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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Alex Galchenyuk n'a pas vraiment eu le temps de faire ses preuves à Ottawa.
Alex Galchenyuk n'a pas vraiment eu le temps de faire ses preuves à Ottawa.

Ceux qui partent, celui qui arrive

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CHRONIQUE / A-t-on déjà vu quelque chose du genre, dans le monde du hockey?

J’ai beau chercher, je ne trouve pas.

Alex Galchenyuk a signé un contrat à titre de joueur autonome, avec les Sénateurs, le 28 octobre. «Il a prouvé qu’il peut marquer des buts dans notre ligue», avait déclaré le type responsable de l’embauche, Pierre Dorion, dans un communiqué de presse, à l’époque.

On était sous l’impression que cette embauche s’inscrivait dans un plan. Dorion avait forcément pris le temps d’y réfléchir, au préalable.

Cédric Paquette a été obtenu dans une transaction presque deux mois plus tard, jour pour jour.

Cette acquisition devait forcément faire partie du même plan.

Paquette, combatif et courageux, champion de la coupe Stanley, venait sans doute combler un besoin à Ottawa.

La saison régulière a débuté. Les Sénateurs ont disputé 15 parties et subi 13 revers.

Paquette a été laissé de côté à six occasions. Galchenyuk, sept.

Et puis, à la surprise générale, les deux jeunes vétérans ont quitté. Ils ont été impliqués dans la même transaction.

C’est du jamais vu.

À LIRE AUSSI : Paquette a roulé jusqu'en Caroline

Je vous prie d’excuser mon retard. J’ai passé quelques jours à chercher des réponses.

Je n’en ai pas.

Vous m’excuserez aussi de ne pas partager la satisfaction de certains partisans. Plusieurs semblent comblés par le fait que les Sénateurs ont obtenu le «meilleur joueur» impliqué dans ce marché.

Je vous dirai un peu plus tard ce que je pense de Ryan Dzingel.

Avant de penser à ce que cette transaction peut apporter aux Sénateurs, à court terme, je ne peux m’empêcher de penser aux deux joueurs qui viennent de partir. Deux gars qui n’ont pas vraiment eu le temps de faire leurs preuves.

Ils n’ont même pas eu le temps de défaire leurs valises!

J’aurais plusieurs questions à poser à Pierre Dorion.

Au strict minimum, en ce moment, je suis obligé de conclure que Dorion et ses dépisteurs professionnels ont ciblé les mauvais vétérans, durant la saison morte.

La vitesse à laquelle la direction s’est défaite de ces joueurs me mène à me demander s’il n’y a pas une grande part d’improvisation dans la gestion de l’équipe, en ce moment.

C’est peut-être même un triste mélange des deux.

Et ça, ce serait très inquiétant pour la suite des choses.

***

Ryan Dzingel n’est pas un vilain joueur de hockey.

Ryan Dzingel est de retour avec les Sénateurs.

Il est plus constant qu’Alex Galchenyuk.

Contrairement à Cédric Paquette, il peut évoluer dans un des trois premiers trios d’une formation de la Ligue nationale de hockey.

Il peut aider les Sénateurs. Jusqu’à un certain point.

Lorsqu’il a connu des saisons de 23 et 22 buts à Ottawa, il se trouvait dans une position privilégiée. Il jouait plus souvent qu’autrement dans le même trio que Matt Duchene.

Tout ça, c’est du passé. Cette combinaison appartient même à un passé de plus en plus lointain.

Duchene et Dzingel ont quitté Ottawa à bord du même avion nolisé, à la fin du mois de février 2019. Ils se sont envolés vers Columbus, mais la magie ne s’est pas opérée dans l’organisation des Blue Jackets.

Dzingel a inscrit un seul point en neuf matches éliminatoires, avec les Jackets. John Tortorella l’a même laissé de côté, une fois, durant la deuxième ronde, contre les Bruins de Boston.

Tortorella, on le sait, en demande beaucoup à ses p’tits gars. Il n’est pas l’entraîneur-chef le plus patient de la LNH.

Dzingel a découvert un autre entraîneur dur et exigeant, quand il s’est joint aux Hurricanes.

Rod Brind’Amour. Et ça ne s’est pas très bien passé là-bas, non plus.

Au sein d’une équipe jeune, plein de talent, il a fini par se retrouver dans le quatrième trio.

Paquette prendra justement sa place dans cette unité, pour le reste de la campagne.

En commentant la transaction, lundi matin, Brind’Amour vantait l’attitude de bouledogue du Gaspésien.

Vous allez pouvoir le lire, dans un autre de nos écrans. Paquette s’est claqué le trajet Ottawa-Raleigh tout seul, en voiture, pour ne pas avoir à retarder ses débuts en Caroline du Nord.

«On veut devenir l’équipe que les autres équipes ne veulent pas affronter. Quand nous n’aurons que des joueurs qui auront la même attitude, tout ira bien.»

C’est le genre de déclaration qui donne à réfléchir.

Dzingel revient. Il ne pourra pas compter sur Duchene, cette fois. La motivation ne devrait cependant pas manquer. Il écoule la dernière année de son contrat. Ses performances lui permettront de négocier son prochain pacte, à l’été, dans un contexte économique difficile.

En attendant, si on se fie à sa page Instagram, la transaction a l’air de faire son bonheur.

C’est déjà ça de pris.