Sébastien Pierroz

Le gel des embauches de Doug Ford

Les mandats des nouveaux chefs de gouvernement commencent souvent par des mesures symboliques fortes. Preuve avec l’ultime décision du premier ministre désigné, Doug Ford, la semaine dernière : le gel des embauches dans la fonction publique. Le gel des embauches de Doug Ford

En gros, il n’est désormais plus possible pour tout ministère ou organisme gouvernemental de recruter à l’externe. Le tout s’applique pendant une période indéterminée. Quelques exceptions tout de même : les travailleurs de première ligne, comme les infirmières, les pompiers et les agents correctionnels.

Fidèle à son crédo de trouver des « efficacités », M. Ford l’affirme haut et fort : son équipe prendra le temps l’éplucher les comptes gouvernementaux. Un exercice en somme long et fastidieux. 

L’absence d’une annonce quant au nombre de fonctionnaires coupés ou non remplacés laisse croire qu’il ne s’agira que d’une mesure temporaire. Quelques semaines, au pire quelques mois…

À la volonté de vérification des finances publiques s’ajoute un argument idéologique profond. Celui de faire des « efficacités » à tout prix. La promesse de Doug Ford de n’abolir aucun emploi serait donc un leurre. 

Sur le terrain, la situation n’est pas la meilleure pour les employés de la fonction publique ontarienne. D’abord, le gel des embauches représente un casse-tête juridique et administratif. Comment comprendre les subtilités du « mémo » envoyé par le nouveau gouvernement ? Quelle marge de flexibilité dans ce règlement ou encore comment justifier une embauche d’urgence ?

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.

Sébastien Pierroz

La première semaine de Doug Ford

CHRONIQUE — COLLABORATION SPÉCIALE / Officiellement, il faudra attendre le 29 juin pour que Doug Ford devienne le 26e premier ministre de l’Ontario. En attendant, le chef du Parti progressiste-conservateur n’a pas voulu perdre de temps. Objectif pour lui : marquer d’entrée les esprits.

Sur l’épineux dossier de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), le premier ministre désigné a même fait plutôt bonne figure, jeudi dernier.

Aux côtés de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, M. Ford a apporté son soutien au gouvernement fédéral. Le chef du Parti PC n’avait pas hésité la veille à s’asseoir avec des représentants des industries de l’acier et de l’auto.

Au milieu de ces gages de bonne volonté, M. Ford a tout de même officialisé le retrait de l’Ontario du marché du carbone. Un revirement attendu, mais assez fracassant pour ce qui reste l’un des principaux héritages du gouvernement Wynne. 

Toujours sur le dossier de l’environnement, Doug Ford promet de ne pas se laisser imposer par le gouvernement fédéral la taxe sur le carbone. Fidèle à son aversion pour les impôts, le premier ministre désigné promet ainsi plus d’argent dans les poches des contribuables. 

En réalité, il y’a peu de chances que cette première grosse mesure du gouvernement élu soit contestée. La campagne électorale a démontré l’intérêt encore bien trop faible des Ontariens pour les questions environnementales. L’idée que cette taxe comprend bel et bien un aspect redistributif pour enrayer la dépendance du charbon et du pétrole reste assez méconnue.

En revanche, Doug Ford devrait connaître un automne plus animé. Ses autres promesses de campagne comme rouvrir le débat sur le curriculum d’éducation sexuelle, ou encore s’opposer au salaire minimum à 15 $ l’heure, pourraient mettre le feu aux poudres. Son refus d’accorder ce 15 $ l’heure en janvier 2019 a d’ailleurs provoqué une première manifestation devant le ministère du Travail, cette fin de semaine. 

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.

Sébastien Pierroz

Les libéraux au purgatoire

CHRONIQUE / Depuis jeudi soir, l’Ontario est officiellement entrée dans l’ère de la Ford Nation. Une victoire plus large qu’attendu, qui place les libéraux en mauvaise posture pour les quatre prochaines années.

Car les troupes de Kathleen Wynne ont traversé les quatre semaines de campagne comme une ombre. Avec sept sièges obtenus à Queen’s Park, le parti égale même son score catastrophique de 1951. Plus grave : faute d’avoir obtenu huit députés, le statut officiel de parti est perdu.

Ce coup dur donnera moins de visibilité aux libéraux. Cela se traduira par moins de financement pour du personnel de soutien. C’est aussi un temps de parole réduit pour eux à l’Assemblée législative et moins de présence aux différents comités. Jusqu’aux prochaines élections en 2022, le Nouveau Parti démocratique (NPD) sera pratiquement l’unique voix de l’opposition audible.

Les libéraux sont-ils dès lors voués à disparaître ? Bien sûr que non. Cette mésaventure est déjà arrivée à bien des partis. Du côté de Queen’s Park, les néo-démocrates avaient eux aussi perdu leur statut de parti officiel en 2003.  

Au niveau fédéral, les deux élus obtenus par le Parti progressiste-conservateur en 1993 sonnaient alors comme une fin. Treize ans plus tard et sous une autre forme, le parti est pourtant revenu au pouvoir. Dans ces deux cas, on voit que le chemin du retour est une affaire de plus d’une législature. 

Dans leur malheur, les libéraux peuvent aussi se consoler avec l’expérience de ces sept élus. Six d’entre eux ont déjà été ministres. Kathleen Wynne, bien qu’elle ait démissionné de son poste de chef, siègera encore au moins quelque temps. La transition politique pourrait être moins ardue.

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.

Sébastien Pierroz

Dernier droit avant le jour des élections

CHRONIQUE / Nous y sommes. Jeudi soir, les Ontariens connaîtront le nom de leurs députés. Les quatre semaines de campagne, marquées par la remontée du Nouveau Parti démocratique (NPD) et la chute des libéraux, promettent une soirée surprenante.

Parti en pole position dans les sondages, le Parti progressiste-conservateur (Parti PC) reste le favori. Doug Ford et son équipe peuvent même espérer former un gouvernement majoritaire, en partie grâce à l’appui de la couronne de Toronto, « le fameux 905 ».

Le Parti PC a-t-il réussi sa campagne ? Oui, d’une certaine manière. Dans les milieux ruraux, son souhait de réduire le prix de l’essence de 10 cents le litre sonne bien souvent juste. Il n’a pas fait les erreurs de son prédécesseur, Tim Hudak, lors des élections de 2011 et 2014. Pas de phrases maladroites ni de coupures annoncées. 

Mais sa volonté de baisses d’impôts, ajoutée à des investissements, sans parler de coupures justement, suscite beaucoup de méfiance chez les électeurs. Un constat encore plus vrai à l’extérieur de Toronto, loin des terres de la Ford Nation. À défaut de n’avoir pas rebuté la majorité des Ontariens, Doug Ford et son slogan « For the people » n’ont pas encore convaincu totalement.

De son côté, Andrea Horwath s’apprête à sortir comme la grande gagnante de cette campagne. Reste à voir si ce momentum se matérialisera dans les urnes. La cinquantaine de sièges que lui prédisent les sondages pourraient lui offrir au mieux le pouvoir, au pire une influence renforcée à Queen’s Park. Dans tous les cas, le NPD devrait doubler son nombre de sièges. 

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.