En trois saisons sous la gouverne de Benoît Groulx (droite), le Crunch de Syracuse a remporté le championnat de sa division deux fois dans la Ligue américaine de hockey. Vendredi matin, lui et son fils Benoît-Olivier étaient présents au Club Tecumseh pour le tournoi de golf de la Fondation Pat-Burns.

Benoît Groulx, celui qui attend son tour

CHRONIQUE / « Pat nous a tous montré le chemin », disait Claude Julien durant son point de presse, encore une fois, vendredi matin.

Ce n’est pas faux.

Pat Burns est débarqué dans la Ligue nationale de hockey vers la fin de années 1980, juste à temps pour inspirer une nouvelle génération d’entraîneurs francophones. 

Il a été un des premiers à obtenir la confiance d’organisations prestigieuses à l’extérieur de Montréal ou Québec.

C’est sans doute pourquoi les entraîneurs de renom reviennent nombreux, chaque été à Gatineau, pour participer au tournoi de golf de la Fondation qui porte son nom.

Ils étaient encore au rendez-vous, vendredi matin, au Club Tecumseh. 

Il y avait Julien, qui en est rendu à son deuxième tour de piste derrière le banc du Canadien. 

Alain Vigneault, qui s’apprête à relever un nouveau défi dans le zoo de Philadelphie. Michel Therrien, qui le secondera comme adjoint.

Il y avait aussi Benoît Groulx.

Groulx, celui qui devrait logiquement être le prochain. Et qui continue d’attendre sa chance.

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« Tout roule à Syracuse. C’est le fun, coacher là-bas. C’est le fun, coacher dans l’organisation du Lightning. Je suis très heureux », m’a-t-il balancé, quelques minutes avant de prendre le départ au trou numéro un.

Groulx est constant. 

Il tient le même discours chaque fois qu’on lui parle de sa place, sur le grand échiquier.

« Premièrement, la Ligue américaine, c’est une très bonne ligue de hockey. C’est une ligue qui demeure méconnue au Québec, ça ne fait aucun doute dans mon esprit. Avec les nouvelles équipes qui sont installées à Laval et à Belleville, les gens commencent à peine à la découvrir. Moi, je suis à Syracuse. C’est une très belle ville de hockey. Il y a du monde à toutes nos games. Nos partisans nous soutiennent beaucoup », ajoute-t-il.

Tout ça est sans doute vrai. 

Sauf qu’on ne devient pas un entraîneur de haut niveau en se contentant de ce qu’on a.

Groulx rêvait d’accéder aux rangs professionnels, du temps où il gagnait sa vie dans son minuscule bureau du Centre Guertin. 

Cette détermination lui a permis de se hisser jusqu’au cinquième rang des entraîneurs qui ont remporté le plus de matches dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

La transition vers les rangs professionnels s’est faite tout naturellement. 

En trois saisons, sous sa gouverne, le Crunch a remporté le championnat de sa division deux fois. 

Il n’a pas remporté la coupe Calder, mais il a participé à la finale, en 2017.

La détermination du coach doit forcément y être pour quelque chose.

« J’essaie d’être meilleur, tout le temps. Avec les années, je réfléchis tout le temps à ça. Ce n’est pas une réflexion qui se limite à mon travail en tant que coach de hockey. Tu réfléchis à ces choses-là quand tu as 30 ans, quand tu as 40 ans, quand tu as 45 ans... J’ai eu le temps de réfléchir à plein de choses. Je veux coacher dans la Ligue nationale, ça n’a jamais été un secret pour personne. En attendant, je continue de m’améliorer. J’espère un jour obtenir cette opportunité-là. Et j’espère que je serai la meilleure version de Benoît Groulx quand j’y arriverai. »

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Pour un entraîneur, comme pour un athlète, la dernière marche peut souvent être la plus difficile à gravir.

Groulx a de la chance, dans une certaine mesure. 

Son patron, le directeur général Julien BriseBois, l’estime.

Le problème, c’est que BriseBois apprécie tout autant l’homme qui dirige son équipe première. Jon Cooper a paraphé une prolongation de contrat de plusieurs années, le printemps dernier.

Le poste d’entraîneur-chef à Tampa Bay ne devrait pas se libérer de sitôt.

Groulx nous rappelle qu’il a lui aussi obtenu une prolongation de contrat.

« Quand tu es dans la Ligue américaine, il est important de comprendre ton mandat. Il est aussi très important d’être stimulé par ton mandat », dit-il.

« L’évaluation de mon travail appartient à mes patrons, pas à moi-même. Ce que je sais, c’est qu’on m’a donné le mandat de développer des joueurs pour la Ligue nationale. On m’a aussi donné le mandat de former une équipe compétitive. Ce sont des mandats que nous avons, je pense, été capables de remplir. »