Est-ce que les joueurs de la LNH suivront l'exemple de leurs collègues de la NFL ? Quelques joueurs de baseball des ligues majeures ont aussi commencé à s'agenouiller durant le Star Spangled Banner.

Climat de tension en début de saison

CHRONIQUE / Marc-Édouard Vlasic n'a pas pu s'en empêcher.
Vers la fin de la semaine dernière, le comité international olympique a dévoilé en primeur des images des médailles qui seront décernées aux athlètes lors des Jeux de PyeongChang.
« Elles sont magnifiques », a simplement commenté le défenseur québécois des Sharks de San Jose en relayant une courte vidéo à ses milliers d'abonnés sur Twitter.
Ce n'était pas un geste innocent.
Ce micromessage nous ouvre une petite fenêtre sur le climat de frustration qui règne, alors que débute une nouvelle saison dans la Ligue nationale de hockey.
Le circuit de Gary Bettman continuera dans les prochains mois de célébrer son 100e anniversaire. Elle le fera en retenant ses vedettes sur le continent nord-américain. Pour la première fois en 20 ans, il n'y aura pas de pause au beau milieu du calendrier pour permettre aux meilleurs de participer à la grande célébration mondiale du sport.
Si Vlasic fait partie des joueurs qui rouspètent le plus fort, il est loin d'être le seul à mal digérer cette décision.
Je dirais même que le mécontentement semble généralisé.
Avant d'être des PME sur patins, les meilleurs hockeyeurs au monde sont d'abord et surtout de grands compétiteurs. En les privant de cette (trop rare) opportunité de briller sous les projecteurs, le commissaire ne fera rien pour améliorer les relations (déjà tendues) avec ces partenaires si importants.
Il sera par ailleurs intéressant de voir comment les hockeyeurs réagiront, prochainement, au climat social tendu qui règne aux États-Unis.
On estime que près de 200 joueurs de la NFL ont choisi de s'agenouiller durant l'interprétation de l'hymne national américain. Ils semblent bel et bien décidés à confronter le président Donald Trump tout au long de la saison, si c'est nécessaire.
Le mouvement de protestation gagne tranquillement les autres sports majeurs. Quelques joueurs de baseball des ligues majeures ont aussi commencé à s'agenouiller durant le Star Spangled Banner.
Le paysage dans la LNH est légèrement différent. Même si 24 de ses 31 formations sont situées aux États-Unis, les Américains ne composent que 25 % des joueurs actifs.
Les Canadiens et les Européens, qui forment le groupe majoritaire, ne font souvent que passer huit ou neuf mois par année chez l'Oncle Sam.
Ce week-end, quand les champions de la NBA se demandaient s'ils visiteraient ou non la Maison-Blanche cet hiver, les champions de la LNH ont tenu à clarifier la situation. Sidney Crosby deviendra le premier capitaine à présenter la coupe Stanley au président Trump.
Il ne restera plus qu'à voir si tous ses coéquipiers le suivront, le jour venu.
En 2012, le gardien des Bruins de Boston Tim Thomas avait choisi de rater la visite présidentielle. Il avait reconnu, un peu plus tard, qu'il n'était pas un fan du président démocrate Barack Obama.
Les Penguins, en passant, forment toujours l'équipe à battre, dans la LNH. La semaine dernière, les preneurs aux livres de la firme Bodog leur ont conféré le titre de favoris pour l'obtention de la coupe Stanley. Suivent, dans l'ordre, les Oilers d'Edmonton, les Blackhawks de Chicago, les Stars de Dallas et les Ducks d'Anaheim.
Dans neuf mois, on célébrera le 25e anniversaire de la dernière conquête de la coupe Stanley par une formation canadienne. Connor McDavid sera-t-il celui qui rapportera le gros trophée au pays ?
Mes trois étoiles de la semaine
1. Brian Boyle
Dans ce nouveau rendez-vous hebdomadaire, nous allons souligner les bons coups et les exploits réalisés par différents acteurs de la LNH, sur la patinoire comme à l'extérieur. Cette semaine, alors qu'on donne le coup d'envoi à une nouvelle saison, il est impossible de passer à côté de Boyle. L'attaquant format géant a reçu un diagnostic de cancer au tout début du camp d'entraînement. Loin de se laisser abattre, le vétéran entend disputer une 11e saison. « Je suis très sérieux. On m'a dit que les traitements devraient me permettre de mener une existence presque normale. Dans le contexte, c'est une excellente nouvelle », a indiqué à l'Associated Press celui qui est passé chez les Devils du New Jersey durant la saison morte. Il y a une dizaine d'années, un autre hockeyeur est passé par là. Malgré un diagnostic similaire, l'ailier Jason Blake a été capable de jouer.
2. Larry Robinson
Celui qu'on surnommait « Big Bird » ne peut se tenir loin du hockey. On le croyait à la retraite. Un coup de fil des Blues de Saint-Louis est venu tout changer. Le directeur général Doug Armstrong lui a offert un poste de consultant aux opérations hockey. À 66 ans, Robinson s'est empressé d'accepter. « On ne se fatigue jamais de remporter la coupe Stanley. Je crois que je vais bien m'amuser ici », a-t-il confié St. Louis Post-Dispatch lors de la journée où Armstrong lui a fait faire le tour du propriétaire. Robinson, qui a remporté la coupe à six reprises lorsqu'il portait le numéro 19 chez le Canadien de Montréal. Le mandat sera cependant de taille, cette fois. Les Blues célèbrent en 2017 leur 50e anniversaire. Leur prochaine conquête de la coupe sera leur première. « Je veux juste continuer à m'impliquer. Toutes ces choses que j'ai pu apprendre doivent continuer à servir. »
3. Jesse Puljujarvi
De nos jours, au moment où elles posent leurs lames sur une patinoire de la LNH, les recrues doivent être prêtes à performer. Si elles ont le malheur d'éprouver des ennuis, le doute s'installe très rapidement. Puljujarvi l'a découvert à ses dépens. l'an dernier, le Finlandais de six pieds et quatre pouces a marqué un seul but en 28 parties. Les fans d'Edmonton se sont rapidement demandé si les Oilers avaient fait une gaffe en le sélectionnant au quatrième rang lors du repêchage de 2016. Après avoir passé les quatre premiers matches hors-concours des Oilers dans les gradins, le jeune homme n'a pas raté sa rentrée. Samedi, dans une victoire de 6-2 contre les Jets de Winnipeg, il a marqué deux buts et obtenu une mention d'aide. « Il a réussi à trouver les rondelles libres. Il s'est comporté comme un vrai marqueur », a dit son partenaire de trio, un certain Connor McDavid.