En quelques jours, Batherson a réussi à convaincre le pays au complet de son talent.

Batherson dans les traces de Stone

CHRONIQUE / J’étais convaincu que Mark Stone détenait un record non homologué. Selon un document qui avait défilé sous mes yeux, il avait été le premier (et seul) espoir des Sénateurs à marquer sept buts dans une édition du Championnat mondial junior.

Il a réussi cet exploit en 2012.

On a tôt fait de me corriger.

André Petersson, un attaquant suédois très doué, mais pas trop travaillant, en a marqué huit deux années auparavant.

Ça ne change vraiment pas grand-chose à mon histoire.

Marquer autant de buts dans cette compétition annuelle, c’est un méchant bel exploit.

Drake Batherson peut être fier de ce qu’il vient d’accomplir.

En fait, il peut être fier, tout court. Plus son histoire s’écrit devant nos yeux, plus elle nous semble intéressante.

Il n’a pas été repêché dans la LNH à sa première année d’éligibilité, en 2016. Personne ne lui a vraiment accordé d’importance lorsque les Sénateurs l’ont réclamé avec leur choix de quatrième ronde, un an plus tard.

Il n’a eu qu’à passer trois petites semaines à Kanata, vers la fin de l’été, pour nous prouver qu’il possédait un certain potentiel.

Lorsque les dirigeants d’Équipe Canada Junior ont finalisé leur formation en prévision du Championnat mondial, le 15 décembre, ils n’étaient pas convaincus qu’ils pouvaient faire une place à cet éternel négligé. Un membre du comité de sélection a fini par faire entendre raison aux autres. L’équipe ne pouvait simplement pas se passer d’un travailleur aussi acharné.

En quelques jours, Batherson a réussi à convaincre le pays au complet de son talent.

Il a même réussi à se gagner des fans dans le vestiaire des Sénateurs, ce qui pourrait lui être fort utile pour la suite des événements.

« Il n’est pas facile de marquer des buts dans un tournoi comme celui-là. Les joueurs qui y participent sont en train de découvrir le sens du mot ‘pression’. Il est particulièrement difficile de marquer des buts dans les matches où on fait face à l’élimination. Drake a réussi un tour du chapeau en demi-finale, contre les Tchèques. C’est une bonne nouvelle pour nous tous », notait Stone, vendredi.

Pour un jeune joueur qui aspire à se tailler un poste chez les Sénateurs, l’appui de Stone n’est pas négligeable. En cette période trouble, il se comporte de plus en plus comme le véritable leader de sa formation.

Batherson n’a pas uniquement impressionné ses futurs coéquipiers durant son passage remarqué à Buffalo. J’ai cru comprendre que les doutes que certaines membres de la direction pouvaient entretenir à son sujet ont été, en grande partie, dissipés.

Le kid était déjà considéré comme un joueur rapide à la fin de l’été. Son coup de patin se serait encore amélioré.

Ce que tout cela signifie ? Pas grand-chose, malheureusement.

Quand il se réveillera, samedi matin, il sera toujours un adolescent de 19 ans. Il devra mettre le cap vers la couronne nord de Montréal, où il devra continuer à faire ses preuves en se mesurant à d’autres gars de son âge. On oubliera très vite ses buts marqués avec Équipe Canada s’il ne parvient pas à s’imposer avec son nouveau club dans la LHJMQ, l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Ainsi va la vie.

Après son passage au CMJ, en 2012, Stone a complété sa saison en force, récoltant 123 points en 66 parties dans la LHOuest.

Batherson devra continuer à aiguiser sa patience, par la suite.

Stone a passé deux longues saisons à Binghamton avant d’être accueilli à Ottawa. Et encore. Il a été obligé de commencer dans un quatrième trio. Comme bien d’autres avant lui.

Batherson devra vraisemblablement faire comme lui.