Sébastien Pierroz

Minuit moins une pour l’Université de l’Ontario français

CHRONIQUE / Le couperet devait tomber sur l’Université de l’Ontario français le 15 janvier. C’était en tout cas la date décrétée par le gouvernement progressiste-conservateur après le « jeudi noir ». Sauf que Dyane Adam a quelque peu vendu la mèche avant l’heure en fin de semaine dernière.

Dans les colonnes du journal Le Droit, la présidente du conseil de gouvernance de l’UOF a assuré qu’une annonce pour la survie de l’institution était imminente.

Sébastien Pierroz

La «résistance» conservatrice

CHRONIQUE / Certaines unes et couvertures font plus parler que d’autres. Début novembre, la couverture du magazine Maclean’s intitulée pour le coup Résistance montrait le chef conservateur Andrew Scheer entouré de quatre homologues provinciaux, l’Ontarien Doug Ford, le Manitobain Brian Pallister, l’Albertain Jason Kenney et le Saskatchewanais Scott Moe.

Cette résistance, c’était avant tout contre la taxe carbone de Justin Trudeau, l’impôt de trop pour ces chefs conservateurs. Ironie du sort, et similarité du choix des mots, c’est pourtant une autre « résistance » qui s’est érigée contre le premier ministre ontarien, Doug Ford, quelques jours plus tard. Celle de la résistance franco-ontarienne à la suite des compressions aux services en français.

Sébastien Pierroz

Tout sera à rebâtir pour les Francos en 2019

CHRONIQUE / En 2017, le crépuscule du gouvernement libéral de Kathleen Wynne avait correspondu à quelques avancées pour les Franco-Ontariens. Reconnaissance du statut bilingue de la Ville d’Ottawa, feu vert définitif pour l’Université de l’Ontario français, ou encore l’engagement de nouvelles subventions pour les organismes, les francophones en avaient pour leur bonbon.

Stratégie électoraliste ? Sensibilité du gouvernement aux causes francophones ? Probablement un peu des deux. Autant de bonnes intentions qui arrivaient un chouia trop tard, laissant planer une ombre sur ces nouveaux financements promis en cas d’arrivée au pouvoir d’un nouveau parti politique.

Le couperet est finalement tombé le 15 novembre dernier. Dans son énoncé économique, le nouveau gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford annulait le projet de l’Université de l’Ontario français, et tout aussi grave, supprimait le poste de commissaire aux services en français de François Boileau. 

En quelques heures, les Franco-Ontariens rangeaient leur aspiration pour une refonte de la Loi sur les services en français, une immigration plus massive, pour se concentrer sur la sauvegarde de leurs propres acquis. Une situation ubuesque et jamais vue depuis la fermeture annoncée de l’Hôpital Montfort en 1997.

Les premiers cinq mois de collaboration entre les progressistes-conservateurs et les militants francophones avaient jusque-là étaient relativement neutres. L’engagement répété du gouvernement le 23 juillet sous forme de communiqué pour une université de langue française apparaissait alors comme un gage de sérieux. À la déception, s’est donc ajouté pour les Franco-Ontariens un sentiment légitime de trahison.

C’est dans ces conditions qu’à la veille du premier jour de l’année 2019, une relation de confiance est à rebâtir avec le gouvernement Ford. Face au premier ministre dont les décisions contestables sont adoubées par la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, il faudra s’armer de fermeté, mais aussi de patience et de persuasion. 

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.

Sébastien Pierroz

Queen’s Park: digne d’un roman

CHRONIQUE / Il y a un an jour pour jour, le 24 décembre 2017, Patrick Brown s’apprêtait encore à passer un temps des fêtes bien tranquille. Dans les sondages, l’ancien chef du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) disposait d’une avance confortable sur la première ministre de l’époque, Kathleen Wynne. Queen’s Park lui était plus que jamais promis. Les néo-démocrates, eux, restaient loin derrière, condamnés à un naufrage aux élections de juin.

Douze mois plus tard, ce scénario a volé en éclats. Doug Ford est maintenant chef du Parti progressiste-conservateur et aux commandes de l’Ontario. Avec le slogan « For the people » déclamé en toutes circonstances, il gouverne même avec une large majorité. Les néo-démocrates, première force d’opposition, sont revenus à leur plus grand nombre de députés depuis 1990. Avec sept élus, les libéraux ne sont plus qu’une peau de chagrin. À cela s’est ajoutée la présence d’un premier député vert en la personne de Mike Schreiner.