Vous pouvez décider de fabriquer vous-mêmes vos emballages réutilisables à base de coton bio et de cire d’abeille, ou encore vous en procurer en magasin ou auprès d’artisans talentueux, comme Anne Painchaud-Ouellette à La Fabrique de Sherbrooke.

De quoi s’emballer

CHRONIQUE / Vous l’avez sûrement vu, c’est un classique du début des années 90, (bon, j’y vais un peu fort avec le « classique », j’avoue) mais si ce n’est pas le cas, je vous invite à visionner Le secret est dans la sauce, version française de Fried Green Tomatoes.

Je ne rentre pas dans les détails, mais il y a dans ce film une scène où le personnage d’Evelyn Couch, interprété par Kathy Bates, se confectionne pour rallumer la flamme de son couple une robe de pellicule plastique, aussi appelée film étirable, mais qu’on nomme tous par la marque d’une compagnie bien prospère.

Bref, imaginez que votre bien-aimé.e vous ouvre la porte joliment vêtu.e d’une robe chic et sexy en pellicule plastique alimentaire.

Chaque fois que j’en utilisais (pas pour m’habiller, juste pour mettre des restes de table au frigo) je pensais inévitablement à cette scène, à Kathy Bates, puis à Kathy Bates dans Misery, à Kathy Bates en train de péter les chevilles de James Caan à grands coups de masse.

Re-bref, je faisais un lien direct entre la pellicule plastique et des chevilles pétées à coups de masse.

C’est fou le subconscient des fois, hein?

Mais t’sais, soyons ésotériques deux minutes, les images du continent de plastique et de l’ampleur de la pollution des océans par les matières plastiques, ça fait pas mal l’effet de coups de masse dans les chevilles, non?

C’est comme ça donc qu’à un certain moment, dans ma petite maison dans la prairie, on est arrivé au bout du rouleau de pellicule alimentaire et qu’on n’en a juste pas racheté.

On n’en a plus racheté, mais pendant quelques semaines, réflexe et conditionnement, aussitôt que j’avais un petit reste de table à caser ou que je m’enlignais pour le premier pointage de mon pain, j’étirais la main vers le tiroir à tite-pellicule.

Pas de tite-pellicule. Petit grattage de tête et de méninges.

Fallait trouver des alternatives, et vite.

Facile de remplacer pour le pointage du pain la pellicule par un linge à vaisselle humide. Pas trop compliqué non plus de mettre une assiette en équilibre sur un bol quand on range de la soupe au frigo.

Et une certaine réserve de plats avec couvercles assortis, ça permet de gérer pas mal d’affaires quand on revient de l’épicerie (ou quand on y va, si vous êtes déjà dans une démarche zéro déchet) ou que la visite sacre son camp sans avoir vidé les plats.

Oui, mais il finit toujours par en manquer, des plats, me direz-vous, sans compter que c’est assez coûteux et que les couvercles, quand ils ne fendillent pas de partout, ben c’est comme les bas, ça disparaît.

Alors?

Alors de un, on a sous la main une panoplie de pots Mason qui servent bien sûr pour les conserves d’automne, mais aussi pour les achats en vrac (on en reparlera) et pour la mise au frigo ou au garde-manger de ce qu’il y a en trop.

Pas de Mason à la maison? Pas grave. Ce que vous avez sous la main, ça fait la job. Le pot de moutarde ou de confiture ou de pickles est terminé? C’est bien de le mettre au recyclage, mais vous pouvez aussi le mettre à l’ouvrage. 

Ça peut assurément garder au frais et au sec vos noix, vos dattes, vos flocons d’avoine et vos rêves les plus fous, mais ça peut aussi très bien vous permettre de trimballer votre potage, votre chili et votre bonne humeur légendaire au bureau.

Quoi d’autre? L’emballage réutilisable à base de coton bio et de cire d’abeille, vous en avez entendu parler tout plein, c’est certain, on en trouve de plus en plus en magasin et vous pouvez aussi assez facilement vous en fabriquer à la maison. Ça prend, vous vous en doutez, du coton, de la cire d’abeille, un four et un peu d’amour.

Mais bon, avant de vous lancer dans la fabrication, ça vaut la peine de l’essayer, ça vient en différentes dimensions, c’est assez malléable, ça s’entretient au savon doux, loin des grosses chaleurs de l’eau et du micro-ondes.

Et c’est réutilisable pendant des mois pour emballer vos fruits et légumes, vos sandwichs, vos muffins, vos restes de dinde de Noël, de tofu géant et vos enfants si vous ne trouvez plus leur tuque et leurs mitaines.

Sur ce, joyeux chrismas, bonnes bouffes, belle répartition des restes et, si vous croisez Kathy Bates, prudence.