Sylvain St-Laurent

Toews reste calme... comme toujours

CHRONIQUE / À Chicago, les dirigeants et les partisans des Blackhawks peuvent compter sur une chose. Peu importe la situation, Jonathan Toews ne paniquera pas.

Les Blackhawks ont franchi le cap de la mi-saison. Ils ne parviennent pas à se hisser parmi les huit meilleures formations de l’Association Ouest.

Leur séquence de neuf participations consécutives aux séries éliminatoires est en péril.

L’équipe qui a atteint le carré d’as cinq fois et remporté la coupe Stanley à trois reprises dans la dernière décennie est en danger.

Toews a été surnommé « Capitaine Sérieux » par ses coéquipiers lorsqu’on a cousu le « C » sur ses chandails, à l’âge de 20 ans, en 2008. Plus que jamais, il fait honneur à sa réputation.

« Il faut regarder le portrait d’ensemble, a-t-il déclaré, lors de son passage à Ottawa la semaine dernière. L’équipe qui détient présentement le deuxième rang dans notre division pourrait facilement perdre quelques parties, glisser et se retrouver dans la position que nous occupons en ce moment. »

« Nous ne sommes pas dans une très bonne posture, à l’heure actuelle. La vérité, c’est que personne ne peut s’asseoir sur ses lauriers. Personne n’est véritablement à l’aise », a-t-il poursuivi.

Toews a remporté le trophée Mark Messier, à titre de leader par excellence dans la LNH, en 2015. Trois ans plus tard, il se sent bien entouré. Ses patrons ont même rapatrié deux attaquants avec qui il a connu beaucoup de succès, Brandon Saad et Patrick Sharp, dans les derniers mois.

À 36 ans, Sharp n’a plus exactement l’étoffe d’un marqueur de 30 buts. Il demeure, néanmoins, un fidèle lieutenant de Toews dans le vestiaire.

« Toutes les équipes à travers la ligue disent la même chose, à l’heure actuelle. Tout le monde veut des points. Tout le monde a besoin d’améliorer sa position au classement », raconte-t-il.

Toutes les équipes ne seront pas capables de le faire. Plusieurs manqueront de carburant, à un moment ou un autre, dans les trois prochains mois.

C’est là que l’expérience sera utile aux Hawks.

« L’expérience, ici, n’est pas uniquement l’affaire des vétérans. Même nos plus jeunes joueurs ont eu la chance de disputer des matches très importants, maintient Sharp. Avec toute l’expérience dont nous bénéficions, nous sommes convaincus que nous pouvons nous tirer de n’importe quelle mauvaise situation. »

Et Sharp ne se raconte pas d’histoires. Il ne s’attend pas à ce que les Blackhawks gagnent leur place en séries rapidement. « Nous allons probablement répondre aux mêmes questions vers la fin du mois de mars. »

Les jeunes, comme les moins jeunes, doivent simplement éviter de sombrer dans le doute. « Le doute, dans le monde du sport, c’est une très mauvaise chose. Nous ne pouvons pas nous permettre de douter de nos capacités. Nous avons confiance. Nous continuons de croire en nos chances. »

Il manque un joueur important au noyau des Blackhawks. Le gardien Corey Crawford se retrouve une fois de plus sur la liste des blessés. On sait bien peu de choses à son sujet. L’entraîneur-chef Joel Quenneville se contente de répondre que sa saison n’est pas compromise.

« On sait tous à quel point Corey est un joueur important pour notre organisation. Il nous a sauvé le derrière souvent. Il faut simplement travailler plus fort, devant nos gardiens, en son absence. »

Sylvain St-Laurent

La trentaine lui va si bien

CHRONIQUE / Tout le monde finit par vieillir. Personne n’y échappe. Un jour, tu te réveilles, tu n’es plus un flot. Tu sors du lit, tu te regardes dans le miroir, t’as 30 ans.

Ce n’est pas toujours un drame.

Dans certains cas, vieillir peut être une fichue bonne chose.

Laissez-moi vous parler, un peu, de toutes les bonnes choses qui sont en train d’arriver à Claude Giroux.

Vendredi, même si c’était sa fête, l’attaquant franco-ontarien s’est rendu au complexe d’entraînement des Flyers de Philadelphie, qui est situé au New Jersey. En cette journée où il entrait officiellement dans la trentaine, le temps était venu de se remettre au boulot. La semaine de relâche était officiellement terminée.

Il ne devait pas trop ressentir les effets du spleen.

On imagine mal le deuxième meilleur marqueur de la LNH avec le moral dans les talons.

Giroux a récolté neuf points à ses cinq dernières parties.

Ça lui fait 52 points, à la mi-saison.

S’il parvient à maintenir ce rythme, il complétera son parcours au mois d’avril avec 102 points au compteur.

Giroux n’a jamais encore connu une saison de 100 points dans la LNH.

