Thomas Chabot a rebondi à son premier match après le Ubergate.

Chabot sait se faire pardonner

CHRONIQUE / Me donnez-vous le droit de pondre une autre chronique sur le Ubergate ? Je sais. Avec les stations de radio d’Ottawa qui en parlent sans arrêt depuis 48 heures, on a l’impression que tout a été dit.

Il me reste juste un petit quelque chose à partager.

Quand j’ai regardé la vidéo pour la toute première fois, lundi soir, j’ai tout de suite identifié Thomas Chabot, assis derrière le chauffeur, au centre. Quand j’ai compris de quoi il s’agissait, je me suis mis à souhaiter qu’il se la ferme.

De grâce, rends-toi service, Thomas. Ne te joins pas à cette discussion. Laisse les vétérans dire toutes les inepties qui leur passent par la tête. De grâce, ne tombe pas dans ce piège.

Pendant un bout de temps, j’ai cru que Chabot aurait la sagesse de se taire.

Après quelques minutes, il a fini par lâcher un petit commentaire. Rien de bien grave ou de trop incriminant. Il en a juste assez dit pour avoir à s’excuser, mercredi.

Il ne devrait pas avoir trop de misère à se faire pardonner. Pour plusieurs raisons.

Il serait plutôt facile d’oublier, quand on le regarde, qu’il est un gamin. Il effectuait à la fin du mois d’octobre son 15e voyage en tant que hockeyeur professionnel. Il fait encore partie des petits nouveaux. Il est en train de trouver sa place dans son équipe, comme dans la ligue. Il cherche forcément, jusqu’à un certain point, à se faire accepter.

On va surtout oublier cet épisode très rapidement en raison de la façon dont il a rebondi.

Les Sénateurs ont infligé une correction aux Devils du New Jersey, mardi, parce que leurs piliers se sont levés.

Mark Stone a obtenu cinq points. Pas de surprise, ici. On s’attend à ce type de performances de la part du capitaine officieux de l’équipe, dans des moments tendus.

Matt Duchene a été complice de trois buts. Encore une fois, il ne faut vraiment s’étonner. Le talent lui sort par les oreilles. Son expérience doit lui être fort utile, aussi, quand il a des choses à se faire pardonner.

Chabot a presque autant de talent que son centre numéro un, mais il a environ 600 matches de moins au compteur.

S’il a éprouvé des problèmes de confiance, s’il a vécu avec un certain sentiment de culpabilité, il n’a certainement rien traîné sur la glace.

Il a été le joueur le plus utilisé par son entraîneur. Il a été responsable de presque 25 % des tirs au but – neuf sur 42 – de son équipe. Avec une feinte dont on se souviendra longtemps, il a sorti Nico Hischier de ses patins.

Il a marqué un but et obtenu trois passes.

Le genre de performance rassurante, pour une organisation qui est de plus en plus convaincue d’avoir déniché son nouveau défenseur numéro un.

Avec tout ce qui se passait, le calepin était un peu trop plein, mardi. Je voulais vous parler un peu de Christian Jaros. J’ai manqué d’espace.

Il fallait voir les yeux de Guy Boucher s’illuminer quand on lui a parlé de son jeune défenseur slovaque.

«C’est clair qu’il fait une job exceptionnelle. Nous avons besoin d’un gars qui est premier sur la rondelle, qui frappe, qui a de l’intensité, de l’enthousiasme. En plus, il est une superbe personne», a-t-il insisté.

«Moi, je projette que, dans un avenir assez rapproché, il sera capable de jouer contre les premières lignes», a-t-il ajouté.

On ne sait pas trop ce que l’entraîneur-chef entend par «avenir assez rapproché». On imagine que ça pourrait être une question de mois.

La courbe de progression des joueurs de moins de 23 ans peut être très prononcée.

Dieu sait, qu’en ce moment, les Sénateurs ont besoin de défenseurs capables d’affronter les meilleurs éléments adverses.