Sébastien Pierroz

Division et confusion dans la francophonie

CHRONIQUE / Au moment de prendre son stylo le 2 juillet dernier, Carol Jolin ne se doutait pas qu’une simple signature ferait couler autant d’encre. Les interrogations sur le protocole d’entente entre son association, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), et le groupe représentant les anglophones au Québec ne se sont pas dissipées. Au contraire.

Geste courageux et nécessaire pour les uns, mauvais calcul et folie pour les autres, cette alliance de l’AFO avec la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) mais surtout l’organisme porte-parole des Anglo-Québécois, le Quebec Community Groups Network (QCGN), ne passe vraiment pas. 

Le but est a priori noble : l’avancement et la protection des droits linguistiques.

Sébastien Pierroz

L’AFO a raté son coup

CHRONIQUE / En règle générale, les prises de position de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) suscitent plus ou moins le consensus. Mais l’organisme peut aussi déplaire, voire recevoir plus le pot que les fleurs.

La semaine dernière, l’entente formée par l’AFO avec la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et le Quebec Community Groups Network (QCGN) pour « l’avancement et la protection des droits linguistiques » a provoqué des réactions très vives, surtout de la part de Québécois francophones.

Sébastien Pierroz

Pourquoi Mulroney donne une chance à l’UOF

CHRONIQUE / Caroline Mulroney fêtait cette fin de semaine son premier anniversaire à titre de ministre des Affaires francophones de l’Ontario. Un an, c’est aussi le temps qu’il lui aura fallu pour dire un oui plus marqué au projet d’Université de l’Ontario français (UOF).

La petite phrase est lourde de sens. 

Dans une lettre écrite à la ministre fédérale de la Francophonie Mélanie Joly, Caroline Mulroney et son homologue de la Formation et des Collèges et Universités, Ross Romano, se sont dits enfin prêts à discuter de l’éventualité d’une université franco-ontarienne.

« Nous serons heureux d’entamer un dialogue constructif avec vous. » 

En somme, une entente de principe devrait être signée, avec à la clé du financement.

Sébastien Pierroz

Objectif relance à tout prix pour Doug Ford

CHRONIQUE / Le 7 juin, Doug Ford célébrait la première année de son élection à la tête de l’Ontario. Mais l’an II du gouvernement progressiste-conservateur a véritablement commencé jeudi dernier.

On s’attendait à ce que Doug Ford change ses ministres, mais pas autant. 

Les rétrogradations de Vic Fedeli, Caroline Mulroney, ou Lisa Thompson montrent l’urgence d’une nouvelle impulsion pour le premier ministre. 

Le départ le lendemain de son chef de cabinet, le controversé Dean French, a donné un peu plus d’ampleur à ce remaniement.

Sébastien Pierroz

Un nouveau coup d’épée dans l’eau

CHRONIQUE / On l’espère, d’autres la promettent. La modernisation de la Loi sur les services en français (LSF) attend toujours. Et malgré le projet de loi présenté il y a quelques jours par la députée Nathalie Des Rosiers, il y a très peu de chances que cette refonte se fasse très bientôt.

Mais qu’a proposé au juste l’élue d’Ottawa-Vanier ? 

Grosso modo, que les règles linguistiques « s’appliquent partout » dans la province, et non aux 26 régions désignées en vertu de la LSF. 

Aussi, l’Assemblée législative, les cours et les tribunaux, les municipalités fonctionneraient dans les deux langues officielles. 

L’offre active dans les bureaux de ServiceOntario deviendrait aussi obligatoire.

Sébastien Pierroz

Le pire a été évité

CHRONIQUE / Les prédictions étaient plutôt sombres au soir du « jeudi noir » le 15 novembre dernier. Les plus pessimistes pariaient sur un lent déclin des institutions francophones sur le point d’être sacrifiées sur l’autel de la rigueur budgétaire promise par Doug Ford. Six mois après, force est d’admettre que le pire a été évité.

La session parlementaire achevée jeudi dernier confirme ce constat de soulagement : les entités de planification des services de santé ont survécu à la réforme ardue du système de santé ontarien présentée en février, le Programme d’appui à la francophonie ontarienne a finalement été maintenu, tandis que Groupe Média TFO a conservé une subvention identique à l’an passé… quand son pendant anglophone TVO était amputé de 2 millions $.