Les prochains mois ne seront pas de tout repos. Accéder au club des 100 points, se bagarrer pour l’obtention du trophée Art-Ross... Tout cela est bien joli. Giroux devra également mener son équipe aux séries éliminatoires. À l’heure où on se parle, les Flyers luttent avec quatre autres équipes de la section Métropolitaine pour se classer parmi les équipes repêchées de l’Association Est.

Si jamais Giroux atteint tous ces objectifs, il fermera le clapet de milliers de partisans.

Les amateurs de sports de la région de Philadelphie comptent parmi les plus agressifs, les plus intransigeants, les plus violents de tout l’Amérique du nord. Ils sont particulièrement durs envers les meilleurs joueurs de leurs équipes... lorsque que ces équipes sous-performent.

Capitaine d’une équipe qui n’a pas remporté une seule ronde de séries depuis 2013, Giroux y a goûté pas mal plus que n’importe qui dans les 12 derniers mois.

***

Sylvain St-Laurent

Un centre ou un ailier ?

CHRONIQUE / Mike Babcock a dit quelque chose d’intéressant au sujet de Matt Duchene, mercredi.

C’est arrivé au beau milieu de la matinée, durant sa conférence de presse d’avant-match. Un journaliste torontois est allé à la pêche, demandant à l’entraîneur des Maple Leafs de livrer ses impressions sur l’attaquant vedette des Sénateurs.

Il faut se souvenir, ici, que Babcock et Duchene se connaissent un peu. Ils ont gagné une médaille d’or, ensemble, aux Jeux olympiques de Sotchi.

En gros, Babcock a répondu que Duchene est un bien gentil garçon. Bien motivé, toujours prêt à travailler. Un gars facile à diriger.

« Mais, vous savez, il ne jouait pas au centre à ce moment-là. Nous lui avions confié des responsabilités différentes », a-t-il balancé à la traîne...

Je suis persuadé qu’il n’a pas lâché ce commentaire de manière innocente.

J’ai entendu d’autres hommes de hockey, dernièrement, affirmer que Duchene aurait plus de faciliter à s’exprimer s’il évoluait à l’aile.

La différence, c’est que l’entraîneur le mieux payé dans toute la Ligue nationale de hockey vient de le dire – même s’il ne l’a pas dit très fort – sur la place publique.

*****

On observe Duchene d’un peu plus près depuis maintenant deux mois. On constate qu’il génère ses meilleures opportunités en zone d’attaque quand il utilise sa grande vitesse. Dans les zones où l’espace est restreint, sa dextérité manuelle lui permet de créer de belles choses.

En revanche, son sens du jeu peut parfois faire un peu défaut.

Il est vrai qu’en évoluant à l’aile, il pourrait utiliser sa vitesse à fond lors de ses percées en zone d’attaque, sur les flancs.

Évoluer à l’aile réduirait, en même temps, ses responsabilités en défensive. Ça lui permettrait de mieux cacher quelques-unes de ses carences.

Ça n’arrivera probablement pas, remarquez.

Pas dans un avenir proche, du moins.

À Sotchi, Babcock avait des as plein les mains. Il avait un gros paquet de centres naturels comme Sidney Crosby, Jonathan Toews et Ryan Getzlaf à sa disposition. Il était facile, alors, de muter le jeune Duchene à une autre position.

À Ottawa, les Sénateurs ont besoin d’aligner deux centres pour leurs trios offensifs. Pour l’instant, seuls Derick Brassard et Duchene ont les capacités pour remplir ces rôles.

En attendant le jour où les jeunes Logan Brown, Filip Chlapik et Colin White seront prêts à prendre la relève, les choses ne devraient pas bouger.

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Mike Babcock a raison, pour l’autre truc.

Duchene nous a l’air animé par de très bons sentiments.

Mercredi matin, à Toronto, Guy Boucher a choisi d’annuler la séance d’entraînement d’avant-match de son équipe.

Quand un entraîneur prend une décision comme celle-là, il doit quand même se rendre disponible pendant quelques minutes, pour les médias. 

Les responsables des communications d’une équipe doivent aussi recruter deux ou trois joueurs qui sont prêts à se porter volontaires pour répondre aux questions des journalistes.

Tout ça pour dire que mercredi, à Toronto, Brassard et Duchene ont accepté d’accompagner leur coach dans cet exercice.

Quelques heures plus tôt, les Sénateurs s’étaient fait démolir, à domicile, par les Blackhawks de Chicago. 

Avec seulement six buts à sa fiche, Duchene est régulièrement identifié parmi les grands responsables de la saison misérable que connaît toute l’organisation.

Il aurait été facile pour lui de se pousser de tout ça. Il a plutôt choisi d’affronter toutes les questions pointues et difficiles.

