Bobby Lashley

Dans le ring avec Trump

CHRONIQUE / Donald Trump n’est pas responsable de tous les problèmes sociaux qui rongent les États-Unis. Trump n’est pas à l’origine de tous les conflits, de toutes les divisions. Trump n’est pas nécessairement, toujours, celui qu’on pense.

Ce n’est pas moi qui le dis. 

Moi, je suis comme plusieurs d’entre vous. Je ne suis pas un fan de son attitude mal polie et belliqueuse.

Je veux quand même partager le point de vue d’un athlète que j’ai rencontré cette semaine, un lutteur professionnel nommé Bobby Lashley.

Il a passé quelques jours en ville pour faire la promotion d’une série de galas de la tournée Impact Wrestling qui seront présentés au parc Lansdowne, du 5 au 10 novembre.

Vous vous souvenez de cette vidéo partagée par Trump, début juillet, dans les réseaux sociaux ? On pouvait le voir aux abords d’un ring de lutte, se ruer sur un autre homme portant une cravate. Le visage de l’homme avait été recouvert du logo du réseau de télévision CNN.

Il faut savoir qu’à l’origine, cette vidéo a été tournée en avril 2007, lors de l’événement Wrestlemania 23. Dans un combat loufoque dont seule la WWE a le secret, Trump et le gourou du sport-spectacle Vince McMahon avaient recruté des lutteurs pour se battre à leur place. Celui qui voyait son poulain perdre devait subir l’humiliation de se faire raser le crâne en public.

Tout ça pour dire que, ce jour-là, Bobby Lashley était le combattant de Trump.

« Moi, j’ai bien aimé travailler avec lui. Tout le monde nous dit que Donald Trump est un homme rude qui fait sa loi et qui s’impose partout où il passe. Je peux vous assurer que ce n’était pas le cas quand nous avons travaillé ensemble. Il était là pour nous aider. La seule chose qui l’intéressait, c’était de nous aider à livrer un bon spectacle », raconte-t-il.

« Il nous a ouvert plusieurs portes que les gens de la WWE n’auraient jamais été capables d’ouvrir s’il n’avait pas été là. Pour ça, je lui serai toujours très reconnaissant. »

« Dix années ont passé et on continue de me parler de tout ça. Je demeure toujours très prudent dans mes commentaires. Certaines personnes ont l’air de croire que je n’ai pas le droit d’apprécier ce président parce que je suis noir... »


En fait, Bobby Lashley est beaucoup de choses à la fois. Il est d’abord un fils d’immigrant. « Ma famille a quitté le Panama. Mon père m’a souvent raconté des histoires sur la pauvreté qui sévissait là-bas. Il voulait que j’apprécie tout ce qui m’était offert. »

Aux États-Unis, le jeune Bobby a eu accès à une éducation de qualité. Durant ses années passées sur les bancs du Missouri Valley College, il a remporté trois championnats nationaux de lutte olympique.

Il a continué de pratiquer ce sport durant son service militaire. À ce jour, il demeure convaincu qu’il aurait pu se qualifier pour les Jeux olympiques d’Athènes, en 2004. Une blessure à un genou, subie lors d’un braquage de banque dont il a été témoin, a gâché ce rêve.

« Je refuse de m’apitoyer sur mon sort en raison d’opportunités ratées. Les gens qui font ça s’empêchent souvent d’avancer dans la vie. Quand la porte des Jeux olympiques s’est refermée devant moi, celle de la WWE s’est ouverte. Pour moi, ça s’équivaut. »

Lashley s’exprime exactement de la même façon quand vient le temps de commenter la crise sociale qui sévit chez lui.

« Le gros problème, c’est qu’on passe notre temps à nous chicaner en blâmant Trump pour tout ce qui va mal », dit-il.

« Nous n’avons pas toujours besoin d’un président pour régler nos problèmes. Nous avons le pouvoir de régler presque tous nos problèmes. Si les émissions de gaz à effets de serre nous inquiètent, nous n’avons qu’à acheter plus de voitures électriques. Si l’école de notre quartier est sous-financée, nous n’avons qu’à ramasser de l’argent localement pour lui venir en aide. Rien de cela n’est possible si nous passons notre temps à nous chicaner. »

À 41 ans, Lashley mène aussi une carrière de combattant dans le domaine des arts martiaux mixtes. Il présente une fiche cumulative de 15-2.

C’est donc, en somme, un combattant de 250 livres qui demande aux gens de cesser de se battre.

« Les gens qui veulent se bagarrer devraient le faire dans un ring ou dans une cage. Ils devraient cesser de se cacher derrière leurs claviers. »