Le président de l'AFO, Carol Jolin

Un des défis de l’AFO

CHRONIQUE / Candidat déclaré pour un second mandat à la tête de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin a du pain sur la planche. Mais ce n’est pas seulement sa relation avec le nouveau gouvernement et les leaders francophones que le président sortant devra travailler.

Si depuis sa création en 2005, l’AFO a globalement établi de bonnes relations avec la « vieille garde » franco-ontarienne, et les plus jeunes militants à l’instar de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), le contact reste encore bien difficile avec les minorités raciales ethnoculturelles francophones. Un terme un peu fourre-tout qui désigne les communautés franco-ontariennes originaires du Maghreb, de l’Afrique noire ou encore de l’Asie. 

Lorsqu’il faut parler de l’AFO, ces représentants ne sont pas tendres : manque de légitimité, de crédibilité, organisme « colonial » qui ne sert pas leurs intérêts. Autant de qualificatifs, souvent accusatoires, entendus lors des quatre consultations menées par l’AFO auprès de ces minorités raciales, au début de l’été.

Peu importe le ton, Carol Jolin, et le directeur général Peter Hominuk, ne peuvent pas ignorer ces demandes. Derrière la France, premier pays d’immigration francophone en Ontario, vient ensuite le Congo, mais aussi le Cameroun, Djibouti, le Maroc et l’Algérie. 

L’AFO n’a pas lésiné sur les moyens pour les satisfaire. Mais la mise en place de deux sièges de représentation sur son conseil d’administration spécifiques aux « communautés des minorités raciales et ethnoculturelles francophones » n’a pas éteint l’incendie.

Comment expliquer ces tensions ? Les choses n’avancent pas assez vite. À Ottawa, le Café Franco-Présence, destiné à la culture africaine, a fermé ses portes en 2012. Le projet d’une Maison de l’Afrique évoqué quelque temps n’a jamais vu le jour. À Toronto, les choses coincent aussi. L’Auberge francophone, dédiée à l’intégration de ces mêmes minorités, n’aurait pas les reins assez solides, faute de subventions gouvernementales suffisantes. 

Le hic, c’est que les représentants de ces minorités ne sont jamais parvenus à s’entendre et à s’afficher comme un bloc fort, capable d’influencer les élus, quitte à s’affranchir de cette tutelle de l’AFO jugée dérangeante. Depuis sa création, des querelles internes ont miné l’Union Provinciale des Minorités Raciales Ethnoculturelles Francophone de l’Ontario (UP-MREF), leur organisme porte-parole. Conséquence : le groupe est désormais affaibli.  

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.