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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Montréal n’a plus d’équipe professionnelle de hockey féminin depuis bientôt deux ans, mais c’est temporaire.
Montréal n’a plus d’équipe professionnelle de hockey féminin depuis bientôt deux ans, mais c’est temporaire.

En attendant leur retour

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CHRONIQUE — ESPACE LNH / Une courte vidéo a été lâchée, dans les réseaux sociaux, vers la fin de la semaine dernière. La Professionnal Women’s Hockey Players Association (PWHPA) a lancé officiellement la campagne #StickInTheGround. Il est question, évidemment, d’offrir l’opportunité aux joueuses d’élite l’opportunité de gagner leur vie sur la glace. 

Connor McDavid, Auston Matthews et Brendan Gallagher figurent parmi les vedettes de la Ligue nationale de hockey qui accordent leur soutien au mouvement.

Le vétéran Kyle Turris, des Oilers d’Edmonton, se pointe à la toute fin, pour livrer le message-clé.

« Je veux que ma fille puisse rêver aux mêmes choses que mon fils. »

Leurs mots d’encouragement ont atteint la cible.

« C’est un peu la cerise sur le sundae », affirme Danièle Sauvageau.

L’ancienne entraîneure de l’équipe nationale féminine du Canada agit à titre de porte-parole pour la PWHPA au Québec.

Au bout du fil, on la sent enthousiaste.

Montréal n’a plus d’équipe professionnelle depuis bientôt deux ans, mais c’est temporaire.

« On ne se demande même pas “si” Montréal récupérera son équipe, un jour. On se demande “quand” ça se fera », affirme-t-elle.

« Le soutien des partisans est encore présent, on le sent. Ici, on travaille très fort pour l’entretenir. On essaie de conserver une espèce de vague de fond. Vous savez sans doute qu’une vague de fond peut avoir bien plus de force qu’une vague de surface... »

La National Women’s Hockey League (NWHL), qui tente de survivre durant cette difficile période pour le sport professionnel nord-américain, compte présentement six formations. Toronto est la seule ville canadienne à faire partie du circuit. Quatre des cinq autres formations sont concentrées sur la côte est américaine.

Un centre d’excellence

« Le Québec, c’est quand même là où ça va le mieux », soutient Mme Sauvageau.

Son énergie lui est fournie par le Centre de hockey de haute performance 21.02, qui est installé à l’Auditorium de Verdun. Une quarantaine de joueuses – dont une vingtaine du programme d’excellence national – ont la chance de s’y entraîner depuis quelques mois.

« Nous avons obtenu le statut de centre haute performance. Nous avons la reconnaissance de Hockey Québec, qui travaille avec Hockey Canada. Cela fait en sorte que nos joueuses patinent depuis le mois d’octobre. Ailleurs, au Canada, les hockeyeuses n’ont pas cette chance. »

Le nom du Centre n’a pas été choisi au hasard. Le Canada a remporté sa première médaille d’or olympique le 21 février 2002.


« On ne se demande même pas “si” Montréal récupérera son équipe, un jour. On se demande “quand” ça se fera. »
Danièle Sauvageau, l’ancienne entraîneure de l’équipe nationale féminine du Canada

Danièle Sauvageau se trouvait derrière le banc, au E Center de West Valley, dans l’Utah.

Quand ce sera possible, on essaiera d’organiser des matches hors-concours, contre des équipes féminines ou masculines.

« En attendant, si tu me donnes le choix entre organiser six matches par année ou cinq séances d’entraînement par semaine... Pour moi, le choix est assez facile à faire. »

« En attendant, nos filles peuvent sauter sur la patinoire cinq fois par semaine. Elles ont accès à des entraîneurs qui sont spécialisés dans le développement des habiletés individuelles. Les gardiennes peuvent travailler avec des spécialistes de leur position. »

« Au quotidien, on continue de préparer nos joueuses pour le Championnat du monde, pour les Jeux olympiques et pour les rangs professionnels. »

+

POURQUOI PAS QUÉBEC ET OTTAWA?

Si on se fie à Danièle Sauvageau, les Canadiennes de Montréal n’ont pas joué leur dernier match. Elles seront de retour, un jour ou l’autre.

Est-ce que ce sera suffisant ?

Une vingtaine de joueuses du programme d’excellence national s’entraînent présentement au Centre 21.02. Ce groupe pourrait grandir, dans les prochaines années, puisque ses dirigeants souhaitent aussi ouvrir leurs portes aux meilleures joueuses de la relève.

Offrir à ces joueuses un bon débouché, avec un club professionnel dans la métropole, ce serait bien.

Éventuellement, ça pourrait bien ne pas suffire.

Heureusement, on trouve à quelques centaines de kilomètres de Montréal deux grandes villes dotées de belles infrastructures sportives. 

Ottawa et Québec pourraient éventuellement contribuer à l’essor du hockey professionnel féminin.

La présence de plusieurs équipes, dans une même région, favoriserait le développement des affaires en réalisant des économies. Les rivalités naturelles procureraient aussi de
la visibilité.