Quelques bonnes idées sont en train de germer dans le but de stopper la spirale de négativisme chez les Sénateurs d'Ottawa.

Digne des ligues mineures...

CHRONIQUE / Ça ne ressemblait pas vraiment à un match de la Ligue nationale.

Je ne me souvenais pas d’avoir vu une aussi petite foule à Kanata. Quelques milliers de fans éparpillés aux quatre coins du Centre Canadian Tire. Digne de la Ligue américaine.

Le club visiteur, aussi, nous faisait penser aux ligues mineures.

On me jure que les Blackhawks ont réussi à respecter le quota de vétérans imposé par la LNH pour les matches hors-concours. Je suis un peu sceptique. Dans la formation dirigée par Joel Quenneville, je reconnaissais à peine deux joueurs.

Pour les dirigeants des Sénateurs, qui ont des décisions importantes à prendre, c’était probablement une bonne chose.

Un jeune joueur qui est capable d’imposer son rythme face à un club des ligues mineures est forcément prêt à tenir son bout dans la grande ligue.

Du moins, c’est ainsi que je verrais les choses, si j’étais à leur place.

Pierre Dorion et son groupe ont sans doute pris de bonnes notes, vendredi.

Il ne faudra pas trop s’attarder au score final. Les Sénateurs ont frappé un mur très tôt. Le jeune gardien partant des Hawks s’appelait Collin Delia. Il a grandi en Californie, dans un bled nommé Rancho Cucamonga. Il a réussi quatre ou cinq gros arrêts, très tôt, qui ont changé l’allure de la soirée.

Si Drake Batherson avait une longueur d’avance pour le dernier poste d’ailier disponible dans le deuxième trio, Alex Formenton a certainement fait son possible pour rétrécir l’écart. Il a su profiter de l’opportunité qui lui était offerte d’évoluer avec Matt Duchene. Une complicité s’est vite installée entre les deux.

Au centre, Filip Chlapik a réussi à espacer quelques bonnes présences sur la patinoire. On ne peut malheureusement pas en dire autant de son principal rival, Logan Brown.

Guy Boucher parlait justement de lui, en début de journée.

« C’est la vitesse des pieds. Sa tête pense assez vite, ça, c’est certain. Reste maintenant à savoir s’il est capable de suivre le rythme d’un match de la LNH, dans les deux sens de la patinoire. »

Face à un club d’inconnus, l’ancien premier choix a connu un match en deux temps. Il a connu ses meilleurs moment en fin de soirée, quand le match était perdu.

Son défi sera de jouer un match plus complet, dans quelques heures, au Centre Bell.

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Une foule digne de la Ligue américaine, disais-je.

Vous dire l’ampleur de la tâche qui attend les employés des ventes, du marketing et des relations publiques des Sénateurs...

Il ne sera pas facile de réparer tout ce qui a été brisé au cours des 12 derniers mois.

Quelques bonnes idées sont en train de germer, toutefois, dans le but de stopper la spirale de négativisme.

Lors d’une longue discussion, il y a une dizaine de jours, le chef de l’exploitation Nicolas Ruszkowski m’avait annoncé qu’il songeait à bâtir des liens avec les influenceurs des réseaux sociaux.

J’avais trouvé que c’était une super initiative.

Ce jour-là, il m’avait dit que « Twitter est surreprésenté en terme d’intensité négative de sentiments par rapport à la réalité ».

Il avait cependant qu’il reconnu qu’il y avait un danger à laisser courir les commentaires négatifs trop longtemps.

C’est pourquoi je trouvais l’idée de laisser plus de place aux influenceurs intéressante.

Il est facile de critiquer, de dénoncer, d’identifier des coupables quand on se trouve sur les lignes de côté. C’est moins évident quand on est confrontés aux gens qui font la nouvelle...

Toujours est-il qu’un petit groupe de blogueurs a passé la soirée de mercredi au CCT. En plus de suivre le match opposant les Sénateurs aux Maple Leafs de Toronto dans une loge, ils ont pu s’entretenir pendant un bon moment avec le directeur général Pierre Dorion.

Quelques heures plus tard, l’intelligent blogueur Graeme Nichols, du site The 6th Sens, commençait un billet en s’excusant auprès de ses lecteurs. « Nous n’avons pas su poser les questions que vous attendez. »

Un autre blogueur, qui se fait appeler @SensChirp, complétait au même moment un texte dans lequel il parlait d’une découverte.

« Durant cette soirée, j’ai découvert que Pierre Dorion est un être humain. On a le droit de critiquer ses décisions de hockey, mais il ne faut pas oublier le côté humain des choses... »