Guy Boucher a gardé la tête bien haute, à la fin de la saison.

En attendant le mois de mai...

CHRONIQUE / La situation me semble pourtant simple. Ça peut aller dans un sens ou dans l’autre. Pierre Dorion peut accorder une deuxième chance à Guy Boucher, en le laissant entamer l’automne prochain la dernière année de son contrat. Il peut aussi le remercier et se mettre à la recherche d’un nouvel entraîneur-chef pour les Sénateurs.

Un autre.

Dorion dit qu’il a encore besoin d’y réfléchir. Il nous a énuméré toutes les tâches qui sont inscrites à son agenda dans les prochaines semaines, avant de conclure qu’il sera difficile pour lui de prendre une décision finale d’ici le début du mois de mai.

Que pourrait-il apprendre de plus, au sujet de Boucher, qu’il ne sait pas déjà, au cours des trois prochaines semaines ?

N’a-t-il pas eu le temps, au cours des deux dernières années, d’apprendre à bien le connaître ? Ne sait-il pas quelles sont ses forces et ses faiblesses ?

Avec l’honnêteté qui le caractérise, le directeur général des Sénateurs a eu deux réactions fort révélatrices, durant sa conférence de presse de fin de saison, jeudi matin.

Il y a d’abord eu cette déclaration qui risque de coller. « Si on me répète une seule fois que le repos est une arme, je vais perdre la boule. »

Cette phrase était pratiquement la devise de vie de Boucher, à pareille date l’an dernier.

Puis, vers la fin de son point de presse, Dorion a fait la moue en haussant les yeux lorsque le collègue Marc Brassard lui a parlé du calendrier capricieux de la dernière saison.

« C’est une excuse. Je ne veux pas entendre d’excuses », a-t-il craché.

C’est une excuse que Boucher a utilisé sur une base quasi-quotidienne, pendant plus d’un mois, plus expliquer la glissade de son équipe après le voyage en Suède.

Dorion a bien pris soin de souligner, à deux reprises au moins, qu’il a beaucoup d’estime pour son collaborateur. « Guy demeure, à mes yeux, un excellent entraîneur. »

C’est de bonne guerre. Il ne servirait à rien de s’acharner sur un homme qui est sur le point de perdre son emploi.

La conférence de Dorion nous aura quand même permis de constater que l’usure du temps a commencé à faire son œuvre. Toutes les relations entre un entraîneur et son DG prennent généralement fin dans un congédiement.

Boucher a gardé la tête bien haute, à la fin de la saison. Il entend continuer de faire son boulot, jusqu’au moment où on lui dira que ses services ne sont plus requis.

Avec tout ce qui s’est passé dans les dernières heures, il doit quand même sentir sa chaise glisser, tranquillement, vers la porte de sortie.

Tout en étudiant le dossier de Boucher, Pierre Dorion évaluera le travail de tous ses adjoints. Si le chef doit partir, certains membres de son équipe pourraient le suivre.

Dorion doit également préparer le prochain repêchage, dans lequel il s’attend à sélectionner un joueur qui pourrait l’aider dès l’an prochain.

Il disposera ensuite de quelques semaines pour tenter d’offrir à Mark Stone le contrat de très longue durée qu’il mérite. Si les négociations aboutissent rapidement, il pourra se consacrer toute son énergie aux deux autres « gros morceaux », Matt Duchene et Erik Karlsson.

Il y a bien deux ou trois dossiers qui meubleront son emploi du temps dans les prochains mois.

• Rien contre Craig Anderson. Les statistiques révèlent qu’il a été le meilleur gardien de l’histoire des Sénateurs. Tous les athlètes de pointe finissent par frapper un mur quand ils sont âgés dans la trentaine. A-t-il frappé le sien ? Si oui, Dorion ferait bien de se doter d’une bonne police d’assurance. L’équipe ne s’améliorera pas, en 2018-19, si ses gardiens ne parviennent pas à faire mieux.

• Vers la fin de la saison, Boucher disait qu’il pouvait difficilement faire des projections quant à la brigade défensive d’Ottawa. Impossible de savoir, pour l’instant, qui en fera partie. Pour l’heure, Erik Karlsson, Cody Ceci et Thomas Chabot sont capables de faire partie du top-4. Ça laisse un poste, assez important, à combler.

• Dorion a indiqué, hier, qu’il n’est pas pressé d’embaucher des gens qui peuvent l’aider à la Direction des opérations hockey. « Il faudrait d’abord qu’on trouve la bonne personne », a-t-il dit. On peut lancer une suggestion ? Il paraît que Rob Murphy est disponible...