Max Pacioretty a été échangé aux Golden Knights de Las Vegas en retour de Tomas Tatar, l’espoir Nick Suzuki et un choix de deuxième tour au repêchage de 2019.

Dans les circonstances...

CHRONIQUE / Je me suis branché sur RDS très tôt, lundi matin. Le soleil n’était pas levé. J’étais disposé à écouter, avec patience, ce que chaque spécialiste avait à dire au sujet de la transaction.

Je suis tombé, dès le départ, sur l’intervention de Mathieu Darche. Et il a pas mal dit l’essentiel.

Marc Bergevin a bien travaillé dans la mesure où il ne travaillait pas dans un contexte favorable.

Pacioretty devait partir maintenant. Plus le temps passait, plus il devenait une distraction pour l’organisation.

On pourra s’obstiner pendant des mois sur l’origine réelle de ce divorce. Bergevin et son patron Geoff Molson pourront continuer de jurer que leur capitaine a exigé à plusieurs reprises d’être échangé au cours de la dernière année. L’agent de Pacioretty, l’increvable Allan Walsh, pourra les accuser de mentir chaque fois.

On ne saura peut-être jamais le fond de l’histoire.

On constate quand même, aujourd’hui, que la relation entre ces hommes avait depuis longtemps franchi le point de non-retour. Si les partisans du Canadien à travers le Canada s’en doutaient, les directeurs généraux des 30 autres formations de la LNH savaient.

C’est là que Bergevin a brillé. Il a réussi à identifier, dans le groupe, l’acheteur le plus motivé.

À Las Vegas, le vieux routier George McPhee a visiblement oublié – c’est peut-être de l’aveuglément volontaire – quelque chose de capital. Le succès connu en 2018 ne va pas nécessairement se répéter en 2019. Dans la LNH, même les équipes les mieux nanties connaissent des hauts et des bas.

À la date limite des transactions, l’hiver dernier, McPhee a cédé des choix de première, deuxième et troisième rondes aux Red Wings de Détroit pour faire l’acquisition de Tatar.

Il sacrifie maintenant un deuxième choix et le deuxième plus bel espoir de son organisation pour mettre la main sur Pacioretty.

Prédiction personnelle : les partisans montréalais feront vite leur deuil du numéro 67 quand Nick Suzuki atteindra son plein potentiel.

Il n’est pas trop tôt, en attendant, pour le féliciter d’avoir bien travaillé.

Pas besoin de chercher bien loin pour trouver une transaction comparable.

Il y a trois mois, à peine, Pierre Dorion se trouvait dans une situation fort similaire. Il devait lui aussi se défaire rapidement d’un marqueur naturel gaucher qui évolue à l’aile.

Mike Hoffman n’a peut-être jamais atteint le plateau des 30 buts, mais il est un peu plus jeune. Et il coûte moins cher.

Tout ça pour dire que Dorion a réussi lui aussi à obtenir un attaquant d’expérience, un jeune espoir et un choix de repêchage dans cette transaction.

Les deux vétérans, Tatar et Mikkel Boedker, ont accumulé des statistiques équivalentes au fil des ans.

Pour le reste, cependant...

Bergevin a mis la main sur un dynamique attaquant qui vient d’accumuler 100 points dans le hockey junior majeur ontarien, à 18 ans. Dorion, lui, s’est contenté de Julius Bergman, un défenseur de 22 ans qui a joué trois saisons complètes dans la Ligue américaine sans obtenir un seul rappel.

Bergevin a également ajouté un choix de deuxième ronde à sa banque.

Dorion, lui, a obtenu des Sharks de San Jose un maigre choix de sixième tour.

Un choix de sixième tour... au repêchage de 2020.

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Joël Bouchard est sorti de ses gonds. En deux matches, lors de la Confrontation des recrues du week-end dernier, le Canadien a perdu deux joueurs. Chaque fois, ses joueurs ont été victimes de mises en échec sévères.

Bouchard en veut surtout aux autres, les joueurs qui n’ont pas cherché à venger leurs coéquipiers blessés.

« On n’a rien fait les deux fois ! Je leur ai donné une chance la première fois, ils sont jeunes. Mais là, ils vont apprendre. Que les gars qui étaient sur la glace n’aillent pas voir les gars de l’autre équipe, c’est inacceptable, il va falloir que ça change », a-t-il tonné.

Samedi, dans le match opposant les Sénateurs aux Maple Leafs de Toronto, les joueurs de Troy Mann n’ont pas davantage réagi quand Alex Formenton a été frappé à la tête par un adversaire.

Ça donne à réfléchir...

Tout ça n’est peut-être pas tant un problème d’organisation, mais bien la façon d’agir de la nouvelle génération.