Vincent Damphousse est un ancien champion de la coupe Stanley. Il est aussi un spectateur attentif de la Coupe Dodge.

Damphousse dans les gradins

CHRONIQUE / En tant que père de hockeyeurs, Vincent Damphousse jouit d’une certaine crédibilité. Surtout quand il parle à ses garçons des opportunités qu’il faut saisir sur la patinoire.

On en fait grand cas, ce printemps. Les Maple Leafs de Toronto et les Jets de Winnipeg tentent de mettre un terme à une gênante disette. Un quart de siècle s’est écoulé depuis la dernière conquête de la coupe Stanley par une formation canadienne.

En 1993, Damphousse faisait partie de cette équipe.

On se souvient surtout des prouesses de Patrick Roy et de ses 10 victoires consécutives en prolongation.

Il serait facile d’oublier la contribution des héros de l’ombre. Âgé de 25 ans, Damphousse était le centre numéro un de l’équipe. Il a été le meilleur marqueur, tant en saison régulière qu’en séries éliminatoires.

« Le temps passe vite », me dit l’homme qui vient de franchir la cinquantaine et qui fait désormais carrière dans les médias.

« Ça fait longtemps, mais dans ma tête, on dirait que ça ne fait pas 25 ans. On développe des liens très forts avec des joueurs, dans la victoire. Encore aujourd’hui, j’ai la chance de travailler avec Benoît Brunet, à RDS. Jean-Jacques Daigneault et Kirk Muller sont derrière le banc du Canadien. Je les croise quand je vais au Centre Bell. Il y a Carbo, aussi, que je vois souvent. Je me souviens très bien de chaque joueur qui a fait partie de cette équipe. Ce n’est pas le cas de toutes mes équipes. J’ai quand même joué dans la LNH pendant 18 ans. Certaines saisons se chevauchent, dans ma tête. Pour ce qui est du Canadien, en 1993, tout est clair et limpide. »

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Damphousse était sur l’autoroute, en direction de Gatineau, quand il a répondu à mon appel. Il passera la fin de semaine dans le coin. Denver et Bo, ses deux fils les plus âgés, participent au tournoi de la Coupe Dodge.

Les deux ont emprunté des parcours différents pour accéder aux championnats provinciaux.

Denver, qui joue au centre comme son père, est le capitaine d’une équipe pee-wee AAA qui n’a pas connu une saison facile. Malgré sa fiche perdante, elle a réussi à vaincre l’autre formation du Lac-St-Louis, quand c’était le temps, pour obtenir son ticket pour obtenir le droit de se frotter à l’élite québécoise.

Bo, un défenseur droitier, joue pour une des puissances de la catégorie atome AA. Les Panthères de Lakeshore ont subi un seul revers et alloué 30 petits buts en 44 parties.

Le Canadien de 1993 était, en quelque sorte, à mi-chemin entre les deux.

Sa récolte de 102 points lui avait permis de terminer la saison régulière au troisième rang du classement de la division Adams.

Les Penguins de Pittsburgh partaient largement favoris. Ils devaient remporter une troisième coupe d’affilée. Toutefois, à l’image de tous les autres champions de division, ils n’ont pas été capables de franchir la deuxième ronde.

Arrivés dans le carré d’as, avec trois autres formations de milieu de classement, Damphousse et ses coéquipiers ont vu l’opportunité se présenter. Ils l’ont saisie.

Vingt-cinq ans plus tard, le retraité du sport refuse de mettre de la pression à ses rejetons. « C’est correct de vouloir gagner, mais moi, je serai content tant qu’ils s’amusent. »

Damphousse passera beaucoup de temps dans son véhicule, ce week-end. Un de ses garçons jouera ses matches à Aylmer. L’autre évoluera dans l’est de Gatineau.

Quand il sera dans les arénas, il va s’amuser. Il s’est impliqué comme entraîneur pendant quelques années. Il a pris un peu de recul, pour permettre à ses garçons de connaître autre chose.

« Je reviendrai bien au coaching un jour ou l’autre. Le plus jeune aura besoin de nous à son tour. »

Le plus jeune, c’est Xavier. Il est âgé de trois ans et demi et il patine depuis environ six mois.

« Pour moi, le rôle des parents, c’est d’encourager les enfants. J’essaie de leur passer des valeurs. Je veux qu’ils soient respectueux, qu’ils soient à l’heure et qu’ils soient respectueux. Le respect n’est pas exclusif aux entraîneurs. Je veux aussi qu’ils respectent les arbitres et les joueurs des autres équipes. »

« Les valeurs que les gars vont acquérir dans le sport vont leur servir ailleurs, aussi. Moi, ce que j’ai appris dans le sport, je m’en sers encore tous les jours. »