Pour que Jean-Gabriel Pageau devienne capitaine des Sénateurs, il faudrait d’abord que Mark Stone s’en aille.

Si Mark Stone quitte Ottawa...

CHRONIQUE / «If Stone isn’t going to be here, they should name the little French guy captain.»

Il était environ 23 h, mercredi, quand ce bref texto a fait vibrer mon téléphone. Un bon contact professionnel, un gars qui connaît bien la LNH, était en train de regarder le match opposant les Sénateurs, à Anaheim.

Le type a raison.

Le «little French guy», Jean-Gabriel Pageau, vient d’effectuer un retour au jeu après neuf mois d’absence.

À son premier match, il a marqué gros but contre les Hurricanes de la Caroline. À son deuxième match, sur la route face aux Ducks, il a tout naturellement glissé dans le rôle du centre numéro un. Il a remporté 80 % de ses mises en jeu et décoché quatre tirs au but.

Pageau est, clairement, un modèle de détermination. Personne ne pourra jamais remettre en question son courage ou sa passion pour le jeu.

Le type qui m’a écrit soulève surtout, en quelques mots, une grosse question.

Pour que Pageau devienne capitaine des Sénateurs, il faudrait d’abord que Mark Stone s’en aille.

Il faudra bien commencer à faire face à cette réalité. Chaque jour qui passe nous rapproche un peu - ou beaucoup - de cette triste possibilité.

Stone a tout fait pour nous laisser croire qu’il prolongera son association avec les Sénateurs.

À la seconde où Erik Karlsson est monté dans son avion vers San Jose, il a pris le plein contrôle de l’équipe. Il est devenu le leader que doivent suivre tous les jeunes.

Si les noms de Brady Tkachuk et Colin White circulent, quand on parle des candidats au trophée Calder, c’est un peu (non, beaucoup) grâce à lui.

White n’aurait pas marqué son deuxième but gagnant en carrière, mercredi contre les Ducks, si Stone ne lui avait pas servi une passe parfaite en prolongation.

Stone n’a pas raté sa chance de célébrer la fin de cette gênante séquence de huit revers consécutifs.

Il a célébré avec enthousiasme toutes les petites réussites des Sénateurs, cette saison.

Un autre membre de l’aile jeunesse, Thomas Chabot, l’a résumé mieux que quiconque, juste avant la pause de Noël. «Quand il marque un but, on a l’impression que toute l’équipe vient de gagner la coupe Stanley.»

À l’extérieur de la patinoire, Stone a tout fait correctement. Ce n’est pas mêlant. Sans même porter le «C» une seule fois, on peut presque déjà lui décerner le titre de deuxième meilleur capitaine de l’histoire de l’organisation.

Stone a tout fait pour nous laisser croire qu’il veut rester. Mais Stone se laisse désirer. Nous entamerons bientôt la troisième semaine du mois de janvier. Ça lui a laissé amplement le temps de poser toutes ses questions. Il doit connaître sa valeur aux yeux de l’organisation. Il doit avoir une bonne idée du contrat qu’il peut obtenir à Ottawa.

Il ne faudrait surtout pas que Stone reçoive, et rejette, une offre alléchante.

Ce serait catastrophique. Ça voudrait dire que les Sénateurs, plutôt que de se relever d’une année difficile, continuent de s’enliser.

Dans les années passées, malgré les défis uniques de l’organisation, Ottawa était une ville où les joueurs voulaient rester.

Karlsson n’a pas été le seul à jurer qu’Ottawa serait son domicile permanent. Kyle Turris et Marc Méthot ont aussi quitté à regret.

S’il fallait que Stone quitte, on pourrait croire que le lien de confiance entre les joueurs et la direction s’effrite. Ce serait une catastrophe.

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J’ai le goût de vous dire ma déception face à la décision de Radio-Canada de ne pas commander une deuxième saison à l’excellente série Demain des hommes.

Il y a longtemps que je n’avais pas autant savouré une série québécoise. C’était de la télé de qualité.

Il paraît qu’on peut espérer.

J’ai lu, quelque part sur le Web, un fan qui évoquait le souvenir de Série noire.

En 2014, la société d’État avait décidé de tourner le dos à cette série comédie dramatique après une dizaine d’épisodes parce que les cotes d’écoute n’étaient pas satisfaisantes. La réaction de milliers de fans sur Internet a finalement convaincu le diffuseur d’en présenter une dizaine d’autres.

Si les amateurs de hockey junior et de télévision de qualité veulent connaître la suite des aventures du coach Meunier, ils n’ont qu’à se manifester.