« Vous avez l’impression que des nuages noirs nous suivent partout parce que nous avons mal joué contre les Hawks. Il ne faudrait surtout pas oublier que nous avons joué deux très bons matches juste avant. Les choses se replacent », a-t-il déclaré.

« Personnellement, je me sens de plus en plus confiant. Dernièrement, mes efforts sont récompensés. »

Quelques heures plus tard, Duchene a obtenu deux mentions d’aide de plus, dans un match où les Sénateurs ont battu leurs plus grands rivaux.

On peut dire qu’il a été récompensé.

Sylvain St-Laurent

Pour le meilleur... ou le pire

CHRONIQUE / Ainsi donc, Thomas Chabot se développerait plus rapidement qu’Erik Karlsson. C’est le capitaine des Sénateurs qui l’a dit, mardi matin. Et ce n’était pas la première fois qu’il effectuait une telle affirmation. Faudrait qu’il change de disque.

D’abord, ce n’est pas vrai.

Je ne sais pas exactement ce que Karlsson a retenu de la saison 2009-10, celle où il était âgé de 19 ans.

Moi, dans ma tête, c’est limpide. À cette période de l’année, il avait déjà fait sa place dans le top-4 défensif. Son entraîneur, Cory Clouston, lui faisait régulièrement passer plus de 20 minutes par match sur la patinoire. Il produisait de façon régulière. Il commençait même à prendre le contrôle de certains matches.

Chabot n’est pas rendu là. Il progresse, mais il n’a pas encore atteint ce niveau.

Il joue bien. Il progresse. Mais il n’est pas là.

On devine que Karlsson est animé par les meilleures intentions du monde. À 27 ans, avec deux répliques du trophée Norris sur le manteau de sa cheminée, il se croit prêt à jouer les mentors.

Il aurait décidé de prendre le jeune Chabot sous son aile. C’est bien. Très noble de sa part, même.

Faudrait quand même saupoudrer les compliments avec un peu de retenue.

Erik Karlsson est le meilleur défenseur à caractère offensif de son époque. Chabot pourrait connaître une très belle carrière sans jamais vraiment se rapprocher de lui.

Guy Boucher a d’ailleurs servi un bel exemple, dans sa conférence de presse d’avant-match, mardi. Il a cité Sean Bergenheim, un ailier gauche finlandais qu’il a dirigé pendant une saison, en 2010-11, à Tampa.

Essentiellement, Bergenheim avait déjà été considéré comme l’espoir numéro un des Islanders de New York. Ces derniers avaient finalement décidé de lancer la serviette, au terme de six saisons durant lesquelles il n’avait jamais réussi à répondre aux attentes.

« Nous avons mis des semaines à comprendre ce qui l’empêchait de progresser. Nous avons finalement découvert qu’il n’avait jamais réussi à composer avec la pression qu’on lui avait mis sur les épaules, au tout début de sa carrière, en prédisant qu’il serait le prochain Peter Forsberg. »

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On ne devrait pas trop s’en faire pour Chabot, au fond.

Lors de mes premiers contacts avec lui, j’ai d’abord été impressionné par sa motivation. Sa drive, comme on dit en bon français.

Cette année, son calme, sa maturité, son intelligence sautent aux yeux. Je ne suis pas le seul à le trouver impressionnant.

Je ne sais pas trop si l’expérience avec Karlsson sera concluante.

À une époque pas trop lointaine, un entraîneur n’aurait jamais osé utiliser deux défenseurs à caractère offensif au sein du même duo.

Le hockey change. C’est peut-être la voie de l’avenir.

Karlsson a joué avec à peu près tous les défenseurs gauchers de l’organisation dans la première moitié de la saison. Johnny Oduya et Dion Phaneuf n’ont pas été capables de remplacer adéquatement Marc Méthot. Mark Borowiecki, Freddy Claesson et Ben Harpur, non plus.

Chabot ne peut certainement pas faire pire que certains d’entre eux.

Le Beauceron, avec son calme habituel, a très bien résumé les choses, mardi. « On est quand même deux joueurs intelligents. Si je vois Erik se joindre à l’attaque, je ne vais pas le suivre. Je vais rester en retrait. Je suis convaincu qu’il fera la même chose dans le cas contraire. »

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Mark Borowiecki a pu atteindre la LNH parce qu’il adore le hockey et qu’il est prêt à tout pour jouer.

Il a également eu assez de jugement pour comprendre que son talent limité. Il lui fallait apprendre à jouer d’une certaine manière pour durer.

« Jugement » est ici un mot très important.

Borowiecki est prêt à revenir de sa plus récente commotion cérébrale. On a installé une visière teintée sur son casque.

Je déteste ces visières. Elles m’inspirent les pires craintes.

Si le cerveau de Borowiecki a toujours du mal à s’adapter aux lumières très brillantes et puissantes qui éclairent la surface glacée, que se passera-t-il quand il encaissera un coup de coude, un coup d’épaule, un coup de poing ?

