Chronique LNH

Marchessault de mauvais poil

CHRONIQUE / Sur papier, Jonathan Marchessault est possiblement le seul joueur des Golden Knights de Vegas qui connaît un bon début de saison.

Meilleur marqueur de l’équipe, avec une récolte de 15 points en 18 parties, il produit sensiblement au même rythme que l’an dernier.

Sylvain St-Laurent

Allouer moins de tirs, quelques pistes de solutions

CHRONIQUE / C’était un bon match pour une jeune formation qui a beaucoup de choses à prouver.

Le principal problème des Sénateurs, depuis le début de la saison, est assez facile à identifier. Il s’agit, bien entendu, du filet de Craig Anderson qui se fait bombarder de lancers, soir après soir.

Ils occupaient jeudi matin le 31e rang dans la LNH. Ils avaient alloué, en moyenne, 39,1 tirs à leurs 15 premières parties.

Rien ne nous laisse croire que les choses s’améliorent.

Et, si ça continue comme ça, ils pourraient fort bien établir un record dont ils ne seront pas très fiers.

En 2014-15, les Sabres de Buffalo ont concédé, en moyenne, 35 tirs par match à leurs adversaires.

C’est la marque que personne ne veut battre.

C’était un bon match pour une équipe qui voulait se racheter. Anderson a fait face à 53 lancers, le 28 octobre, à Vegas.

Ce jeudi, les Golden Knights ont lancé 42 fois. Tirez vos propres conclusions.

Guy Boucher prône la patience. Dès que le sujet fait surface, en conférence de presse, il s’empresse de rappeler qu’il mise sur la brigade défensive la moins expérimentée de toute la ligue. Ça cause naturellement des problèmes dans la couverture homme pour homme, à un contre un. Il n’y a pas de raccourcis à prendre, selon lui. Il faut attendre.

Anderson est un bon soldat, lui aussi. Avec son air impassible, il jure qu’il est capable d’en prendre. Lancez, lancez... Je ferai les arrêts.

Lui aussi, semble croire qu’il faut se montrer patient envers les jeunes défenseurs en début de carrière.

C’est là que Mark Borowiecki entre en scène.

Personne, dans le vestiaire, n’est aussi habile que lui quand vient le temps de vulgariser le sport. Alors qu’il s’apprêtait à reprendre sa place dans la formation, après avoir été suspendu, puis blessé, je lui a demandé s’il n’y avait pas moyen d’accélérer un peu le processus.

« Il ne faut pas se raconter d’histoires. Il faut suivre le processus », a-t-il commencé.

Sylvain St-Laurent

Chabot sait se faire pardonner

CHRONIQUE / Me donnez-vous le droit de pondre une autre chronique sur le Ubergate ? Je sais. Avec les stations de radio d’Ottawa qui en parlent sans arrêt depuis 48 heures, on a l’impression que tout a été dit.

Il me reste juste un petit quelque chose à partager.

Quand j’ai regardé la vidéo pour la toute première fois, lundi soir, j’ai tout de suite identifié Thomas Chabot, assis derrière le chauffeur, au centre. Quand j’ai compris de quoi il s’agissait, je me suis mis à souhaiter qu’il se la ferme.

De grâce, rends-toi service, Thomas. Ne te joins pas à cette discussion. Laisse les vétérans dire toutes les inepties qui leur passent par la tête. De grâce, ne tombe pas dans ce piège.

Pendant un bout de temps, j’ai cru que Chabot aurait la sagesse de se taire.

Après quelques minutes, il a fini par lâcher un petit commentaire. Rien de bien grave ou de trop incriminant. Il en a juste assez dit pour avoir à s’excuser, mercredi.

Il ne devrait pas avoir trop de misère à se faire pardonner. Pour plusieurs raisons.

Il serait plutôt facile d’oublier, quand on le regarde, qu’il est un gamin. Il effectuait à la fin du mois d’octobre son 15e voyage en tant que hockeyeur professionnel. Il fait encore partie des petits nouveaux. Il est en train de trouver sa place dans son équipe, comme dans la ligue. Il cherche forcément, jusqu’à un certain point, à se faire accepter.

On va surtout oublier cet épisode très rapidement en raison de la façon dont il a rebondi.

Les Sénateurs ont infligé une correction aux Devils du New Jersey, mardi, parce que leurs piliers se sont levés.

