Si Anderson joue comme il a joué l’an dernier, les Sénateurs sont cuits. Par contre, des observateurs rappellent que le gardien a toujours été capable de se relever.

Avec un gardien d’expérience...

CHRONIQUE / Les Canucks de Vancouver ont pris une énorme décision. Cette saison, leurs joueurs n’auront pas le droit de traîner leurs consoles de jeux vidéo en voyage. Pas question, donc, de passer des nuits blanches dans les chambres d’hôtel à jouer à Fortnite.

Craig Anderson n’était pas au courant. C’est un collègue qui lui a expliqué l’histoire, dans le vestiaire des Sénateurs, après l’entraînement de mercredi.

« Fortnite? J’en ai déjà entendu parler. J’ai vu des gars jouer, dans le passé. Moi, Fortnite, ce n’est pas vraiment mon truc. Je ne suis pas un fan », a-t-il réagi.

« Si jamais on m’annonce que les simulateurs de course automobile sont bannis, par contre, je sacre mon camp ! »

Cette petite conversation, bien amusante, nous rappelle néanmoins que le gardien d’Ottawa vieillit. À 37 ans, père de famille, il est désormais capable de faire la part des choses.

« À la fin de la journée, c’est simple. Nous sommes payés pour jouer au hockey, pas pour jouer à Fortnite », lance-t-il.

Anderson n’a pas complètement renoncé aux jeux vidéo. Il n’a cependant pas les mêmes goûts que la plupart de ses coéquipiers.

Quand il rentre à la maison, après son entraînement quotidien, il peut passer des heures devant son ordinateur, à s’amuser avec son jouet qui vaut des milliers de dollars, et qui reproduit au millimètre près la plupart des pistes de course de l’Amérique du Nord.

« Les jeux vidéo sont merveilleux, surtout pour un gars qui cherche à se calmer, à décrocher, à se détendre, a-t-il conclu. Il faut savoir quand s’arrêter. Il ne faut pas se laisser entraîner dans le jeu au point de sacrifier de bonnes heures de sommeil. »

Ça commence jeudi, enfin, pour les Sénateurs.

Je vais vous surprendre, ici, en vous disant qu’ils ont une chance.

Une seule chance. Une toute petite chance. Microscopique chance.

Je regarde les efforts déployés par Guy Boucher, depuis quelques semaines, et j’ai l’impression qu’il pense comme moi.

Je pense à toutes ces heures passées à travailler les unités spéciales. L’an dernier, les Sénateurs ont conservé un taux de réussite de 16,6 % en supériorité numérique. Gagner cinq points de pourcentage leur permettrait de marquer une douzaine de buts de plus. Ça pourrait se traduire par trois ou quatre victoires supplémentaires.

La décision de céder Christian Wolanin à Belleville n’est pas anodine, non plus.

Physiquement, il est plus mature que Maxime Lajoie. Il est donc mieux outillé pour affronter les rigueurs d’une saison de 82 parties.

Dans le court terme, cependant, son petit côté téméraire le rend plus vulnérable.

Si, en préférant Lajoie, l’équipe peut encaisser deux ou trois buts de moins en octobre...

On est dans la microgestion. Boucher essaie de contrôler tout ce qu’il peut contrôler.

La grande variable, dans ce contexte, c’est Anderson.

Si Anderson joue comme il a joué l’an dernier, les Sénateurs sont cuits. 

Quand il a présenté les pires statistiques parmi tous les gardiens partants de la LNH, la saison dernière, on s’est demandé si le temps et la génétique jouaient désormais contre lui.

Les observateurs les plus optimistes nous ont alors rappelé qu’il ne s’agissait pas de sa première mauvaise saison. Ils ont pris le temps d’ajouter qu’il a toujours été capable de se relever.

Ça vaut ce que ça vaut, mais durant le calendrier préparatoire, Anderson a conservé une moyenne de buts alloués de 1,62 et un taux d’efficacité de 94,1 %.

« Comme chaque année, j’ai profité de l’été pour faire le vide. Ça fait toujours du bien. J’ai aussi apporté des modifications à mon équipement. J’ai suivi les conseils de quelques jeunes gardiens. Depuis, je me déplace avec plus de facilité devant mon filet », explique-t-il.

On présume que l’expérience pourrait bien servir Anderson pour la suite des choses. Voyez-vous, le « vieux » a fait partie de quelques équipes Cendrillon, au fil des ans.

« Toutes ces équipes ont des points en commun, indique-t-il. On avait du plaisir. On jouait ensemble. On se fichait bien de savoir qui marquait le but gagnant. On trouvait simplement des façons de gagner... et on célébrait fort chaque victoire. »

« Les équipes qui surprennent sont souvent les équipes qui ont le plus de plaisir. »