Sylvain St-Laurent

Couture, le joueur-clé à San Jose

CHRONIQUE / Les Sharks de San Jose ont subi trois revers consécutifs avant d’entamer leur pause obligatoire de cinq jours. Même s’ils ont récolté deux petits points sur une possibilité de six, leurs dirigeants devaient être (un peu) satisfaits par la tournure des événements.

Logan Couture a livré deux excellentes performances, vendredi et dimanche, à Ottawa comme à Winnipeg.

Face aux Sénateurs, il a récolté trois mentions d’aide.

Contre les excellents Jets, il a marqué l’unique but de sa troupe.

Couture a subi une commotion cérébrale juste avant les Fêtes.

« Avec les commotions, on ne sait jamais », note l’entraîneur-chef Peter DeBoer.

On ne sait jamais combien de temps un joueur blessé devra patienter avant de se débarrasser complètement des symptômes qui l’affligent. « On ne sait pas non plus comment le joueur blessé réagira lors de son retour au jeu », dit DeBoer.

Couture, plus que jamais, s’avère le joueur-clé à San Jose.

Les Sharks n’obtiennent pas toujours l’attention qu’ils méritent à l’échelle nationale. Il est souvent facile d’oublier qu’ils ont raté les séries seulement deux fois dans les deux dernières décennies.

Cette saison, rien n’est acquis.

Les Golden Knights de Vegas et les Kings de Los Angeles semblent se détacher, au sommet du classement de la division Pacifique. Les autres formations se battent pour la troisième place. Au moment de s’accorder leur pause, les Sharks s’y accrochaient de peine et de misère, avec une petite avance d’un point sur les Ducks d’Anaheim.

Sans Couture, ils n’ont aucune chance d’y parvenir.

Un peu à l’image de son équipe, l’attaquant de 28 ans n’a pas toujours l’attention qu’il mérite.

Hockey Canada reconnaît son immense talent. Il faisait partie de l’équipe qui a remporté la Coupe du monde, en septembre 2016. Il aurait sans aucun doute obtenu son ticket pour la Corée du Sud, si les joueurs de la LNH avaient obtenu le droit de participer aux Jeux olympiques de PyeongChang.

Les coéquipiers de Couture savent à quel point il est bon.

« Coutz, c’est vraiment un gros morceau du casse-tête. Il est un joueur tout simplement incroyable. Il peut jouer dans toutes les situations. Il marque de gros buts, mais il sait aussi utiliser son bâton quand vient le temps de remplir des missions défensives », note le défenseur Brenden Dillon, qui évolue à ses côtés depuis presque quatre ans.

Couture a été blanchi dans les trois matches qui ont suivi son retour au jeu. « Ce n’était qu’une simple question de temps. On savait tous qu’il finirait par recommencer à noircir la feuille de pointage », commente Dillon.

« Il a recommencé à bien jouer assez rapidement à la suite de son retour, même si les points n’étaient pas nécessairement au rendez-vous. Il a recommencé à produire lors de son passage à Ottawa. Ça tombe bien. Cette ville occupe une place de choix, dans son coeur, puisqu’il a évolué dans les rangs juniors ici », indique DeBoer.

La pause de cinq jours devrait faire du bien à Couture, qui n’aime pas trop les excuses.

« Certains joueurs vont dire qu’ils ont besoin de trois ou quatre parties pour se remettre à fonctionner au retour d’une blessure. Ça peut devenir une béquille pour expliquer de simples contre-performances », dit-il.

« Il est vrai, par contre, que le synchronisme peut être affecté. On peut patiner en solo pendant des heures. Rien ne remplace l’intensité d’une vraie partie. »

Sylvain St-Laurent

Batherson dans les traces de Stone

CHRONIQUE / J’étais convaincu que Mark Stone détenait un record non homologué. Selon un document qui avait défilé sous mes yeux, il avait été le premier (et seul) espoir des Sénateurs à marquer sept buts dans une édition du Championnat mondial junior.

Il a réussi cet exploit en 2012.

On a tôt fait de me corriger.

André Petersson, un attaquant suédois très doué, mais pas trop travaillant, en a marqué huit deux années auparavant.

Ça ne change vraiment pas grand-chose à mon histoire.

Marquer autant de buts dans cette compétition annuelle, c’est un méchant bel exploit.

Drake Batherson peut être fier de ce qu’il vient d’accomplir.

En fait, il peut être fier, tout court. Plus son histoire s’écrit devant nos yeux, plus elle nous semble intéressante.

Il n’a pas été repêché dans la LNH à sa première année d’éligibilité, en 2016. Personne ne lui a vraiment accordé d’importance lorsque les Sénateurs l’ont réclamé avec leur choix de quatrième ronde, un an plus tard.

