Les deux buts de Ryan O'Reilly lundi ont permis aux Blues d'égaliser la série contre les Bruins.

De bons potins canadiens

CHRONIQUE — EN SÉRIES / Ces histoires se terminent rarement bien. Trop souvent, quand un directeur général paie un prix de fou pour acquérir une vedette grassement payée, il finit par le regretter.

Ryan O’Reilly a marqué deux gros buts, lundi. Ces buts ont permis aux Blues de niveler les chances à nouveau dans la finale de la coupe Stanley.

Tout cela nous rappelle que le centre de 28 ans nageait dans l’incertitude, à pareille date, l’an dernier.

Il en avait plein son casque de perdre à Buffalo. Il venait de compléter sa troisième saison avec les Sabres sans disputer un seul match en séries. Il en avait plein le dos. Il s’était fait un plaisir de le dire aux médias.

Si on tape les mots «O’Reilly», «trade» et «rumors» dans Google, on peut facilement tomber sur un savoureux extrait de radio enregistré à Vancouver, le 13 juin dernier. Le journaliste du Buffalo News Mike Harrington ne croyait pas un mot de toutes ces histoires qui faisaient état d’une transaction imminente.

«Ce sont des potins qui proviennent du Canada et qui sont alimentés par les médias canadiens», avait-il déclaré.

«Les dirigeants des Sabres savent qu’on construit une équipe gagnante avec de bons joueurs au centre. À moins de recevoir une offre mirobolante, ils seraient complètement fous de laisser partir O’Reilly.»

Le directeur général des Sabres Jim Botterill a reçu, assez rapidement, une offre qu’on pourrait qualifier de «mirobolante».

Son homologue de Saint-Louis, Doug Armstrong, lui a offert trois joueurs potables et deux choix élevés de repêchage. Il a surtout conclu la transaction le 1er juillet, au moment où O’Reilly devait empocher ses bonis de signature.

On dit que cette transaction a coûté, d’un coup, 7,5 millions $US aux Blues.

Potiner, au Canada, ça peut coûter très cher!

Il faut croire que le jeu en a valu la chandelle, parce que le petit nouveau a connu une bonne saison sur toute la ligne. Il a remporté plus de mises en jeu que quiconque, dans la LNH. Il a été l’attaquant de son équipe le plus utilisé en désavantage numérique, ce qui lui permet de se retrouver parmi les trois finalistes pour l’obtention du trophée Selke. Il a connu la saison régulière la plus productive de toute sa carrière. Il n’a certainement pas ralenti quand les séries ont débuté.

«Je suis assis tout près de lui, dans le vestiaire. Au début, je ne lui parlais pas beaucoup», a reconnu Vladimir Tarasenko, durant la conférence de presse d’après-match, lundi soir.

«Je ne suis pas certain de bien connaître tous les mots que je voudrais utiliser pour le décrire, mais je peux vous dire qu’il travaille très fort à l’entraînement. Sa façon de se comporter fait en sorte que toute notre équipe s’améliore en l’observant. Sa façon de répondre, son attitude dans le vestiaire, de façon générale... Il est incroyable. Il nous aide beaucoup», a complété l’attaquant russe.

Sanford, le grand gagnant

Doug Armstrong a eu deux fois la main heureuse l’été dernier. En plus de payer le gros prix pour faire l’acquisition de M. O’Reilly, il a eu le génie de rapatrier - pour la deuxième fois - David Perron.

Le Québécois n’a pas eu le même impact. Il a néanmoins réussi à marquer plus de 20 buts, dans une saison écourtée par les blessures.

Peut-être que Zach Sanford voudra envoyer une bonne bouteille de vin à son patron, quand tout sera terminé.

Sanford, un ancien choix de deuxième ronde, tarde à s’imposer dans la LNH. Il a joué 60 matches cette saison, ce qui constitue pour lui un sommet. Il a souvent été laissé de côté en séries.

Lundi, Sanford jouait à l’aile gauche. Il complétait le trio de Perron et O’Reilly. Il a trouvé une façon de se faire remarquer. Dans la première minute du match, il préparé le but qui a permis aux Blues de prendre les devants.

Il a continué de livrer la marchandise, dans une soirée où il a complété cinq mises en échec en passant tout juste 10 minutes sur la glace.

«Il n’hésite pas à foncer au filet», a expliqué Perron à un reporter du St. Louis Post-Dispatch.

«Parce qu’il fait bien son travail, on peut davantage travailler en fond de territoire adverse, Ryan et moi», a-t-il ajouté.

Un vrai expert

Les néophytes canadiens du basket-ball découvrent sans doute à quel point Charles Barkley brille, dans son rôle d’analyste à la télévision.

En réalité, le génie de Barkley ne se manifeste pas uniquement quand il parle de son sport favori.

Parfois, il se met à parler de hockey. Et ses analyses sont à la fois colorées et justes.

Dans une récente entrevue accordée au réseau Sportsnet, Barkley s’est mis à parler du style de jeu de Brad Marchand.

«Ce petit bout d’homme... Quand je le regarde, j’ai parfois envie de lui mettre mon poing au visage. Il est, en quelque sorte, le Draymond Green de la LNH. Il tombe sur les nerfs d’un peu tout le monde.»

Durant la finale de la NBA, en 2016, Green a été suspendu pour avoir frappé LeBron James dans la région... de l’aine.