Sébastien Pierroz

Inquiétude dans les conseils scolaires

CHRONIQUE / Pas un fonctionnaire coupé. En pleine campagne des élections provinciales, il y a un an, Doug Ford tentait de rassurer des employés inquiets par sa volonté d’assainir les finances publiques de la province. Le filon était gros.

Lors de la présentation de la réforme de l’éducation en mars, la ministre Lisa Thompson l’avait promis : l’augmentation du nombre d’élèves de 22 à 28 par classe ne devait pas entraîner la suppression de postes du personnel enseignant. 

Ou plutôt des coupes par attrition, comme l’a affirmé la ministre quelques semaines plus tard. 

Une estimation de 3 500 pertes de postes de cette manière était alors annoncée. Là encore, le filon était gros.

Sébastien Pierroz

L’étoile pâlissante d’Andrea Horwath

CHRONIQUE / Il y a un an jour pour jour, Andrea Horwath marchait sur l’eau. En pleine campagne d’une élection promise à Doug Ford, la chef néo-démocrate, radieuse, dynamique, maline, grimpait dans les sondages.

Bien que la victoire ne fût pas au rendez-vous, le Nouveau Parti démocratique (NPD) envoyait 40 députés à Queen’s Park, sa meilleure performance depuis les élections de 1990. 

Devenue chef de l’opposition officielle, la députée de Hamilton-Centre se posait en rempart face au nouveau premier ministre, Doug Ford. Andrea Horwath allait enfin faire parler la poudre, du moins le croyait-on.

Sébastien Pierroz

Départ de Nathalie Des Rosiers : la perte d’une alliée francophone

CHRONIQUE / En novembre 2016, Nathalie Des Rosiers avait fait une entrée fracassante en politique provinciale. Le tout à l’issue d’une élection partielle dans Ottawa-Vanier pour remplacer Madeleine Meilleur. Deux ans et demi plus tard, c’est de la même manière que la députée libérale a annoncé son intention de démissionner.

On le sentait presque venir. 

La confirmation en début de semaine du départ de sa collègue Marie-France Lalonde pour une destinée fédérale cachait le profond malaise du Parti libéral de l’Ontario.

Sébastien Pierroz

La valse-hésitation de Marie-France Lalonde

CHRONIQUE / Ira, ira pas ? Depuis plusieurs jours, les paris sont lancés sur l’avenir de Marie-France Lalonde. La députée d’Ottawa-Orléans a secoué quelque peu Queen’s Park la semaine dernière en dévoilant ses intentions de faire le saut au fédéral.

Explications : Marie-France Lalonde songe briguer l’investiture libérale dans Orléans pour les élections fédérales, l’automne prochain. Le siège sera en effet laissé vacant. Son actuel occupant, Andrew Leslie, élu en 2015, ne sera pas candidat pour un nouveau mandat.

Le tapis rouge semblait déjà déroulé pour l’ancienne ministre des Affaires francophones. Mais Mme Lalonde a nuancé le lendemain, affirmant qu’elle pourrait rester à l’Assemblée législative… pour se lancer dans la course à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario.

Comment comprendre ces hésitations ? Le nœud du problème est sans doute la faiblesse de ce parti. Depuis les dernières élections, la formation politique n’est plus qu’une peau de chagrin, privée de son statut de parti officiel. Réduits à sept députés incluant donc Mme Lalonde, les libéraux connaissent leur plus basse représentation depuis les années 50.

Derrière les jolies formules « aider à garder le comté fédéral rouge », il y a bien sûr l’intérêt stratégique. Marie-France Lalonde sait qu’il sera difficile pour sa formation de remonter la pente à Queen’s Park. Le pouvoir ne se présentera probablement pas à eux lors des élections de 2022. En 2026 peut-être ? C’est très loin.

Et puis, Marie-France Lalonde, 48 ans, reste une mère de famille. Pour les résidents de la région d’Ottawa, une carrière politique à la Chambre des communes demeure une meilleure conciliation vie familiale – vie professionnelle. Un argument d’autant plus pertinent dans cette période de traversée du désert pour sa formation politique.