Il n’a eu qu’à passer trois petites semaines à Kanata, vers la fin de l’été, pour nous prouver qu’il possédait un certain potentiel.

Lorsque les dirigeants d’Équipe Canada Junior ont finalisé leur formation en prévision du Championnat mondial, le 15 décembre, ils n’étaient pas convaincus qu’ils pouvaient faire une place à cet éternel négligé. Un membre du comité de sélection a fini par faire entendre raison aux autres. L’équipe ne pouvait simplement pas se passer d’un travailleur aussi acharné.

En quelques jours, Batherson a réussi à convaincre le pays au complet de son talent.

Il a même réussi à se gagner des fans dans le vestiaire des Sénateurs, ce qui pourrait lui être fort utile pour la suite des événements.

« Il n’est pas facile de marquer des buts dans un tournoi comme celui-là. Les joueurs qui y participent sont en train de découvrir le sens du mot ‘pression’. Il est particulièrement difficile de marquer des buts dans les matches où on fait face à l’élimination. Drake a réussi un tour du chapeau en demi-finale, contre les Tchèques. C’est une bonne nouvelle pour nous tous », notait Stone, vendredi.

Pour un jeune joueur qui aspire à se tailler un poste chez les Sénateurs, l’appui de Stone n’est pas négligeable. En cette période trouble, il se comporte de plus en plus comme le véritable leader de sa formation.

Batherson n’a pas uniquement impressionné ses futurs coéquipiers durant son passage remarqué à Buffalo. J’ai cru comprendre que les doutes que certaines membres de la direction pouvaient entretenir à son sujet ont été, en grande partie, dissipés.

Le kid était déjà considéré comme un joueur rapide à la fin de l’été. Son coup de patin se serait encore amélioré.

Ce que tout cela signifie ? Pas grand-chose, malheureusement.

Quand il se réveillera, samedi matin, il sera toujours un adolescent de 19 ans. Il devra mettre le cap vers la couronne nord de Montréal, où il devra continuer à faire ses preuves en se mesurant à d’autres gars de son âge. On oubliera très vite ses buts marqués avec Équipe Canada s’il ne parvient pas à s’imposer avec son nouveau club dans la LHJMQ, l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Ainsi va la vie.

Après son passage au CMJ, en 2012, Stone a complété sa saison en force, récoltant 123 points en 66 parties dans la LHOuest.

Batherson devra continuer à aiguiser sa patience, par la suite.

Stone a passé deux longues saisons à Binghamton avant d’être accueilli à Ottawa. Et encore. Il a été obligé de commencer dans un quatrième trio. Comme bien d’autres avant lui.

Batherson devra vraisemblablement faire comme lui.

Sylvain St-Laurent

Pourtant, tout va si bien à Tampa Bay...

CHRONIQUE / N’importe quel partisan des Sénateurs pourrait se claquer une dépression, à trop étudier les statistiques compilées par la LNH durant le mois de décembre.

L’équipe a présenté la deuxième pire attaque de toute la ligue. Et encore. Elle a sans doute réussi à devancer les Coyotes de l’Arizona parce qu’ils ont joué deux matches de moins qu’eux.

Elle a présenté la troisième pire moyenne défensive. À ce chapitre, seuls les Islanders de New York et les Canucks de Vancouver ont fait pire.

On ne parlera même pas des unités spéciales.

Tout le monde sait que les Sénateurs ne font rien de bon à ce chapitre.

On pourrait cependant revenir sur la déprimante question des assistances. Ça fait un petit bout de temps qu’on a parlé des ennuis aux guichets.

Juste pour vous dire. L’organisation n’a pas été capable de faire salle comble lors des matches présentés les 29 et 30 décembre derniers. Historiquement, les parties disputées durant les Fêtes étaient toujours celles qui causaient le moins de soucis aux responsables de ventes. Des centaines de jeunes fans trouvaient, année après année, des billets dans leurs bas de Noël. Les autres sièges vides étaient rapidement remplis par les jeunes qui étaient de passage en ville pour prendre part au plus gros tournoi de hockey mineur de la région, la Coupe Capitale.

Mais bon. Cette année, ce fut différent. En 2017, pas de salle comble.

Ça laisse présager le pire pour les mois qui s’en viennent. Kanata sera toujours aussi loin du centre-ville, cet hiver. Il fera froid, cet hiver. Les Sénateurs sont déjà écartés de la course aux séries. Ça pourrait être laid.

***

Je pensais un peu à ça, juste avant Noël, quand j’ai suivi les Sénateurs dans leur dernier voyage en Floride. Je regardais les gradins se remplir, avant le match du 21 décembre à Tampa.

Ce soir-là, le Lightning s’est produit à guichets fermés pour une 126e fois d’affilée.

La séquence s’est poursuivie, depuis.

