La chef du NPD de l'Ontario, Andrea Horwath

Un bien mauvais signal pour Horwath

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / (Toronto) Il y a deux ans, Patrick Brown, jeune et ambitieux député sur les bancs de la Chambre des communes à Ottawa, devenait chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario. Un « transfert » gagnant qu'aimerait aussi réaliser le néo-démocrate Jagmeet Singh, mais dans le sens inverse.
Lundi dernier, le député de Bramalae-Gore-Malton, dans la région de Brampton, s'est lancé dans la course à la chefferie du Nouveau parti démocratique (NPD) au fédéral. Ils sont donc maintenant six à briguer la succession de Thomas Mulcair prévue pour l'automne.
Encore jeune à 38 ans, charismatique, à l'aise sur les médias sociaux, et de confession sikhe, M. Singh, dont l'appellation se résume bien souvent à son prénom, ne passe jamais inaperçu. Son annonce a suffi à replacer les projecteurs sur une campagne pour l'instant morne, et nettement dans l'ombre de celle des conservateurs.
Le chef adjoint du NPD de l'Ontario se pose dès lors comme l'un des favoris avec Charlie Angus de la chefferie néo-démocrate. En cas de victoire, M. Singh quitterait logiquement les rangs de Queen's Park. Un départ qui ne constituerait pas la meilleure nouvelle pour sa chef, Andrea Horwath. D'autant que le parti tente depuis quelques semaines de reconquérir son électorat de gauche, à travers des projets tels la hausse du salaire minimum ou une assurance-médicaments.
C'est justement cet électorat de gauche, multiculturel, et bien souvent issu de l'immigration, que M. Singh incarne bien au-delà de ses idées. Premier député à porter le turban et le kirpan à Queen's Park, le principal lieutenant de Mme Horwath demeure un symbole important.