On la voyait venir de loin, cette transaction qui a envoyé Derick Brassard aux Penguins de Pittsburgh.

C’était écrit dans le ciel

CHRONIQUE / On la sentait venir, cette transaction. Les Sénateurs et les Penguins avaient un peu trop d’atomes crochus, en cette fin d’hiver. Il allaient inévitablement finir par s’entendre.

Les Penguins étaient à la recherche d’un centre pour améliorer leur troisième trio. Les Sénateurs en avaient deux, peut-être même trois, sur le marché.

Les Sens n’avaient pas vraiment de gardien d’avenir dans leur antichambre. Les Pens en avaient quelques-uns. Ils étaient tous coincés dans un embouteillage, derrière l’excellent Matt Murray.

J’avais juste mal identifié les joueurs qui seraient impliqués.

Je pensais qu’une petite peste comme Jean-Gabriel Pageau serait parfaite pour jouer derrière Sidney Crosby et Evgeni Malkin.

J’étais surtout sous l’impression que les Sénateurs auraient besoin de leur gardien d’avenir plus tôt que tard. Je croyais qu’ils miseraient sur Tristan Jarry, un type de 22 ans qui complète sa troisième saison complète dans les rangs professionnels.

Filip Gustavsson a un profil intéressant, mais il n’a pas encore 20 ans. Combien de temps, encore, avant qu’il soit prêt à jouer à temps complet dans la LNH ?

Le choix de première ronde ? Toujours intéressant. Mais attendons un peu. On commence à bien connaître Dorion comme DG. Il pourrait facilement l’utiliser comme monnaie d’échange dans une autre transaction à venir.

Tout comme le défenseur Ian Cole, il pourrait bien appartenir aux Sénateurs pendant une très courte durée.

Sinon, j’ai envie de vous écrire la même chose que la semaine dernière. La même chose que j’ai écrite après le départ de Dion Phaneuf. Impossible, pour l’instant, de savoir si ça valait la peine de sacrifier un bon centre d’expérience, capable d’élever son jeu d’un cran durant les séries.

Je répète, ces deux transactions font partie d’un plan étoffé. J’ai de plus en plus hâte au point de presse de Dorion, qui devrait survenir en toute fin de journée, lundi, pour comprendre un peu mieux ce qu’il cherche à faire, exactement.

J’ai lu chacun de vos messages, dans les derniers jours. Je vous ai compris. Vous n’aimez pas les reconstructions.

Surtout si elles impliquent votre joueur favori, votre capitaine, votre héros, Erik Karlsson.

J’aimerais prendre un instant pour préciser un truc. Dans notre édition de jeudi, je n’ai pas écrit que je souhaite le départ de Karlsson. J’ai simplement dit que, si cette transaction est conclue correctement, et pour les bonnes raisons, les Sénateurs auront l’opportunité de mettre la main sur plusieurs éléments qui pourraient transformer et relancer la franchise.

Je pense à quelque chose de similaire à la transaction qui a envoyé Eric Lindros à Philadelphie, au début des années 1990.

Et, si ça peut vous rassurer, je tomberai en bas de ma chaise, si jamais Karlsson quitte Ottawa dans les prochains jours. J’ose croire que la direction des Sénateurs essaiera au moins de négocier un peu avec ses agents, en juillet, avant de prendre une décision qui aura des répercussions à très long terme sur l’organisation.

Je prends quand même le temps de saluer ce gentil lecteur qui m’a débuté son courriel en disant que je suis un cave. Il a enchaîné en disant que je suis « sûrement un partisan du Canadien qui aime P.K. comme les autres ». Il a fini ça en force en me disant que « je rêve en noir et blanc parce que personne, à Ottawa, ne souhaite voir Karlsson partir ».

Vous savez, monsieur, je suis peut-être cave. Ma blonde me le dit souvent. Je relis toutefois votre message. Vous ne devez pas utiliser le même ton qu’elle.

Partisan du CH ? Admirateur de P.K. ? Ça me surprendrait. Si c’est le cas, je refoule ces sentiments très loin. Très, très loin.

Je peux toutefois vous jurer que je ne rêve pas en noir et blanc. Il y a plein de couleur partout.

Je salue aussi cet autre lecteur qui m’a très bien résumé sa pensée. Dans son courriel, il n’y avait rien d’autre que l’emoji du pouce pointant vers le bas.