Ottawa et Tampa ont fait leurs débuts dans la LNH en même temps, à l’automne 1992. Un quart de siècle plus tard, l’équipe canadienne éprouve des difficultés aux guichets. La franchise qui s’est installée dans un marché non-traditionnel, loin de l’hiver, fait aujourd’hui l’envie d’à peu près tout le monde dans la LNH.

Qui l’eut cru ?

Je pensais à ça, dans la galerie de la presse, en jetant un coup d’œil au Amalie Arena.

Les Sénateurs ont inauguré leur Palladium durant l’hiver 1996. Le Lightning s’est installé dans son amphithéâtre, environ huit mois plus tard.

De nos jours, on dirait que le Centre Canadian Tire a 10 ans de plus. Les rénovations qui ont été apportées au fil des ans donnent sans doute aux fans l’impression qu’ils n’assistent pas au même spectacle qu’il y a 10 ans.

Ça coûte cher, entretenir un building.

Je pensais à ça en regardant le plus gros tableau indicateur de toute la LNH et les animations, fort réussies, qui y sont diffusées. Ça m’a rappelé qu’à Ottawa, les responsables de l’animation sont souvent obligés de diffuser les mêmes vidéos plus d’une fois dans une soirée.

Les Sénateurs, selon ce qu’on comprend, possèdent une des plus petites équipes de production de toute la LNH. Les moyens des employés sont limités.

Ça coûte cher, de la main d’œuvre.

Ça peut représenter un bon investissement.

Le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk, s’est branché sur Twitter pour souhaiter de Joyeuses Fêtes aux partisans, durant les Fêtes. La réponse des internautes nous laisse croire qu’il aura du mal à se faire pardonner.

Sylvain St-Laurent

Trois questions à Éric Landry

CHRONIQUE / Éric Landry m’avait bien prévenu. Il avait environ huit minutes à me consacrer, mercredi matin. Il était prêt à me recevoir à son bureau entre la fin de l’entraînement sur glace des Olympiques et le début d’une séance de vidéo.

Je l’ai donc abordé de front. Comment fait-on, Éric, pour gagner dans la LHJMQ ?

« Il faut travailler fort », m’a-t-il répondu le plus simplement du monde.

Pour être franc, je m’attendais à quelque chose du genre.

J’ai donc enchaîné avec une question un tout petit peu plus pointue. Comment fait-on, alors, pour gagner 10 matches de suite ?

Là, je me suis dit que Landry devrait y mettre un peu d’effort. Il ne suffit pas de « travailler fort » pour connaître une séquence semblable à celle que son équipe vient de connaître. Si c’était aussi simple, tout le monde le ferait.

Il m’a répondu qu’il faut travailler fort.

« Chaque soir », a-t-il précisé, un peu inutilement.

« C’est difficile ! Ce n’est pas évident de réunir 20 gars qui, chaque soir, sont prêts à travailler fort et à tout donner pour faire avancer la cause de l’équipe. Ici, nous avons été capables de le faire. Depuis le début de l’année, nous travaillons là-dessus. Nous travaillons à développer la bonne identité d’équipe, en insistant sur les éléments qui sont les plus importants à nos yeux. Durant notre séquence de 10 victoires, nos priorités étaient à la bonne place. Nos résultats ont été à la hauteur des efforts que nous avons fournis », a-t-il rapidement précisé.

Il était environ 10 h, en ce mercredi 3 janvier. J’ai osé ma première question niaiseuse en 2018.

Des joueurs d’impact, des joueurs de grand talent, c’est vraiment important ?

Les Olympiques ont récolté 27 points sur une possibilité de 32 dans les 16 matches qui ont suivi la transaction dans laquelle ils ont sacrifié Vitalii Abramov. Ils ont continué de gagner, comme si de rien n’était, quand ils ont laissé partir Mitchell Balmas.

Landry est un gars intelligent. Il a compris le véritable sens de ma question.

On sait tous qu’il est plus facile de gagner avec des joueurs doués.

« En même temps, tous les joueurs qui font partie de notre équipe ont déjà été, à d’autres moments de leurs vies, les meilleurs de leurs équipes. Certains l’ont été dans leurs années de hockey mineur, d’autres ont brillé dans la ligue midget AAA... »

« Je crois fermement que tous nos joueurs sont capables de nous aider. Ils possèdent tous un élément, quelque part, qui leur a permis d’atteindre la LHJMQ. Il suffit d’aller chercher cet élément pour les emmener à produire. Quand je parle de produire, je ne parle pas nécessairement de points. Je parle de faire des choses avec, et sans la rondelle, pour aider l’équipe. »

***

J’ai recommencé à fréquenter le Vieux-Bob avec un peu plus de régularité il y a presque deux ans, maintenant. Les gens que je connais qui sont des véritables spécialistes de hockey junior me disent que la LHJMQ demeure une ligue dans laquelle une équipe a besoin de trois ou quatre vedettes pour se maintenir au-dessus de la masse.

