On saura bientôt si ce fameux « statut particulier » en éducation octroyé à l’Outaouais par le gouvernement Couillard est autre chose que de belles paroles.

Sérieux, les libéraux ?

CHRONIQUE / On saura bientôt si ce fameux « statut particulier » en éducation octroyé à l’Outaouais par le gouvernement Couillard est autre chose que de belles paroles.

Le recteur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Denis Harrisson, ne parle pas la langue de bois. Et on sait rapidement à quoi s’en tenir avec lui.

En rencontre éditoriale avec LeDroit, il a clairement indiqué qu’il souhaitait voir le gouvernement du Québec se compromettre financièrement en faveur de son projet de campus unifié qui passe notamment par la construction d’un nouveau pavillon de 47,5 millions, sur le boulevard Taché.

À la veille d’élections provinciales à l’issue incertaine, le recteur Harrisson se fait d’ailleurs pressant. « Je veux être dans le bilan de ce gouvernement-là, et non pas dans les promesses du prochain », insiste-t-il, dans une sortie qui met beaucoup de pression sur le gouvernement Couillard et sur les députés libéraux de l’Outaouais.

Ce n’est pas d’hier que l’UQO caresse le projet d’unifier ses activités sur un seul et même campus. Voilà déjà quelques années qu’on veut fermer le vieux pavillon Lucien-Brault et rapatrier l’ensemble des activités universitaires sur le campus du boulevard Alexandre-Taché.

Vous vous en souvenez sans doute, le fédéral a refusé en décembre 2016 de financer sa part d’un premier projet de consolidation de l’UQO. L’affaire avait fait grand bruit. L’UQO n’avait pas reçu une seule cenne. Alors que du côté d’Ottawa, presque toutes les institutions d’enseignement collégial et universitaire avaient reçu de l’argent du même programme. Québec n’était pas content, et les députés provinciaux de l’Outaouais ont gardé un goût amer de cet épisode.

Puis l’UQO a présenté un autre projet de consolidation  à Québec. Il consiste en l’ajout d’un nouveau pavillon de 47,5 millions à ses installations du boulevard Taché. On y rapatrierait les cours donnés à Lucien-Brault, en plus d’y aménager une bibliothèque universitaire.

Selon le montage financier à l’étude, Québec allongerait 25 millions pour cette phase 1. Le reste de l’argent proviendrait de l’UQO — par le biais de sa fondation et de prêts hypothécaires, par exemple. Et le fédéral ? Québec aurait maintenant décidé de faire sans lui, échaudé par la déconvenue de décembre 2016. Si Ottawa décide d’embarquer en cours de route, tant mieux, Québec ne dira pas non aux subsides fédéraux.

Maintenant, est-ce qu’on aura droit à une annonce avant le déclenchement des élections provinciales au Québec ? Chose certaine, les libéraux ont une belle occasion de démontrer leur sérieux quant au statut particulier en éducation de l’Outaouais.

C’est que le nouveau pavillon accueillerait aussi, dans une deuxième phase, les nouveaux programmes de formation en santé associés à la future faculté de médecine de l’Outaouais dont l’ouverture est prévue en 2020.

On parle ici de programmes en kinésiologie de la santé, pharmacie, nutrition, ergothérapie, physiothérapie… Tant qu’à être si bien parti, on songe aussi à des programmes en santé mentale, psychologie, administration de la santé ou en santé sexuelle. Les idées ne manquent pas.

L’UQO aura besoin d’argent, non seulement pour construire le nouveau pavillon, mais aussi pour développer ces nouveaux programmes. Ils lui permettront de faire face à la concurrence des universités et collèges ontariens, tout en formant une main-d’œuvre dont l’Outaouais a cruellement besoin.

Jointe à Québec, la députée de Hull, Maryse Gaudreault, a tenu à rassurer le recteur. Le projet de consolidation du campus de l’UQO fait l’objet d’un suivi très serré de la part du bureau de la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David.

« J’espère qu’on pourra lancer ensemble le projet avant le prochain rendez-vous électoral », a dit Mme Gaudreault en réaction aux propos du recteur.

À mon avis, il faut s’attendre à une annonce officielle au cours des prochains mois.