Sébastien Pierroz

Rentrée particulière pour les Franco-Ontariens

CHRONIQUE / TORONTO — Après les élèves de la région d’Ottawa la semaine dernière, c’est au tour de ceux du Grand Toronto et du Nord de revenir sur les bancs d’école. Les indicateurs sont même au vert pour la majorité des conseils francophones, dont le nombre d’élèves croît année après année.

Si l’on ajoute les bons résultats des élèves au test de l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE) dévoilés la semaine dernière, ou encore la nouvelle école temporaire du côté de Kingston, tout semble se diriger vers une rentrée sous les meilleurs auspices. 

Le hic, c’est que les écoles francophones sont aujourd’hui victimes de leur succès. Car depuis 2013, plus de 100 000 élèves s’y rendent chaque matin. Les établissements de langue française représentent  environ 10 % de toutes les écoles de la province, contre seulement 8 % il y a quinze ans. 

Sur le terrain, il devient de plus en plus difficile d’embaucher des enseignants francophones. Un défi dont Ottawa est relativement épargné, mais qui se pose avec acuité dans les régions plus éloignées. 

Pour certains conseils, il faut bien souvent piocher dans la banque des enseignants suppléants pour combler les trous, quand ce n’est pas engager des non-diplômés. 

La raison principale invoquée par les organismes reste la baisse du nombre de postes disponibles, conjuguée au passage d’un à deux ans du programme de formation des enseignants. Conséquence : moins de francophones se précipiteraient pour embrasser une carrière d’enseignant.

Pour lire dans son intégralité l'analyse de Sébastien Pierroz, rédacteur en chef et journaliste pour la production #ONfr du Groupe Média TFO, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.

Sébastien Pierroz

Doug Ford à toute vitesse à Queen’s Park

CHRONIQUE / Rarement un gouvernement élu n’a voulu donner l’impression d’agir aussi vite. Le premier ministre, Doug Ford, et son équipe ont mené tambour-battant les cinq semaines de la « session d’été » à Queen’s Park. Au nom du slogan « promesses faites, promesses tenues », le nouveau gouvernement a depuis mi-juillet mis en place ses promesses électorales.

Retrait du marché carbone, abolition du programme d’éducation sexuelle, ou encore la bière à un dollar, M. Ford a fait vite. Quitte à surprendre ses opposants et les observateurs politiques.

Dès son élection le 7 juin, le chef progressiste-conservateur a voulu montrer qu’il était un homme d’action et de parole. Objectif : mettre en scène la rupture avec ses prédécesseurs libéraux soi-disant mous et si éloignés de leurs électeurs. Force est d’admettre que sur la forme, M. Ford a réussi ses débuts. 

Mais sur le fond, le premier bilan des débats à Queen’s Park est plus contrasté. Parmi les bons coups, citons quand même la fin du monopole de la Régie des alcools de l’Ontario sur la vente de cannabis. L’idée que cette vente soit confiée au secteur privé a été saluée par beaucoup comme une décision équilibrée, le tout dans la lignée de ce qui est déjà fait pour la cigarette, et dans certaines régions, pour l’alcool et la bière. Logique donc.

Mais d’autres secteurs sont d’ores et déjà sacrifiés pour permettre des « efficacités » économiques. C’est le cas de l’environnement avec le retrait du marché du carbone et la volonté de mettre fin à la taxe sur le carbone. Dans son style anti-élitiste, M. Ford entend ainsi lutter contre le fardeau fiscal. Sauf que le retrait des termes « Changements climatiques » du titre de ministre de l’Environnement et l’annulation des subventions pour les autos électriques prouvent que le gouvernement n’est pas très vert.

Plus inquiétant : l’adoption d’une loi réduisant le conseil municipal de Toronto de 47 à 25 élus. Ce régime minceur permettra d’économiser 25 millions de dollars pour le gouvernement. Reste que les élus torontois n’ont pas le don d’ubiquité. Et que la proximité avec les électeurs, semble-t-il si chère à Doug Ford, s’en trouve malmenée.

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.

Sébastien Pierroz

Le style Johnson un an après son élection

CHRONIQUE / Techniquement, il est le porte-voix des francophones en milieu minoritaire. Jean Johnson n’est d’ailleurs pas de ceux qui aiment se taire. Il y a quelques semaines, il a célébré son premier anniversaire à la tête de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA).

Jean Johnson n’avait pourtant pas reçu un blanc-seing de la part des organismes membres, le 10 juin 2017. Celui qui était alors président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) l’emportait par une seule voix sur la présidente sortante, Sylviane Lanthier. Un scénario qui était loin d’être prévisible.

Sébastien Pierroz

Un des défis de l’AFO

CHRONIQUE / Candidat déclaré pour un second mandat à la tête de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin a du pain sur la planche. Mais ce n’est pas seulement sa relation avec le nouveau gouvernement et les leaders francophones que le président sortant devra travailler.

Si depuis sa création en 2005, l’AFO a globalement établi de bonnes relations avec la « vieille garde » franco-ontarienne, et les plus jeunes militants à l’instar de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), le contact reste encore bien difficile avec les minorités raciales ethnoculturelles francophones. Un terme un peu fourre-tout qui désigne les communautés franco-ontariennes originaires du Maghreb, de l’Afrique noire ou encore de l’Asie. 

Lorsqu’il faut parler de l’AFO, ces représentants ne sont pas tendres : manque de légitimité, de crédibilité, organisme « colonial » qui ne sert pas leurs intérêts. Autant de qualificatifs, souvent accusatoires, entendus lors des quatre consultations menées par l’AFO auprès de ces minorités raciales, au début de l’été.

Peu importe le ton, Carol Jolin, et le directeur général Peter Hominuk, ne peuvent pas ignorer ces demandes. Derrière la France, premier pays d’immigration francophone en Ontario, vient ensuite le Congo, mais aussi le Cameroun, Djibouti, le Maroc et l’Algérie. 

L’AFO n’a pas lésiné sur les moyens pour les satisfaire. Mais la mise en place de deux sièges de représentation sur son conseil d’administration spécifiques aux « communautés des minorités raciales et ethnoculturelles francophones » n’a pas éteint l’incendie.

Comment expliquer ces tensions ? Les choses n’avancent pas assez vite. À Ottawa, le Café Franco-Présence, destiné à la culture africaine, a fermé ses portes en 2012. Le projet d’une Maison de l’Afrique évoqué quelque temps n’a jamais vu le jour. À Toronto, les choses coincent aussi. L’Auberge francophone, dédiée à l’intégration de ces mêmes minorités, n’aurait pas les reins assez solides, faute de subventions gouvernementales suffisantes. 

Le hic, c’est que les représentants de ces minorités ne sont jamais parvenus à s’entendre et à s’afficher comme un bloc fort, capable d’influencer les élus, quitte à s’affranchir de cette tutelle de l’AFO jugée dérangeante. Depuis sa création, des querelles internes ont miné l’Union Provinciale des Minorités Raciales Ethnoculturelles Francophone de l’Ontario (UP-MREF), leur organisme porte-parole. Conséquence : le groupe est désormais affaibli.  

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.