Par ailleurs, on se doute que le Parti libéral du Canada a conscience du potentiel de Mme Lalonde. Orléans reste une circonscription tiraillée depuis des années entre les conservateurs et les libéraux, tant au provincial qu’au fédéral. Il faut donc une valeur sûre pour vaincre l’adversaire.

Sébastien Pierroz

Provinces plus à droite : mauvais pour les francophones ?

ANALYSE / Les temps changent. En moins d’un an, quatre des dix provinces canadiennes ont pris les habits progressistes-conservateurs. D’abord l’Ontario en juin dernier avec la victoire de Doug Ford, puis le Nouveau-Brunswick trois mois plus tard. Derniers épisodes en date en avril : la victoire attendue de Jason Kenney en Alberta, et celle plus surprise de Dennis King à Île-du-Prince-Édouard.

Difficile de ranger dans le même sac la Coalition avenir Québec (CAQ), aux commandes du Québec depuis cet automne. Reste que dans l’idéologie économique, le parti de François Legault tend plus à droite.

Sébastien Pierroz

Les derniers jours de François Boileau

CHRONIQUE / C’est dans deux jours que l’on va sentir les conséquences des coupures du gouvernement de Doug Ford faites l’automne dernier. Mercredi matin, il n’y aura officiellement plus de commissaire aux services en français en Ontario. Pour François Boileau, son occupant depuis plus de 11 ans, l’heure du départ a sonné.

Ce sont désormais vers les bureaux de l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, que seront acheminés les dossiers du Commissariat. Des « transferts » qui concernent aussi une grande partie des employés de Me Boileau.

Sébastien Pierroz

Bien secondaire, l’environnement

CHRONIQUE / Entre Doug Ford et les partisans de la défense de l’environnement, le courant passe plutôt mal. Élu il y a bientôt un an sur la base du conservatisme fiscal, le premier ministre de l’Ontario ne brille pas par sa conscience écologique.

La semaine dernière, deux événements ont rappelé que l’intérêt du gouvernement progressiste-conservateur est avant tout celui des affaires. 

D’une, le ministre de l’Environnement, Rod Phillips, veut un processus de détermination du statut des espèces moins restrictif. 

En gros, les municipalités et les promoteurs immobiliers pourront maintenant payer pour exploiter des terrains où vivraient des espèces menacées de disparition.

Sébastien Pierroz

Les francophones épargnés?

CHRONIQUE / On l’attendait, on le redoutait surtout. Le budget provincial dévoilé jeudi n’aura pas été dans la lignée du catastrophique énoncé économique du 15 novembre dernier. Cette fois, pas de surprises fracassantes comme la fin de l’autonomie du Commissariat aux services en français et l’arrêt du projet de l’Université de l’Ontario français.

C’est le premier enseignement du document de 382 pages : les francophones sont épargnés par des coupures ciblées. 

La fronde du Canada français à la suite du « Jeudi noir » semble avoir porté ses fruits. 

Reste qu’on peut difficilement lever les mains devant un budget où les mentions à la francophonie se comptent sur les doigts d’une main.

Sébastien Pierroz

Les vraies couleurs de Ford

CHRONIQUE / Rarement un budget provincial n’aura tant fait parler de lui. Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Ford va dévoiler ce jeudi ses priorités budgétaires dans leur ensemble. Un exercice aussi attendu que redouté, tant l’équipe progressiste-conservatrice ne cesse de parler d’économies et de sacrifices.

Car le déficit budgétaire estimé par le gouvernement reste particulièrement élevé. Depuis l’annonce d’un trou de 15 milliards $ en septembre dernier, on ne peut pas dire qu’il y ait eu une amélioration. Aux dernières nouvelles, le ministre des Finances, Vic Fedeli, annonçait un déficit ramené… à 13,5 milliards $.

Sébastien Pierroz

Les quelques bonbons de Caroline Mulroney

CHRONIQUE / Depuis le fameux « Jeudi noir », la procureure générale et ministre des Affaires francophones s’était faite discrète, pour ne pas dire invisible. En déplacement à Sudbury vendredi dernier, Caroline Mulroney a surpris. D’abord, par une étonnante disponibilité en accordant une entrevue dans les studios de Radio-Canada, mais aussi en distribuant un petit cadeau sur l’accès à la justice en français.

