Une trentaine de personnes ont manifesté devant le 334 de la rue Montfort, lundi matin.

S.O.S. (rue) Montfort

CHRONIQUE / Les deux dames voulaient me rencontrer lundi matin pour me parler du 334, rue Montfort, une propriété voisine de la leur dans le secteur Vanier.

Le 334, Montfort se trouve directement à l’arrière du motel Concorde, qui lui est situé au 333 du chemin de Montréal, l’artère parallèle à la rue Montfort. Et lorsque l’Armée du Salut construira son méga centre de 350 lits (61 lits de plus que l’Hôpital Montfort) sur le site du 333 chemin Montréal, une entrée pour accéder à ce centre sera aménagée sur le terrain du 334, rue Montfort.

Et au diable la quiétude de cette rue ! Le va-et-vient des véhicules et des passants sur la rue Montfort pourrait devenir cauchemardesque pour les résidents et propriétaires des maisons situées sur cette rue paisible. D’ailleurs, quatre résidences du pâté de maisons directement touché ont déjà une affiche « À vendre » plantée sur leur pelouse. Question de vendre, je devine, au cas où la valeur de leur propriété chuterait après l’arrivée du centre multifonctionnel de l’Armée du Salut.

J’allais donc rencontrer ces deux Vaniéroises pour qu’elles m’expliquent, au-dessus d’un café chaud, tous les problèmes que pourrait engendrer la construction de ce centre dans leur cour. Littéralement dans leur cour. Avec une entrée construite pratiquement sur leur terrain pour accéder à cette cour.

Mais il n’y avait pas de café chaud. Et les deux dames n’étaient pas seules. Celles-ci avaient averti leur « gang » du passage d’un journaliste du Droit, lundi matin.

La « gang », c’est le mouvement populaire S.O.S. Vanier. Et ils étaient un peu plus d’une trentaine de personnes à manifester, pancartes en main, devant le 334 de la rue Montfort, hier matin.

Il n’y a pas à dire, ces gens ne lâcheront jamais le morceau. Il faut vraiment avoir le courage de ses convictions pour tenir une manifestation impromptue et mobiliser une trentaine de personnes par un froid lundi matin enneigé. Il faut réellement croire à sa cause. Et Dieu sait que ces gens y croient.

Régis Girard s’est arrêté pour manifester quelques minutes avant de poursuivre sa route pour le boulot.

« Je tenais à être ici, a-t-il dit. J’habite de l’autre côté de la rue (du 334 Montfort) et ce sera l’enfer ici lorsque ce centre sera ouvert. On voit les usagers de l’Armée du Salut dans le marché By. On les voit flâner sur la rue à longueur de journée devant le centre là-bas. Or, c’est maintenant ici, sur la rue Montfort, que tout ça va se passer. C’est ici qu’ils vont venir fumer et se piquer. Ils n’iront pas sur le chemin de Montréal où ils seront à la vue de tous. Ils vont venir sur la rue ici, qui est beaucoup plus tranquille. Et c’est nous, les résidents de cette rue, qui en paieront le prix. »

Henry McCambridge croit pour sa part que la quiétude des personnes âgées qui habitent la rue Montfort disparaîtra.

« Il y a une résidence pour personnes âgées à deux pas d’ici, dit-il en pointant du doigt l’édifice d’une dizaine d’étages. Près de 300 personnes y habitent. La cour où ces résidents vont s’assoir l’été donne sur la rue Montfort. Ces aînés n’oseront même plus sortir. Ces pauvres gens viennent ici pour finir leurs jours en paix, et voilà ce qu’on leur offre. C’est déplorable. »

Et pour Ann Coffey, une autre résidente du coin, les Vaniérois qui habitent la rue Montfort et les rues avoisinantes auront bientôt droit à trois années de cauchemar. « On dit que l’entrée qui sera construite sur Montfort sera pour le personnel de l’Armée du Salut et les véhicules d’urgence, a-t-elle dit. Mais cette entrée servira aussi aux nombreux camions et véhicules lourds qui circuleront toute la journée pendant la construction de ce centre. Et ça prendra au moins trois ans à construire cet endroit. Imaginez l’enfer que nous vivrons durant ces trois années. Et c’est sans parler de ce qui nous attend une fois la construction terminée. »

À souligner que la maison située au 334 de la rue Montfort aurait été vendue en 2012 au propriétaire du motel Concorde, soit le même homme qui a vendu son motel et son terrain à l’Armée du Salut. Une coïncidence, sûrement...