Mark Stone a obtenu cinq points. Pas de surprise, ici. On s’attend à ce type de performances de la part du capitaine officieux de l’équipe, dans des moments tendus.

Matt Duchene a été complice de trois buts. Encore une fois, il ne faut vraiment s’étonner. Le talent lui sort par les oreilles. Son expérience doit lui être fort utile, aussi, quand il a des choses à se faire pardonner.

Chabot a presque autant de talent que son centre numéro un, mais il a environ 600 matches de moins au compteur.

S’il a éprouvé des problèmes de confiance, s’il a vécu avec un certain sentiment de culpabilité, il n’a certainement rien traîné sur la glace.

Il a été le joueur le plus utilisé par son entraîneur. Il a été responsable de presque 25 % des tirs au but – neuf sur 42 – de son équipe. Avec une feinte dont on se souviendra longtemps, il a sorti Nico Hischier de ses patins.

Il a marqué un but et obtenu trois passes.

Le genre de performance rassurante, pour une organisation qui est de plus en plus convaincue d’avoir déniché son nouveau défenseur numéro un.

Avec tout ce qui se passait, le calepin était un peu trop plein, mardi. Je voulais vous parler un peu de Christian Jaros. J’ai manqué d’espace.

Il fallait voir les yeux de Guy Boucher s’illuminer quand on lui a parlé de son jeune défenseur slovaque.

«C’est clair qu’il fait une job exceptionnelle. Nous avons besoin d’un gars qui est premier sur la rondelle, qui frappe, qui a de l’intensité, de l’enthousiasme. En plus, il est une superbe personne», a-t-il insisté.

«Moi, je projette que, dans un avenir assez rapproché, il sera capable de jouer contre les premières lignes», a-t-il ajouté.

On ne sait pas trop ce que l’entraîneur-chef entend par «avenir assez rapproché». On imagine que ça pourrait être une question de mois.

La courbe de progression des joueurs de moins de 23 ans peut être très prononcée.

Dieu sait, qu’en ce moment, les Sénateurs ont besoin de défenseurs capables d’affronter les meilleurs éléments adverses.

Sénateurs

Entraîneurs sous pression

CHRONIQUE / Dans leurs interactions avec les médias, tous les entraîneurs ont leurs béquilles. Ils ont tous des trucs qu’ils aiment répéter ad nauseam quand ils répondent aux questions des journalistes.

Celle de Guy Boucher ?

Sylvain St-Laurent

Mille fois Jason Pominville

CHRONIQUE – À TRAVERS LA LNH / On répète constamment que la Ligue nationale se rajeunit. Jason Pominville doit être bien conscient de cette réalité, mais il choisit de l’ignorer.

Ou de s’en foutre, carrément.

Sylvain St-Laurent

De l’aide... et ça presse !

CHRONIQUE / Le mois dernier, je vous disais que les Sénateurs ont une (minuscule) chance de participer aux séries éliminatoires, ce printemps. Je vous disais, surtout, que tous leurs espoirs reposaient sur les épaules de leur gardien de buts numéro un, Craig Anderson.

Vous me donnez le droit de reprendre cette dernière affirmation ?

Sylvain St-Laurent

Entre Nicolet et Greenville...

CHRONIQUE / Une recrue ne veut jamais rater son début de saison. Une recrue, par définition, c’est anxieux. Ça brûle d’envie de sauter sur la glace, ça veut faire ses preuves. Une recrue c’est impatient de réaliser son rêve.

Dans le monde de l’arbitrage, Julien Fournier est une recrue. Pour la première fois, cet automne, il travaillera à temps complet comme juge de lignes dans les ligues mineures du hockey professionnel.

Sylvain St-Laurent

Une simple victime de son époque

CHRONIQUE / Il ne faut pas oublier ce que Gerard Gallant a dit, immédiatement après le match, dimanche soir.

« Je ne crois pas que Mark Borowiecki visait nécessairement la tête de Cody Eakin. La rondelle est simplement arrivée au moment où il cherchait à s’imposer physiquement. Les arbitres n’ont pas pris une mauvaise décision en l’envoyant au banc des pénalités, à ce moment-là. Mais je ne pense pas qu’il cherchait délibérément à blesser un adversaire sur le jeu. »

Il s’agit d’une déclaration très importante.