En annonçant le lancement d’un projet pilote pour assurer les services en français au palais de justice de Sudbury, le gouvernement répond à une revendication qui ne date pas d’hier. En gros, les services offerts pour les clients à l’entrée du palais de justice de Sudbury, comme la sécurité, les renseignements juridiques ou encore, la demande d’un avocat, seront dorénavant disponibles dans la langue de Molière.

Sébastien Pierroz

Rendez-vous manqué avec les francophones

CHRONIQUE / Un document de plus de 500 pages, mais finalement peu de mentions à l’une des deux langues officielles du pays. Le budget présenté la semaine dernière n’a guère convaincu les francophones, sans décevoir vraiment.

À vrai dire, on se doutait que ce quatrième et dernier budget fédéral du premier mandat de Justin Trudeau ne serait pas un coup d’accélérateur pour les francophones. Les attentes des différents organismes étaient mesurées. Trop peut-être.

Sébastien Pierroz

Le moment de vérité

CHRONIQUE / Il y avait un air de déjà-vu vendredi dernier pour l’annonce de la ministre de l’Éducation, Lisa Thompson. Comme quinze jours auparavant avec la santé, le gouvernement progressiste-conservateur a promis un tournant majeur. Et comme il y a quinze jours, on en sait pas vraiment plus sur le montant des économies, ni de possibles suppressions d’emplois.

Qu’a-t-on appris vraiment de la ministre Thompson ? Que le cellulaire sera bel et bien interdit dans les salles de classe sauf à des fins éducatives, la confirmation de la mise en place d’une nouvelle stratégie en mathématique et celle d’un nouveau curriculum d’éducation sexuelle. Des choses auxquelles on s’attendait…

Sébastien Pierroz

Des cibles réalistes ?

CHRONIQUE / «Nous souhaitons dépasser les cibles » : le 1er novembre 2017, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, annonçait la couleur en matière d’immigration francophone. Manifestement peu ou mal informé de l’incapacité de son gouvernement à atteindre le fameux 4,4 %, le ministre plein d’optimisme voulait faire encore mieux.

Sur le dossier de l’immigration francophone, le volontarisme politique ne suffit malheureusement pas. En Ontario, la cible de 5 % fixée en 2012 reste un doux mirage. Avec une proportion de 2,15 % de résidents permanents admis en 2018 d’après les chiffres obtenus par ONfr+, on ne peut pas dire franchement que tout va bien. D’autant qu’en 2017, on parlait alors d’un chiffre un peu plus élevé de 2,36 %.

Sébastien Pierroz

Réforme de la santé : encore des questions

CHRONIQUE / La transformation du système de santé de l’Ontario a commencé. Le plan présenté la semaine dernière par Christine Elliott n’est en réalité guère différent que ce que les fuites laissaient augurer. Mais l’annonce de la ministre de la Santé et des Soins de longue durée marque un tournant.

Le projet de loi 74, loi de 2019 sur les soins de santé de la population, adopté en première lecture, signe l’arrêt de mort des Réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS). Symbole de la « bureaucratie » de l’époque libérale, selon le gouvernement actuel, les 14 RLISS seront remplacés par des équipes Santé Ontario locales.

Sébastien Pierroz

Ford : statu quo ou acte 2 ?

CHRONIQUE / À peine de retour à Queen’s Park, les élus ontariens n’ont pas été tendres entre eux, la semaine dernière. La volonté du premier ministre, Doug Ford, d’éponger le déficit de 13,5 milliards $, tout en garantissant une baisse d’impôts, continue de provoquer l’ire des néo-démocrates. Et pour les francophones, toujours cette même question : à quel point écoperont-ils ?

On devrait en savoir plus lors du budget dévoilé dans les prochaines semaines. Si le gouvernement fédéral a déjà coché le 19 mars pour cet exercice, rien n’a pour l’instant filtré du côté du gouvernement progressiste-conservateur de l’Ontario.

Sébastien Pierroz

Le défi de Doug Ford

CHRONIQUE / Un déficit ramené de 15 milliards à 13,5 milliards de dollars. Le gouvernement progressiste-conservateur vient d’annoncer a priori de bonnes nouvelles, à quelques jours de la rentrée politique à Queen’s Park prévue ce mardi.

