Les 67’s d’Ottawa et le Storm de Guelph croiseront le fer jeudi soir à la Place TD lors du premier match de la finale de la LHOntario.

Ce ne sera pas de la tarte

CHRONIQUE / Les choses devraient – enfin – se corser pour les 67’s.

Il n’est pas trop tôt.

La finale de la LHOntario ne devrait pas se régler en quatre parties. Avant de risquer cette prédiction, je ne m’appuie pas uniquement sur les courageux retours du Storm, dans les deux rondes précédentes, pour éliminer les Knights de London et le Spirit de Saginaw.

Je dis ça parce que le Storm a prouvé, cette saison, qu’il peut battre Ottawa.

À plate couture.

C’était le 13 janvier dernier. Un dimanche. Les deux équipes ont croisé le fer sur la patinoire du Sleeman Center. Après 35 minutes de jeu, Guelph menait 7-1.

Les visiteurs ont un peu sauvé la face dans la deuxième partie du match. Vraiment, juste un peu. Ils ont fini par encaisser un revers de 8-4.

J’ai parlé de ce match à des gens qui y étaient. Ils n’ont pas tardé à remplir mon calepin de « circonstances atténuantes ».

Les 67’s complétaient ce jour-là une séquence de trois parties en trois jours. Ils avaient commencé leur tournée à Sarnia, le vendredi soir. Ils avaient laissé beaucoup d’énergie à London, le samedi. Leur match contre les Knights était télédiffusé d’un océan à l’autre.

La date limite des transactions venait de passer. Les joueurs de 20 ans Lucas Chiodo et Kyle Maksimovich venaient de se greffer à l’équipe. Ils n’avaient pratiquement pas eu l’occasion de s’entraîner avec leurs nouveaux coéquipiers.

Les attaquants Kody Clark, Graeme Clarke et Marco Rossi revenaient de séjours prolongés sur la liste des blessés. Trois matches en trois jours, c’était peut-être beaucoup leur demander.

Sasha Chmelevski et Mike DiPietro rentraient tout juste du Championnat mondial junior, aussi. Il faut le mentionner.

Il y a peut-être une autre raison – meilleure, valable – pour expliquer cet accident de parcours.

« Dans ce match, on a peut-être un peu trop respecté nos adversaires », dit le défenseur franco-ontarien Merrick Rippon.

Trop de respect ?

« Ça peut être dangereux, croit Chmelevski. À trop respecter un adversaire, on peut finir par le faire très bien paraître. On peut finir par créer un monstre. »

« En fin de compte, nous savons fort bien que nous sommes aussi bons qu’eux. »

Les 67’s ont d’ailleurs remporté le match revanche, environ deux semaines plus tard, à Ottawa.

Ça n’a pas été une partie de plaisir.

Les 67’s tiraient encore de l’arrière par un but au début de la troisième période. Ils ont réussi à revenir de l’arrière pour l’emporter en prolongation.

La série finale opposant les deux clubs va débuter, jeudi soir. Dans ce contexte, on peut difficilement en prédire l’issue. Il est même hasardeux de choisir un favori et un négligé.

D’ailleurs, on a bien aimé la réaction de l’entraîneur-chef de l’année en Ontario, quand un collègue lui a parlé de tout ça.

« Rendus là... Les gens diront bien ce qu’ils voudront. Moi, j’arrive à la conclusion que deux très bonnes équipes vont s’affronter. Qui gagnera ? On aura une meilleure idée après le match numéro un. »

« De toute façon, on ne s’attend pas à gagner nos matches 6-1. On veut juste aller chercher notre quatrième victoire plus vite qu’eux autres ! »

Je vous ai parlé brièvement de Merrick Rippon, plus tôt, dans cette chronique.

L’athlète d’Ottawa a eu droit à une belle surprise, récemment. Pour une deuxième année consécutive, il a réussi à se retrouver sur le classement des meilleurs espoirs nord-américains, en prévision du repêchage de la Ligue nationale de hockey.

Rippon a décidé de ne pas baisser les bras, l’an dernier, quand il n’a pas fait partie des 217 joueurs repêchés.

Il faut dire que Rippon n’a pas nécessairement le profil prisé par les clubs professionnels, en cette fin de décennie. Disons qu’il ressemble davantage à Mark Borowiecki qu’à Erik Karlsson...

Je lui ai demandé si une source de motivation bien personnelle pouvait l’aider, à l’approche de cette finale.

On peut impressionner des dépisteurs tout en aidant son équipe à remporter un championnat.

Il m’a répondu, poliment, qu’il n’avait pas vraiment de contrôle sur ce que pensent les dépisteurs.

Il a bien plus hâte de jouer, dans sa ville natale, devant plus de 8000 personnes.

« Les partisans ne savent pas à quel point ils nous donnent de l’énergie », m’a-t-il confié.