Gallant, l’entraîneur-chef des Golden Knights de Vegas, venait de perdre un de ses plus fiables plombiers. Eakin a subi une blessure à la suite de la collision qui est survenue en fin de première période. On devine qu’il s’agit d’une commotion cérébrale.

À chaud, il était quand même capable de faire la part des choses.

Pour s’assurer d’être bien compris, il a pris le temps de résumer sa pensée dans une deuxième déclaration.

« Borowiecki est un dur, a-t-il rappelé. Avec sa dernière mise en échec, il a atteint un adversaire à la tête. Je ne crois pas que c’était son intention. »

***

Les commentaires de Gallant m’ont rassuré.

J’avais vu les choses du même œil. Le problème, c’est que je ne me fiais pas entièrement à mon jugement.

Je côtoie Borowiecki sur une base presque quotidienne depuis une dizaine d’années, maintenant. Assez longtemps pour me forger une opinion très favorable de l’individu.

Borowiecki est un bon gars. Un vrai. Gentil, affable, et généreux de son temps avec tous les gens qui se retrouvent sur son chemin.

J’ai bien du mal à imaginer qu’un homme aussi respectueux à l’extérieur de la glace puisse se transformer en chasseur de têtes une fois ses patins lacés.

Rude ? Borowiecki l’est assurément. Agressif ? Très souvent. Vicieux ? Ça ne me rentre tout simplement pas dans la tête.

D’ailleurs, un dernier mot sur Gerard Gallant. Avant d’être le coach souriant qu’on connaît aujourd’hui, il fut d’abord un ailier gauche capable de marquer des buts. Les plus vieux se souviendront de sa courte, mais productive carrière. Il a connu quatre saisons consécutives de plus de 30 buts à Détroit pour deux raisons. Il faut reconnaître qu’il jouait avec un des meilleurs fabricants de jeux de l’histoire. Il faut cependant lui rendre ce qui lui revient. Il n’a jamais eu peur d’encaisser un double-échec pour défendre son droit de fréquenter les zones payantes sur la patinoire.

On parle ici de la fin des années 1980. À l’époque, les arbitres étaient bien plus tolérants. Et les bâtons de bois faisaient mal.

Bref, Gallant sait reconnaître un coup salaud quand il en voit un.

***

Borowiecki aura certainement besoin de soutien dans les prochaines semaines. On pourra discuter longuement de la mince ligne sur laquelle il marche. La réalité, c’est qu’il vient d’être suspendu pour une deuxième fois cette saison. La saison n’est même pas vieille d’un mois.

La première fois, le préfet de discipline George Parros lui a fait rater un match. Cette fois, il doit passer trois parties dans les gradins et renoncer à 44 000 $ US.

S’il fallait qu’il commette une autre faute...

On peut facilement s’imaginer que Parros se montrerait encore plus sévère la troisième fois.

On se demandait à quoi ressemblerait Borowiecki, l’an dernier, quand il est revenu au jeu après avoir soigné sa plus récente commotion cérébrale.

Il a maintenant une deuxième raison de se remettre en question.

Or, Borowiecki n’a pas les moyens de changer quoi que ce soit à sa façon de jouer. Le jour où il hésitera, sur la patinoire, sera le jour où il sera dans le pétrin.

Sylvain St-Laurent

Les Maple Leafs vont bien s’en tirer

CHRONIQUE – À TRAVERS LA LNH / Malgré son très jeune âge, Auston Matthews semble très bien comprendre ce qui se passe autour de lui.

Il fallait le voir, samedi soir, rentrer au banc après avoir encaissé une dure mise en échec du défenseur des Jets de Winnipeg Jason Trouba.

Sylvain St-Laurent

Une sénatrice pour les jeunes

CHRONIQUE / Ce n’est pas parce que c’est légal, que c’est banal.

Le projet de loi sur la légalisation du cannabis a posé un véritable problème à Chantal Petitclerc.

La jeune sénatrice a toujours été en faveur de la décriminalisation.

La légalisation ? Ça commandait une réflexion plus longue, plus sérieuse.

On sent toujours, chez elle, un certain malaise.

« Je suis une athlète », rappelle la dame, en plein cœur d’une longue conversation qui se déroule dans son bureau, sur la rue Wellington, juste en face du parlement.

Elle a remporté une vingtaine de médailles paralympiques, durant une brillante carrière où elle a détenu des records mondiaux sur 100, 200, 400, 800 et 1500 mètres.

Le mot « athlète » semble presque un peu faible, pour la définir.