Une réussite affichée que l’équipe du premier ministre Doug Ford explique simplement : les hausses des revenus en provenance de la taxe de vente harmonisée et l’impôt des entreprises. « En déployant des efforts pour rétablir la confiance du public dans les finances de l’Ontario, en réduisant les formalités administratives et en étant ouverts aux affaires et aux emplois, nous faisons en sorte que la population des quatre coins de l’Ontario ait davantage confiance en notre avenir, et cette confiance se répercute sur les résultats. »

Sébastien Pierroz

Des avancées pour les Noirs

CHRONIQUE / Si le mois de l’histoire des Noirs n’existait plus, cela signifierait que des avancées majeures auraient été accomplies pour les minorités visibles. La petite phrase du militant d’origine africaine, Jean-Marie Vianney, en entrevue avec #ONfr la semaine dernière est assez éloquente. Et démontre qu’en 2019, la participation des résidents à la fois francophones et issus des minorités visibles à la vie politique reste tout un enjeu.

Mais on aurait tort de voir le verre à moitié vide. Longtemps, Firmin Monestime fut considéré comme une exception. Cet immigrant d’origine haïtienne élu maire de Mattawa en 1963 est considéré comme le premier Noir au Canada à occuper un tel poste. Décédé en 1977, ce Franco-Ontarien d’adoption n’est aujourd’hui plus un cas unique.

Sébastien Pierroz

Donner une chance à l’AFMO

CHRONIQUE / Les temps sont durs pour l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO). L’organisme qui fête son 30e anniversaire cette année navigue plus que jamais en eaux troubles. À la dette contractée pendant les dernières années s’ajoute maintenant la défiance de ses membres.

Dernier épisode en date : les hésitations de la municipalité de Clarence-Rockland dans l’Est ontarien à payer sa cotisation annuelle pour 2019. En substance, le maire Guy Desjardins prévient qu’il donnera, mais à la condition sine qua non que l’AFMO améliore son service.

Sébastien Pierroz

800 000 $ pour l’Est ontarien? Mieux que rien

CHRONIQUE / Mélanie Joly s’est parée de ses plus beaux atours dans l’Est ontarien, la semaine dernière. En déplacement à Hawkesbury, la ministre fédérale du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, y a annoncé un plan sur trois ans à la hauteur de 864 000 $ pour les francophones.

En gros, la Maison des arts d’Embrun, le centre culturel Les trois p’tits points à Alexandria, l’Union des cultivateurs franco-ontariens, les deux ACFO locales pour ne citer qu’eux, verront leur financement opérationnel augmenter de 20 %.

Sébastien Pierroz

La défense de Caroline Mulroney

CHRONIQUE / À couteaux tirés. Voilà un peu l’ambiance depuis le début de la crise linguistique entre la ministre fédérale de la Francophonie, Mélanie Joly, et son homologue ontarienne, Caroline Mulroney.

Et ce n’est pas fini, puisque l’élue progressiste-conservatrice, en guise de défense, rappelle sans cesse au gouvernement fédéral son soi-disant manque d’investissement financier envers les Franco-Ontariens. Critiquée de toute part depuis le « jeudi noir », Mme Mulroney tient pourtant ici un argument intéressant.

Sébastien Pierroz

Baisse des droits de scolarité: un impact certain pour les francophones

Les institutions scolaires francophones font la grimace après l’annonce gouvernementale de ce mercredi d’une baisse des droits de scolarité. À partir de la rentrée 2019/2020, les étudiants devraient dépenser 10 % de moins pour étudier dans les collèges ou universités. Un manque à gagner important pour ces pôles d’éducation.

«De prime abord, ces frais de scolarité représentent deux millions de dollars pour notre collège», laisse entendre Pascale Montiminy, gestionnaire des communications pour La Cité. «Cela nous étonne, car les frais de scolarité ne sont pas nécessairement un enjeu dont on entend parler souvent. L’impact est un risque pour la formation d’une main d’œuvre qualifiée qui peut répondre au marché du travail.»

