une conscience mondiale d’une mesure rare», me dit le fier papa.

«Elle est très sensible. Elle partage souvent avec des amis qui vivent la guerre en Syrie, par exemple. Elle échange avec des collègues qui pratiquent la médecine dans un contexte de pauvreté, dans un contexte de manque de ressources, dans des endroits où les soins sont inabordables...»

«Quand elle a choisi la santé publique, ce n’était certainement pas la plus jazzée, la plus sexy des orientations, en médecine. Mais elle n’est pas utopique. Au contraire, elle est très pragmatique dans sa vision mondiale de la santé.»

«Au moment où on nous confine dans nos maisons, Michelle nous envoie un message inverse. Elle nous rappelle la nécessité de ne jamais perdre de vue l’aspect mondial de ce qu’on traverse.»

Pierre Houde s’émerveille devant la ténacité de sa fille.

Elle tenait, par exemple, à obtenir un témoignage provenant d’un médecin du Zimbabwe, de façon à parcourir l’alphabet d’un bout à l’autre.

Le choix de la trame sonore n’est pas banal, non plus. «Michelle a un petit tatouage très discret des premières mesures d’Imagine.»

La jeune femme serait aussi une très bonne clarinettiste.

«La musique, aussi, c’est très important, chez les Houde.»

*****

Il faut croire que l’amour du travail bien fait, c’est aussi quelque chose qui se transmet de génération en génération.

Pierre Houde n’est pas du genre à rester à la maison, les bras croisés, à se reposer.

Ce printemps, il aurait normalement du travailler à décrire quelques matches du championnat mondial de hockey masculin, en plus de se lancer dans une nouvelle saison de Formule 1.

Puisque le monde du sport est en pause, il a décidé de s’investir dans un nouveau projet.

Le premier épisode de sa toute nouvelle émission, Et le but!, sera diffusée ce mercredi, à 18 h 30, sur les ondes de RDS.

«Nous avons vécu la crise en deux étapes, raconte-t-il. Durant la première étape, il n’y avait plus de sports en direct à présenter, mais nos studios étaient toujours ouverts. Nous avons étiré cette étape jusqu’à la limite. Pour la deuxième étape, il a fallu se retourner très rapidement, pour offrir des contributions très rudimentaires, chacun de son côté. Je dois dire qu’on prend très rapidement de l’expertise, à distance. On se sent même à l’aise de prendre ce qu’on produisait pour le web et le diffuser à l’antenne principal.

Pierre Houde animera les premiers épisodes d’Et le but! depuis son bureau, chez lui, dans le centre-nord de l’île de Montréal. Ses deux premiers invités seront le président du Canadien, Geoff Molson, et le promoteur du Grand Prix du Canada de F1, François Dumontier.

«Sans mettre l’emphase sur la COVID, j’ai voulu recevoir des personnes qui demeurent pertinentes à l’intérieur de la pause qu’on vit.»

«Ils ont été généreux. Ils ont pris le temps de répondre à mes questions. C’était clair, dans ma tête. Je devais leur poser les questions que les gens me posent, à moi.»

Et il n’est pas évident de répondre aux questions, ces temps-ci. Au fond, tout le monde veut savoir la même chose. Quand est-ce que la vie pourra reprendre son cours normal?

«À savoir quand auront lieu les prochains événements en direct... Ta prédiction est aussi bonne que la mienne», conclut Pierre Houde.