Le rôle de gérant intéresse toujours autant Sébastien Boucher. Mais qui sait quand Hal Lanier prendra sa retraite?

Du caractère et de l'énergie

Oubliez la météo pourrie et l'enclos des releveurs qu'il a fallu reconstruire, pièce par pièce, durant l'été. Les problèmes qui ont miné la saison 2017 des Champions d'Ottawa sont un peu plus profonds que ça.
Sébastien Boucher m'a rapidement résumé la situation, au bout du fil, mardi après-midi.
Il m'a parlé de problèmes de « chimie d'équipe ». Il m'a fait le portrait d'une équipe qui manquait de vigueur et d'énergie. Une équipe facile à démoraliser.
« Je n'avais jamais vécu quelque chose du genre. Dès que nos adversaires marquaient un point, toute notre équipe tombait. Notre énergie tombait. Plus personne ne parlait dans l'abri des joueurs. C'était vraiment bizarre. »
Sur papier, m'assure Boucher, les Champions continuent de former une bonne équipe.
« Sur papier, nous sommes meilleurs que nous étions l'an dernier. Pourtant, l'an dernier, nous avons gagné le championnat. Cette année, nous n'avons même pas été capables de participer aux séries. »
« Faudra vraiment s'asseoir dans les prochaines semaines et évaluer, de façon individuelle, chaque joueur. Faudra se demander ce que chacun apporte à l'esprit d'équipe. »
Boucher devra lui aussi s'asseoir avec le propriétaire des Champions (et commissaire de la Ligue Can-Am), Miles Wolff.
Ça devient une habitude. Boucher, un homme essentiel aux succès de cette jeune organisation, doit lui aussi redéfinir son mandat à la fin de chaque saison.
La situation de Boucher demeure assez unique.
En 2014, lorsque Wolff a obtenu le difficile mandat de relancer le baseball professionnel à Ottawa, il a eu la bonne idée de s'adjoindre un « p'tit gars » de la place.
Boucher avait alors 32 ans. Il était heureux. Il complétait sa sixième saison à Québec, chez les Capitales, une des meilleures organisations du baseball indépendant.
L'offre de Wolff était quand même intéressante. Il proposait au vétéran de venir compléter sa carrière d'athlète dans sa ville natale. Surtout, il ouvrait une porte vers l'avenir.
Un homme de 72 ans, Hal Lanier, venait d'accepter le poste de gérant. Il serait son dauphin et pourrait facilement lui succéder à sa retraite.
Qui pouvait se douter que, trois ans plus tard, la situation n'aurait presque pas évolué ?
Lanier a fêté ses 75 ans cet été. Mon petit doigt me dit qu'il dirigera de nouveau les Champions l'an prochain. Il ne s'engage à rien, pour l'instant. J'ai cependant passé assez de temps au parc RCGT pour voir à quel point le métier le passionne toujours autant.
Il fallait le voir sourire après le match sans point ni coup sûr de Phillippe Aumont face à l'équipe nationale de la République dominicaine. Il avait l'air plus content qu'Aumont lui-même !
La passion s'est aussi exprimée lors des trop longues et trop fréquentes séries perdantes. Des chaises ont une fois de plus fait les frais de sa colère.
S'il manquait parfois de caractère, de vigueur et d'énergie dans le vestiaire, ce n'était certainement pas le cas dans les bureaux des entraîneurs.
Mais bon. Boucher me disait mardi qu'il est prêt à relever un nouveau défi. Le rôle de gérant l'intéresse toujours autant.
Si jamais Lanier décide de revenir ? « Je prolongerai ma carrière d'une saison. Je suis prêt à faire ce qu'il faut pour aider l'équipe », dit-il.
Il a encore une fois conservé la meilleure moyenne au bâton chez les Champions, cette saison. Il a terminé au deuxième rang au chapitre des points produits et en deuxième position au chapitre des circuits.
Il est encore capable de gagner sa vie sur un terrain de balle.
Il sait que ce ne sera pas éternel. Il n'a d'ailleurs pas fait de chichi quand est venu de céder son poste de voltigeur de centre à Tyson Gillies, cet été. Devenir frappeur de choix à temps complet lui a permis de reposer ses articulations. « Parce que ce n'est pas facile de jouer dans le champ chaque jour. »
Et la santé, Sébastien ? Comment ça va ?
« Cet été, un de mes genoux m'a posé des problèmes. J'ai été blessé à une épaule. J'ai aussi eu des problèmes avec un de mes poignets. »
« Là, je suis en bon état. Après un hiver à me reposer, tout devrait bien aller. »
Durant l'hiver, si on le cherche, Boucher travaillera une fois de plus avec les jeunes élèves du programme sport-études de l'école secondaire Nicolas-Gatineau. Il travaillera avec la relève en attendant de s'occuper des pros.