À savoir la part de ces frais de scolarité dans le budget de La Cité, Mme Montiminy s’en tient aux chiffres. «Les frais de scolarité constituent environ 18 % des revenus du collège et les subventions 57 %. Les autres revenus proviennent de contrats et autres.»

D’après nos informations, ces mêmes frais de scolarité représenteraient environ la moitié des revenus des universités.

Si La Cité affirme qu’il est encore «prématuré» de faire des spéculations, il y aura peut-être, selon elle, «des décisions difficiles à prendre par rapport aux programmes et aux services».

Le Collège Boréal reste de son côté un peu plus prudent dans ses déclarations. Mais l’institution francophone sudburoise admet que l’impact sera évident. «Les frais de scolarité représentent environ 2 600 $ par étudiant», explique le président Daniel Giroux. «Ça peut représenter trois à cinq millions de dollars par an pour nous, dépendamment des inscriptions.»

Sébastien Pierroz

Minuit moins une pour l’Université de l’Ontario français

CHRONIQUE / Le couperet devait tomber sur l’Université de l’Ontario français le 15 janvier. C’était en tout cas la date décrétée par le gouvernement progressiste-conservateur après le « jeudi noir ». Sauf que Dyane Adam a quelque peu vendu la mèche avant l’heure en fin de semaine dernière.

Dans les colonnes du journal Le Droit, la présidente du conseil de gouvernance de l’UOF a assuré qu’une annonce pour la survie de l’institution était imminente.

Sébastien Pierroz

La «résistance» conservatrice

CHRONIQUE / Certaines unes et couvertures font plus parler que d’autres. Début novembre, la couverture du magazine Maclean’s intitulée pour le coup Résistance montrait le chef conservateur Andrew Scheer entouré de quatre homologues provinciaux, l’Ontarien Doug Ford, le Manitobain Brian Pallister, l’Albertain Jason Kenney et le Saskatchewanais Scott Moe.

Cette résistance, c’était avant tout contre la taxe carbone de Justin Trudeau, l’impôt de trop pour ces chefs conservateurs. Ironie du sort, et similarité du choix des mots, c’est pourtant une autre « résistance » qui s’est érigée contre le premier ministre ontarien, Doug Ford, quelques jours plus tard. Celle de la résistance franco-ontarienne à la suite des compressions aux services en français.

Sébastien Pierroz

Tout sera à rebâtir pour les Francos en 2019

CHRONIQUE / En 2017, le crépuscule du gouvernement libéral de Kathleen Wynne avait correspondu à quelques avancées pour les Franco-Ontariens. Reconnaissance du statut bilingue de la Ville d’Ottawa, feu vert définitif pour l’Université de l’Ontario français, ou encore l’engagement de nouvelles subventions pour les organismes, les francophones en avaient pour leur bonbon.

Stratégie électoraliste ? Sensibilité du gouvernement aux causes francophones ? Probablement un peu des deux. Autant de bonnes intentions qui arrivaient un chouia trop tard, laissant planer une ombre sur ces nouveaux financements promis en cas d’arrivée au pouvoir d’un nouveau parti politique.

Le couperet est finalement tombé le 15 novembre dernier. Dans son énoncé économique, le nouveau gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford annulait le projet de l’Université de l’Ontario français, et tout aussi grave, supprimait le poste de commissaire aux services en français de François Boileau. 

En quelques heures, les Franco-Ontariens rangeaient leur aspiration pour une refonte de la Loi sur les services en français, une immigration plus massive, pour se concentrer sur la sauvegarde de leurs propres acquis. Une situation ubuesque et jamais vue depuis la fermeture annoncée de l’Hôpital Montfort en 1997.

Les premiers cinq mois de collaboration entre les progressistes-conservateurs et les militants francophones avaient jusque-là étaient relativement neutres. L’engagement répété du gouvernement le 23 juillet sous forme de communiqué pour une université de langue française apparaissait alors comme un gage de sérieux. À la déception, s’est donc ajouté pour les Franco-Ontariens un sentiment légitime de trahison.

C’est dans ces conditions qu’à la veille du premier jour de l’année 2019, une relation de confiance est à rebâtir avec le gouvernement Ford. Face au premier ministre dont les décisions contestables sont adoubées par la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, il faudra s’armer de fermeté, mais aussi de patience et de persuasion. 

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.