J’ai toujours voulu croire, en quelque part, qu’un bon entraîneur est encore plus important.

On parle ici de jeunes athlètes qui sont âgés de 16 à 20 ans. Ils ont encore tout à apprendre.

Dans le contexte, un bon entraîneur peut transformer une équipe moribonde en équipe compétitive et une équipe moyenne en équipe championne.

J’ai aussi envie de croire que Landry a un grand mot à dire dans les récents succès de son équipe.

Il n’est pas trop difficile de lire entre les lignes.

Il dit qu’il n’est pas facile d’emmener 20 joueurs à travailler ensemble dans la poursuite d’un objectif commun. C’est un beau défi pour un groupe d’entraîneurs.

Lorsque Landry dit que les joueurs qui resteront à Gatineau possèdent tous un petit quelque chose qui pourra leur permettre d’aider l’équipe, il joue encore une fois les motivateurs. Il prépare en quelque sorte son groupe pour les prochains mois.

Plus le temps passera, plus les victoires seront difficiles à obtenir.

Ce sera un grand défi. Landry en a déjà relevé quelques-uns avec panache durant sa première année dans le rôle de l’entraîneur-chef.

Sylvain St-Laurent

Santé, amour, prospérité et...

CHRONIQUE / Avec la nouvelle année qui débute, il serait facile de régler l’épineuse question des souhaits. On pourrait saupoudrer tout le monde des habituels «santé, amour et prospérité» et ça s’arrêterait là.

Ce serait fort mal nous connaître. Couper les coins ronds, ce n’est pas vraiment dans nos habitudes.

Surtout qu’on peut facilement penser à des tas de gens, dans notre entourage, qui auront besoin d’un peu d’aide en 2018.

• On va commencer par le meilleur athlète en ville. Erik Karlsson deviendra papa dans les prochains mois. On va lui souhaiter que tout se passe bien de ce côté. Sur la patinoire, on va lui souhaiter de se trouver un partenaire régulier pour remplacer Marc Méthot. La stabilité, pour un défenseur de la LNH, c’est important.

• On souhaite à Guy Boucher de conserver son poste, au moins pour les 12 prochains mois. Un entraîneur aussi brillant ne peut pas être l’homme d’un seul système de jeu. Avec une formation légèrement différente et des attentes un peu moins élevées, il mérite la chance qu’il peut se réinventer.

• On souhaite à Pierre Dorion de trouver un peu d’argent, quelque part, pour effectuer quelques embauches. Un ou deux dépisteurs de plus feraient une grosse différence. Ils l’aideraient à remplir son mandat premier, qui consiste à repêcher et développer de bons jeunes joueurs, pour permettre aux Sénateurs de rester un brin compétitifs dans leur minuscule marché.

• On souhaite à Thomas Chabot de faire l’acquisition d’un condominium dans Westboro ou d’une maison de ville à Kanata. Dans un cas comme dans l’autre, il aura obtenu son poste à temps complet dans la LNH.

• Si on s’éloigne un peu de l’ouest de la ville, on peut souhaiter à Arnaud Gascon-Nadon de s’entendre très rapidement avec le Rouge et Noir. Avec la politique «portes ouvertes» de la Ligue canadienne de football, on sait bien que la «French Mafia» d’Ottawa ne sera pas éternelle. Ce serait quand même bien d’en profiter une année de plus.

• Ivanie Blondin, Dustin Cook et une poignée d’autres sportifs d’élite représenteront l’Outaouais et l’est ontarien aux prochains Jeux olympiques. On leur souhaite de n’avoir à penser qu’au sport quand ils seront là-bas. On s’inquiète toujours pour la sécurité des athlètes à l’approche des grands rassemblements internationaux. Toutefois, cette fois, avec la proximité géographique entre PyeongChang et Pyongyang, c’est peut-être justifié.

• Les choses ont l’air de plutôt bien se présenter pour Johanne Demers, Mathieu Toupin et les autres dirigeants des Internationaux de tennis de Gatineau (ITG). On va quand même souhaiter à Félix Auger-Aliassime de connaître une grosse saison. Denis Shapovalov a livré tout un spectacle lors des deux tournois professionnels de l’Outaouais, en 2017. Ce serait génial d’assister, pour une deuxième année consécutive, à l’éclosion d’une future vedette du tennis au Canada.

• On souhaite à Kathy Tremblay de bâtir des partenariats d’affaires solides à Gatineau. L’ancienne olympienne rêve d’animer les rues de sa ville natale en organisant un grand événement de course à pied, chaque année, en mai. La première édition de sa «Classique Outaouais» sera modeste. La réponse du public et l’engagement des commanditaires lui diront à quel point elle pourra se développer et grandir.

