Si jamais Erik Karlsson (droite) se joint à une formation de l’Association Est, d’ici la fin de la saison, les Sharks devront aux Sénateurs un autre choix de première ronde au repêchage, d’ici 2022.

Ce bon vieux Erik Karlsson...

CHRONIQUE / Une clause assez inusitée a été inscrite, dans les documents de la transaction impliquant les Sénateurs d’Ottawa et les Sharks de San Jose, en septembre.

Une clause dont nous n’avons pas assez parlé, je trouve.

Si jamais Erik Karlsson se joint à une formation de l’Association Est, d’ici la fin de la saison, les Sharks devront aux Sénateurs un autre choix de première ronde au repêchage, d’ici 2022.

Nous n’avons pas assez parlé de cette clause, ni de l’état d’esprit dans lequel Pierre Dorion devait se trouver quand elle a été négociée.

Clairement, le directeur général des Sénateurs avait pris le temps de réfléchir à son affaire. C’est un peu comme s’il se protégeait face à un éventuel scénario-catastrophe.

S’il avait fallu que les Sharks connaissent une (très rare) mauvaise saison, ils auraient pu se ranger dans le camp des vendeurs, à l’approche de la date limite des transactions.

Puisque Karlsson laisse filer la dernière année de son contrat, il aurait pu alors devenir un joueur de location de luxe. Plusieurs équipes auraient démontré de l’intérêt. Ça ne prend pas la tête à Papineau (ni celle de Bob McKenzie) pour identifier deux équipes canadiennes, situées pas trop loin d’Ottawa, qui cherchent à s’améliorer en défensive.

Dorion s’est montré rusé. Si Karlsson avait permis à Toronto de gagner une, deux ou même trois rondes dans les séries éliminatoires, il n’aurait pas eu les mains vides.

Tout ça ne se produira pas. Les Sharks ont presque 15 points de priorité sur les équipes qui luttent pour les dernières places en séries dans l’Association Ouest. Si leur directeur général Doug Wilson bouge, dans le prochain mois, il se rangera dans le camp des acheteurs.

Karlsson va compléter la saison en Californie. Il pourra goûter à la «vraie» pression d’appartenir à un club qui a participé aux séries à 18 occasions, depuis 2008, sans jamais mettre la main sur la coupe Stanley.

C’est la suite de l’histoire qui nous intéresse. Dans quelle ville Karlsson jouera-t-il, en octobre 2019? Les Sénateurs ont forcément de l’intérêt. S’il prolonge son séjour à San Jose, ils obtiendront un choix de deuxième ronde supplémentaire en 2021.

Ça pourrait même devenir un premier choix, si jamais Karlsson appose sa signature au bas d’un nouveau contrat après avoir mené les Sharks en grande finale.

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Karlsson a longuement jasé de tout ça, jeudi, durant la journée des médias, en marge des célébrations du Match des étoiles de la LNH.

On a reconnu le Karlsson des beaux jours durant le point de presse. Petit sourire suffisant. En plein contrôle. Capable de répondre à toutes les questions sans vraiment répondre.

«Ma femme et moi, on s’est plu ici, dès notre arrivée, a-t-il quand même révélé. Il nous a fallu un certain temps pour nous acclimater et développer une nouvelle routine, mais les gens ont été si gentils... Les employés de l’organisation ont été super. Mes nouveaux coéquipiers, aussi. Tout le monde, en fait...»

Ça correspond à tout ce qu’on peut entendre sur San Jose, merveilleuse ville où tous les joueurs de hockey sont heureux.

Ça ne se limite pas aux 300 jours d’ensoleillement par année. L’organisation des Sharks traîne une réputation fort enviable. Leurs propriétaires ont les moyens de leurs ambitions. Ils traitent leurs joueurs comme des rois.

Leurs partisans ont aussi un petit quelque chose de spécial. En matière de passion, ils n’ont rien à envier à personne. Jonathan Cheechoo a dit, durant son court passage à Ottawa, qu’il avait l’impression de jouer dans un marché canadien durant ses années à San Jose.

Sans la pression médiatique, bien entendu.

Quand on s’engage pour une longue durée à San Jose, il faut juste s’habituer aux longs déplacements.

Mais bon. Un vol de quatre heures dans un jet nolisé, est-ce vraiment si astreignant?

«La direction des Sharks a été fantastique, dans la mesure où elle m’a laissé toute la liberté de réfléchir à mon avenir», a complété le défenseur étoile.

«Elle a tout fait bien, jusqu’ici. Plus que bien, en fait.»

Encore une fois, pas de surprise.

Si tout est positif, plus que positif, qu’est-ce qui empêche Karlsson de signer?