Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Pierre-Luc Dubois
Pierre-Luc Dubois

Si Dubois est disponible...

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Ainsi donc, Pierre-Luc Dubois n’est plus heureux à Columbus.

Il serait prêt à envisager la vie, avec un autre maillot sur le dos.

C’est un pas pire sujet, pour commencer 2021. Si on se fie au cancan des réseaux sociaux, c’est la nouvelle - ou la rumeur - qui a le plus fait rêver les partisans des Sénateurs, dans les dernières heures.

Si Dubois doit absolument déménager, pourquoi ne pas lui faire une place, ici, chez nous?

Franchement, l’idée n’est pas mauvaise.

Dubois est un centre numéro un.

Les Sénateurs ont plein de joueurs prometteurs, mais ils n’ont pas de futur centre numéro un.

Bon. Dans sa visioconférence de la semaine dernière, Pierre Dorion a bien essayé de nous convaincre que Tim Stützle pourrait, un jour, occuper cet important rôle. «Il a beaucoup de qualités qui pourraient lui permettre de connaître une belle carrière au centre», a-t-il commencé, avant de vanter sa capacité à «conserver la rondelle sur son bâton».

D’autres spécialistes, convaincus du grand talent de l’Allemand, persistent à croire qu’il serait plus efficace sur le flanc gauche.

Dubois et Stützle, quand on y pense, pourraient former un duo de rêve.

Et rêver, ça ne coûte rien.

À condition de garder les deux pieds sur terre.

Dubois appartient toujours aux Blue Jackets.

Ses dernières négociations contractuelles n’ont pas été faciles. Elles lui ont peut-être laissé un goût amer dans la bouche. À la fin du processus, il a quand même décidé d’apposer sa griffe au bas d’un contrat de deux ans.

Le directeur général à Columbus, Jarmo Kekäläinen, dispose de 18 mois pour essayer de réparer les pots cassés.

Mes «espions» à Columbus sont convaincus qu’il va réussir.

Kekäläinen a commis un ou deux faux pas en s’imaginant qu’il tenait le gros bout du bâton, dans ses récentes négociations. Éventuellement, il va comprendre qu’il a davantage besoin de Dubois que Dubois a besoin de lui.

Mes espions me disent aussi que Dubois est bon.

Très bon.

Meilleur qu’on pense.

Dubois est tellement bon, en fait, qu’il ne semble pas lui-même connaître l’ampleur de son potentiel.

On me décrit un jeune homme posé et discret, mais très compétitif. Le type de joueur que personne ne peut arrêter, quand il se met un objectif en tête.

On me décrit un jeune homme très fier et orgueilleux.

On me parle, par exemple, d’un mémorable match disputé sous la bulle estivale de Toronto.

C’était le crucial match numéro trois, dans le premier tour éliminatoire qui opposait les Jackets aux Maple Leafs.

Les deux équipes devaient absolument remporter ce match et ça regardait plutôt mal pour Columbus. À mi-chemin dans le match, ils tiraient de l’arrière par trois buts.

John Tortorella, entraîneur de la vieille école, a fait ce que faisaient les entraîneurs d’une autre époque quand ils manquaient de temps et d’options: Il a pété un câble.

Il a ciblé Dubois, mais le building était vide. Tout le monde l’a bien entendu.

Dubois a répondu, pendant le reste du match, sur la patinoire. Dans une de ses premières présences, par la suite, il a marqué le premier but des Jackets. À mi-chemin, en troisième, il a marqué le but qui a permis de créer l’égalité. Il a complété sa journée de travail - et son tour du chapeau - en prolongation.

On peut aimer - ou pas - la personnalité de Tortorella.

On ne peut cependant nier que ses méthodes lui ont donné de bons résultats, au fil des ans.

Il gagne sa vie dans la Ligue nationale de hockey depuis maintenant 30 ans. Personne ne survit aussi longtemps, dans un monde aussi compétitif, sans être très compétent.

Tortorella sait par exemple que les joueurs d’aujourd’hui ont souvent besoin d’être chouchoutés. Ils préfèrent le gant de velours à la main de fer.

Tortorella a compris que Dubois est différent. Il est capable de répondre, quand on l’interpelle directement.

C’est une fichue belle qualité, chez un centre numéro un.

N’importe quel directeur général aimerait construire son attaque autour d’un gars comme ça.

Rêver à Dubois, ça ne coûte rien.

On n’oubliera pas que les dirigeants des Blue Jackets ont 18 mois pour trouver une façon de s’entendre avec lui. S’il est fâché, en ce moment, il aura amplement le temps de décolérer.

Si jamais Dubois se retrouve officiellement sur le marché des transactions, les Sénateurs auront de la compétition. Le téléphone de Jarmo Kekäläinen risque de sonner plusieurs fois par jour.

On imagine par exemple qu’un certain club rival, à l’autre bout de l’autoroute 417, ne voudrait pas rater l’opportunité de mettre la main sur une jeune vedette francophone.

Dans son travail de démolition, Pierre Dorion a fait le plein de munitions. Ses nombreux joueurs prometteurs et les choix de repêchage qu’il détient devraient lui permettre de rivaliser avec n’importe qui.

À condition, bien entendu, que Dubois l’intéresse.

Et Dubois devrait l’intéresser.