Sylvain St-Laurent
Il est trop tôt pour savoir si les séries du printemps 2020 pourront être sauvées. «Tous les scénarios sont à l’étude», affirme Gary Bettman.
Il est trop tôt pour savoir si les séries du printemps 2020 pourront être sauvées. «Tous les scénarios sont à l’étude», affirme Gary Bettman.

Des séries pour 24 équipes ?

RUBRIQUE LNH / On sait bien peu de choses, au fond. À tous ceux qui demandent, Gary Bettman répond que «tous les scénarios sont à l’étude à l’heure actuelle».

Devant ceux qui insistent, le commissaire de la Ligue nationale parle de son «groupe de travail interne». Des gens qui travaillent dans le monde du hockey depuis plusieurs années sont appelés à se réunir, deux fois par jour, depuis bientôt une semaine. Leur mandat consiste à étudier toutes les options, en prévision d’un éventuel retour à la compétition.

Tout le reste, à l’heure actuelle, c’est de la spéculation.

Les dernières directives émises par le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ne sont pas encourageantes. L’organisme américain recommande l’annulation de tous les rassemblements publics sur le territoire américain pour les huit prochaines semaines. Ça vient essentiellement sonner le glas de la saison régulière.

Si jamais l’action peut reprendre, au début du mois de mai, il y a fort à parier que la LNH passera directement aux séries éliminatoires.

La priorité, à l’heure actuelle, c’est la coupe Stanley.

Dans les 100 dernières années, le trophée le plus prestigieux du hockey a été décerné à 98 occasions.

En 1919, la série finale opposant le Canadien de Montréal aux Metropolitans de Seattle a été interrompue après la cinquième partie. En raison de la pandémie mondiale de grippe espagnole, les deux équipes n’avaient plus assez de joueurs, en santé, pour continuer.

En 2005, on s’en souvient encore très bien, la coupe n’a pas été décernée quand un conflit de travail a forcé l’annulation d’une saison au grand complet.

Il est un peu trop tôt pour savoir si les séries du printemps 2020 pourront être sauvées.

Le scénario le plus plausible, selon les informations qui circulent, serait de procéder selon un modèle quasi-normal. On pourrait lancer un tableau impliquant 16 équipes. Huit formations représenteraient l’Association Est et huit autres représenteraient l’Association Ouest.

Si on détermine un classement final avec le pourcentage de victoires au moment de l’interruption des activités, il risque d’y avoir des mécontents. La course était serrée, d’un côté comme de l’autre.

Dans l’Association Est, par exemple, les Blue Jackets de Columbus détenaient le deuxième poste d’équipe repêchée. Ils avaient amassé 81 points en 70 parties.

Ils pourraient cependant se faire piquer leur place par les Islanders de New York. Ces derniers avaient obtenu un point de moins que les Jackets, mais ils avaient joué seulement 68 parties.

Une situation similaire pourrait survenir dans l’Ouest. Les Jets de Winnipeg en feraient les frais.

Les matches de séries éliminatoires offrent, chaque année, des opportunités d’empocher des revenus supplémentaires. Les propriétaires des équipes qui rateraient leur participation de peu pourraient l’avoir de travers dans la gorge...

C’est sans doute pourquoi une autre idée a commencé à faire surface, au cours des dernières heures.

C’est embryonnaire. Tous les scénarios sont sur la table, dit-on.

On étudie même la possibilité d’élargir le tableau. Vingt-quatre équipes pourraient alors se qualifier. Les équipes exclues seraient alors celles qui n’étaient déjà plus dans la course.

Les surprises pourraient être au rendez-vous aussi, parce qu’on pourrait adopter un format trois-de-cinq plutôt que le quatre-de-sept traditionnel.

+

EN ATTENDANT LE «PATIENT ZÉRO»

Aucun joueur de la Ligue nationale de hockey n’a encore subi un contrôle positif à la COVID-19.

Un employé des Canucks de Vancouver a été infecté, récemment, mais la direction du club a fait savoir qu’il n’est pas en contact avec les athlètes.

En Caroline, le commentateur sportif John Forslund se retrouve en isolement, depuis quelques jours. Il n’a pas subi de test et ne présente pas de symptômes. On lui recommande la prudence parce qu’il a séjourné dans un hôtel « à risque » de la région de Détroit, la semaine dernière.
M. Forslund a dormi dans une chambre qui pose problème. Quelques jours avant lui, cette chambre a été occupée par un certain Rudy Gobert.

Gobert est devenu célèbre, la semaine dernière, en devenant le premier joueur de la NBA à contracter le coronavirus.

« C’est une étrange coïncidence. Je me suis tout simplement retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment », a-t-il indiqué à L’Athlétique.

Les employés des Hurricanes ont pris certaines mesures pour éviter que M. Forslund entre en contact avec leurs joueurs dans les derniers jours.