Le gardien de but des Sénateurs d’Ottawa, Anders Nilsson (# 31), a tenu à saluer le courage de son coéquipier Tyler Ennis, lorsque celui-ci a décidé de plonger devant un puissant tir d’Adam Fox en fin de match, lundi soir, contre les Rangers de New York.

Chaque petit geste compte

CHRONIQUE / C’est un tout petit détail de rien du tout. Un jeu de routine, dans un sens, survenu vers la fin d’un match qui ne passera pas à l’histoire.

Vous n’avez peut-être pas remarqué.

Ou, si vous avez remarqué, vous avez peut-être déjà tout oublié.

Il restait une cinquantaine de secondes à écouler au cadran, lundi soir, lors du choc entre les Sénateurs et les Rangers de New York, au Madison Square Garden.

Le jeune défenseur Adam Fox a hérité de la rondelle avec suffisamment de temps et d’espace pour décocher un bon tir. Et il en a profité.

C’était un lourd lancer. Le type de lancer que certains joueurs auraient évité.

Tyler Ennis s’est placé au beau milieu du corridor de tir. Il a choisi de le bloquer.

Rien ne l’obligeait à le faire. Surtout que les Sénateurs menaient par quatre buts. La victoire était dans la poche.

Dans mon salon, j’ai d’abord eu mal pour lui. J’ai ensuite salué son courage. Je me suis enfin demandé ce qui avait bien pu le motiver.

Pendant deux jours, je me suis dit qu’il avait sans doute agi sans y penser.

Je faisais erreur.

« Les bonnes habitudes de travail, c’est important, concède Ennis. Mais, en réalité, je n’aime pas trop mon différentiel, ces temps-ci. Je ne voulais pas qu’il continue de glisser dans la mauvaise direction. »

Ennis a donc agi, un tout petit peu, de façon égoïste.

« Les autres équipes ont marqué trop de buts quand j’étais sur la glace, récemment. Il faut que ça cesse. »

On pourra facilement pardonner à Ennis d’avoir d’abord pensé à ses intérêts personnels.

En tous cas, ses coéquipiers lui pardonnent.

« Ce genre de jeu me permet de gagner plein de confiance », affirme Anders Nilsson.

Le Suédois était devant le filet, pour cette victoire contre les Rangers.

« Je ne blague pas. Quand je vois un joueur qui se sacrifie, ainsi, ça me donne l’énergie nécessaire pour compléter le match en force. Je suis toujours très heureux de voir les gars qui sont prêts à se défoncer en bloquant des bombes, en fin de match, au risque de se blesser. C’est une belle preuve de caractère. Ça me donne le goût de me défoncer à mon tour pour empêcher la rondelle d’entrer. »

« En fin de compte, qu’on gagne 6-2 ou 6-3... Ça ne change pas grand-chose. On empoche deux points au classement. Mais il s’agit de la façon de penser et d’agir qu’il faut adopter, en tout temps. Ça c’est important. »

On commence à mieux connaître D.J. Smith.

Le nouvel entraîneur-chef a envoyé un message fort, jeudi, en écartant une fois de plus Bobby Ryan de sa formation débutante.

Il a essayé de ne pas trop aggraver les choses.

« Bobby a travaillé fort. Il a fait tout ce qu’on lui a demandé de faire », a-t-il déclaré, comme s’il voulait le protéger.

On lui a demandé, alors, ce que Ryan devait faire pour retrouver sa place, chaque soir, dans l’alignement.

« Il va falloir qu’il joue, qu’il patine, qu’il complète des mises en échec et qu’il couvre bien ses adversaires. Tout le monde doit bien couvrir. Tout le monde doit bien jouer, défensivement. »

En somme, le gars qui « travaille fort » et qui « fait tout ce qu’on lui demande » devra trouver une façon de travailler encore plus.

On en découvre davantage sur Smith, aussi, quand il parle de Jean-Gabriel Pageau.

« Il patine bien. Il travaille fort lors des entraînements. Il est assez intelligent pour savoir profiter des bourdes des équipes averses. On peut apprendre beaucoup de choses en le regardant. Pageau, c’est notre homme. Il est notre leader, à l’attaque. »

Chez les Sénateurs, la situation est relativement claire. Plus la saison progressera, plus on misera sur les jeunes.

On l’a vu, vendredi, quand Filip Chlapik et Jonathan Davidsson ont été insérés, ensemble dans le quatrième trio.

La situation risque de se compliquer avant longtemps. Colin White devrait retrouver sa place d’ici la semaine prochaine. Logan Brown devrait l’imiter. Ça ne sera pas trop long.

Les vétérans qui ne veulent pas se faire tasser n’ont qu’à suivre le leadership de Pageau. Ils n’ont qu’à imiter le leader.

Et ça commence avec de petits gestes. Bloquer un tir dans la dernière minute d’un match pas trop serré, par exemple...