Un superhéros percussionniste a accueilli les Senators de Belleville dans leur nouveau domicile, mercredi.

Belle soirée à Belleville

CHRONIQUE / La foule venait à peine de célébrer le premier but (à domicile) de l’histoire des Senators de Belleville. Son auteur, Francis Perron, s’était assis au banc des joueurs.

Un bruit assourdissant s’est fait entendre dans les gradins du Yardmen Arena. On a vite trouvé la source. Un vieil homme, portant un costume de Batman, s’est lancé dans un vigoureux solo de cymbales.

BANG-BANG-BANG-BANG-BANG-BANG-BAAAAAAANG !!!

Face à cette belle démonstration de vigueur, la foule s’est mise à crier encore plus fort.

On nous a expliqué. Le superhéros percussionniste est un habitué de la place. Il avait l’habitude de se livrer en spectacle après chaque but marqué par les Bulls, du temps où les Bulls représentaient Belleville dans la LHOntario.

Le scénario s’est répété lorsque Filip Chlapik et Ethan Werek ont marqué les autres buts des nouveaux B-Sens. Chaque fois, on aurait dit que la foule était plus heureuse de retrouver le Bat-Musicien qu’autre chose.

Quand Gabriel Gagné a scellé l’issue de la soirée, inscrivant le but décisif qui donnait une victoire de 4-3 en tirs de barrage, alors là, le building a explosé pour vrai.

Les Senators ont su rallier leurs nouveaux fans durant la prolongation. Ils ont survécu en jouant deux minutes à trois contre quatre. Ils se sont retrouvés à deux contre quatre, même, quand Max McCormick a brisé son bâton.

Le Hamburglar a réalisé deux ou trois miracles au meilleur moment.

« C’est ça, notre équipe. Nous sommes entre bonnes mains », a conclu l’entraîneur-chef Kurt Kleinendorst en quittant la glace. 

Le défi, maintenant, sera de voir si ça peut durer.

En fin de journée, quand il s’est adressé à la presse, le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk, a reconnu qu’il aurait pu installer son club-école ailleurs. D’autres villes, semble-t-il, étaient intéressées à l’accueillir.

Belleville avait un atout de taille dans son jeu. Elle offrait la proximité géographique.

On compte environ 200 km entre le Yardmen Arena et le Centre Canadian Tire. Cette courte distance facilitera grandement le travail de tous ceux qui œuvrent au développement des jeunes espoirs.

Le directeur général Pierre Dorion a pris le temps de se déplacer, mercredi. Son adjoint Randy Lee, aussi. L’entraîneur-associé Marc Crawford était sur place. Mais lui, il a grandi dans le coin. Au moment de le présenter à la foule, l’annonceur-maison n’a pas manqué de rappeler qu’il est « une légende vivante de Belleville ».

L’ennui, c’est qu’en étant située à 200 km à l’ouest d’Ottawa, Belleville se situe à environ 200 km à l’est de Toronto.

Si certains fans des Leafs qui vivent à l’intérieur même de la capitale ont du mal à se convertir, que peut-on espérer de ceux qui vivent à proximité de la Ville-Reine ?

J’en ai parlé à Randy Lee. Il me dit que je ne devrais pas m’inquiéter avec ce genre de choses.

« Nous allons procéder exactement comme nous avons procédé à Binghamton, m’a-t-il répondu. Quand nous sommes arrivés là-bas, en 2002, les fans ne connaissaient que les Whalers de Hartford et les Rangers de New York. Plusieurs n’auraient même pas été capables de situer Ottawa sur une carte ! Nous avons travaillé avec eux. Après un certain temps, ils ont fini par nous adopter. Dans les dernières années, les équipes de hockey mineur compétitives de Bingo portaient notre nom et nos couleurs. »

On disait souvent, à la blague, que Lee était le maire substitut de Binghamton.

Il était, en effet, fort populaire auprès des partisans, là-bas.

Nouvelle ville, nouveau surnom. 

Dans les cérémonies d’avant-match, mercredi, on a répété que le hockey n’aurait pu revenir à Belleville sans lui.

Le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk, a expliqué que Lee fut comme « le crémage qui cimente les deux gaufrettes du biscuit Oreo ».

On lui offre un vrai beau défi.