• À Sébastien Boucher, on souhaite la santé. La vraie. Puisque Hal Lanier n’est pas pressé de lui céder le fauteuil du gérant, on va espérer que son vieux corps tienne le coup pour qu’il puisse patrouiller le champ centre au parc RCGT durant une autre saison.

• Aux combatifs Olympiques de Gatineau, enfin, on va souhaiter encore un peu de magie. Toujours agréable de voir une équipe Cendrillon accumuler les victoires...

Sylvain St-Laurent

Vendre, oui, avec modération

CHRONIQUE / Je me souviens assez bien d’une soirée, à l’hiver 2013. J’étais coincé dans un bouchon de circulation, quelque part sur l’île de Montréal. J’écoutais l’émission d’avant-match du Canadien, sur les ondes du 98,5 FM, pour faire passer le temps.

Il était question de la désastreuse saison en cours et des inévitables changements qui allaient secouer toute l’organisation quelques mois plus tard. À en croire certains intervenants de la table ronde, personne ne serait épargné.

Dany Dubé participait à l’échange, mais il n’intervenait pas trop souvent. L’éminence grise des médias québécois qui couvrent le sport avait gardé une dernière carte à jouer, à la toute fin.

« Les gars, a-t-il débuté. Et si tout ceci n’était qu’une simple mauvaise saison ? »

Il y a eu silence sur les ondes.

Les autres spécialistes de la station de radio la plus écoutée au Québec n’étaient pas prêts pour une déclaration comme celle-là.

Dany s’est expliqué, calmement, comme toujours. Il a fait comprendre aux autres que, dans la LNH d’aujourd’hui, une foule de facteurs peuvent tirer, momentanément, une équipe potable vers le bas.

Le temps lui a donné raison. L’année suivante, en 2014, le CH a récolté 100 points en saison régulière pour ensuite compléter son parcours en finale de l’Association Est.

J’ai parlé de tout ça avec Dany, il y a une douzaine de jours, lorsqu’il est venu faire un tour en ville pour la Classique 100 de la LNH. Il ne se souvenait pas aussi bien que moi de son intervention pleine de sagesse d’il y a cinq ans.

Il demeure convaincu, par contre, de ce qu’il affirmait à ce moment-là.

De bonnes équipes peuvent, de nos jours, connaître de moins bonnes saisons. Pour une foule de raisons.

Je pense à tout ça quand j’imagine Pierre Dorion, ces jours-ci. Toutes ces rumeurs qui circulent ces jours-ci sont fondées. Son club est pratiquement exclu de la course aux éliminatoires et son propriétaire cherche à économiser quelques dollars. Bien entendu qu’il va chercher à liquider quelques contrats.

Dans ce contexte pas évident, on lui suggère quand même de tempérer ses ardeurs.

Son noyau de joueurs a démontré de grandes choses, l’an dernier. Il ne faudrait pas, dans un coup de tête, se départir de ceux qui pourraient continuer d’aider l’équipe dans les prochaines années.

Au fond, Dorion et Guy Boucher n’ont pas besoin d’attendre que le marché des transactions s’anime pour préparer l’avenir.

Je l’écris depuis des mois. Je ne changerai pas d’idée. Le château de cartes des Sénateurs a commencé à s’écrouler lorsque Marc Méthot a quitté lors du repêchage d’expansion.

L’an dernier, ils misaient sur deux duos défensifs capables de surveiller les meilleurs attaquants adverses. Dans la première moitié de la nouvelle saison, toute cette pression est retombée sur les épaules du tandem Phaneuf-Ceci. On a tôt fait de comprendre que c’était trop pour eux.

Pour cette unique raison, cette équipe n’a plus les moyens de se priver de Thomas Chabot. Elle devrait lui donner le droit de se dénicher un pied-à-terre à Ottawa au plus vite.

Oui, dans le court terme, Chabot va commettre des gaffes. Certains soirs, ces gaffes coûteront cher.

Quand il apprendra de ces gaffes, il deviendra — fort probablement — le défenseur de calibre « top 4 » dont cette équipe a cruellement besoin.

J’aurais presque tendance à placer Ben Harpur dans le même panier.

En début de saison, Guy Boucher salivait devant la « grande profondeur » de sa brigade défensive.

Plus le temps passe, et plus on se rend compte que l’organisation compte en ses rangs plusieurs futurs défenseurs de soutien.

Dans la banque d’espoirs, après Chabot, Harpur est peut-être le seul qui pourra, un jour, passer plus de 20 minutes par match sur la glace. Pour savoir s’il possède vraiment ce potentiel, il faudra le faire jouer.

Pour tous les autres espoirs, je pense qu’on pourrait y aller au mérite. Faire jouer ceux qui alignent les bonnes performances. Filip Chlapik, par exemple, s’est bien débrouillé contre Columbus. Il devrait, normalement, avoir la chance de jouer à nouveau contre les Bruins de Boston.