Le commissaire de la LNH, Gary Bettman peut se réjouir du succès des Golden Knights de Las Vegas.

Bettman, gagnant sur toute la ligne

CHRONIQUE / Très discrètement, Gary Bettman a célébré cet hiver un anniversaire important. Le 1er février dernier, il a fêté son 25e anniversaire dans le bureau du commissaire de la Ligue nationale de hockey.

On l’imagine à la fois heureux et fier, ces jours-ci.

Avec le printemps magique qu’ils sont en train de connaître, les Golden Knights ne font qu’étirer son party.

Chaque victoire obtenue, au T-Mobile Arena ou sur la route, ajoute une autre cerise sur son gâteau.

«Si je prenais le temps de noter tout ce qui n’a pas fonctionné, pour nous, ce soir, la liste serait très longue», a déclaré l’entraîneur-chef des Sharks, Peter DeBoer, après avoir encaissé une dégelée de 7-0 dans le premier match du deuxième tour.

«Nous n’avons pas été très bons.»

Il doit y avoir beaucoup de vérité, là-dedans.

On peut quand même rendre hommage aux Knights.

En quatre parties, durant la première ronde, les Ducks ont marqué un grand total de quatre buts contre Martin Jones.

La petite équipe d’expansion a réussi à lui en infliger quatre autres en moins de 12 minutes.

Rendre hommage aux Knights, c’est aussi rendre hommage à ceux qui ont construit à leur organisation. Ça commence par un commissaire qui voyait Vegas dans sa soupe depuis des années. Bettman a eu le génie d’identifier une ville en plein essor qui n’avait pas encore d’équipe sportive des ligues majeures à encourager. Il voulait être le premier à s’y installer.

L’incroyable histoire d’amour avec les gens du Nevada continue de s’écrire. Même s’il faisait plus de 30 degrés Celcius, une foule considérable s’est massée près de l’aréna dans les heures qui ont précédé le match.

On ne pouvait pas trop savoir comment se comporteraient les joueurs, sur la patinoire. La rouille aurait eu le temps de s’installer. Ils n’avaient pas joué un seul match en neuf jours.

«Les fans nous ont vraiment aidé. Dès qu’ils ont hurlé le mot ‘Knights’ durant l’hymne national, j’ai compris que nous allions connaître une bonne soirée», a confié l’ailier droit Alex Tuch à L’Athlétique.

Le succès inespéré des Knights, au fond, n’est que la dernière d’une longue série de victoires de Gary Bettman.

Le commissaire a orchestré deux conflits de travail dans les 15 dernières années. Il savait que ça le rendrait immensément impopulaire. Il s’en fichait. Il avait promis aux propriétaires de mettre en place une série de mesures qui permettraient à tout le monde de compétitionner.

Vingt-sept des 31 équipes ont participé aux séries au moins une fois dans les trois dernières années.

Les Knights occupent tellement d’espace, ce printemps, qu’ils font ombrage aux autres équipes qui poursuivent leur chemin dans les séries. Il serait facile d’oublier que de belles histoires s’écrivent en ce moment en Floride, en Californie ainsi qu’au Tennessee. Le Lightning, les Sharks et les Predators ont tous réussi, au fil des ans, à s’enraciner solidement dans des marchés qu’on qualifiait autrefois de «non traditionnels». En fin de compte, l’idée d’élargir les cadres de la LNH en visant des villes où il ne neige jamais ne semble plus aussi farfelue.

Avant d’assembler une équipe qui aspire au championnat dès l’an un, le propriétaire des Golden Knights a d’abord écrit un chèque de 500 millions $US au commissaire.

Une autre grosse victoire.

Bettman s’apprête à demander 100 millions $US de plus aux futurs propriétaires de la 32e franchise de la LNH. Personne, à Seattle, n’a l’air de trouver cette requête déraisonnable.

Marchand devra bien se tenir

Il doit se dire plein de choses intéressantes, dans les courriels, mémos et autres conversations privés entre la direction de la LNH et ses clubs.

Durant la première ronde des séries, les bonzes du circuit auraient contacté la direction des Bruins avec une requête bien précise.

Serait-il possible de lancer un avertissement à Brad Marchand? Il serait préférable qu’il cesse d’embrasser ses adversaires.

Alors que cette histoire circulait partout dans les médias, il était difficile d’oublier au début de la série opposant les Bruins aux Maple Leafs. Durant un arrêt de jeu Marchand a possiblement déposé ses lèvres dans le cou de Leo Komarov.

«Je le trouve plutôt mignon», a-t-il dit après coup.

La série opposant les Bruins au Lightning débutera samedi soir.

Nikita Kucherov et Steven Stamkos seront sans doute heureux d’apprendre qu’on se soucie d’eux.

Gardiner a tout débranché

Jake Gardiner a le mérite d’être très honnête. «Je n’avais pas le goût de vous parler», a-t-il déclaré devant les micros et les caméras, vendredi matin.

Le défenseur de 27 ans a choisi le pire moment pour jouer son pire match en carrière. Depuis l’élimination des Leafs, mercredi, il ressent toute la colère d’une ville qui attend un championnat depuis 51 ans.

Au moment de le rencontrer pour une dernière fois avant les vacances, son entraîneur Mike Babcock lui a suggéré de garder la tête haute. «Gagne en équipe, perd en équipe», lui a-t-il rappelé, en empruntant une formule bien connue.

Le coach s’est donné le droit de sortir des sentiers battus, quand il s’est présenté devant les journalistes. Surtout ceux qui lui reprochent de ne pas utiliser Auston Matthews et Mitch Marner au sein du même trio.

«Vous voulez qu’ils jouent ensemble. Moi, ce que je veux, c’est gagner», a-t-il balancé.

La fin?

«Je m’en vais. Je m’en vais. Je ne serai pas de retour l’an prochain. Je m’en vais», aurait confié Barry Trotz à John Tortorella. Du moins, c’est l’interprétation de ceux qui ont lu sur les lèvres de Trotz, durant la traditionnelle poignée de main, au terme de la série de premier tour entre les Capitals et les Blue Jackets. On verra.