Sur les huit derniers recensements depuis 1971, la proportion de Franco-Ontariens a baissé à sept reprises. [...] Les Franco-Ontariens ne représentaient plus que 4,1 % de la population provinciale, en 2016.

Recensement : les francophones se dispersent

CHRONIQUE / La sonnette d'alarme est tirée depuis la semaine dernière. Les chiffres du recensement, considérés comme la « photographie » de la vitalité des francophones tous les cinq ans, n'ont pas apporté le frein à l'assimilation tant espéré.
Le tollé suscité au Québec par la montée inattendue du nombre d'anglophones a sans doute contribué à dramatiser davantage les résultats pour les francophones en contexte minoritaire. À défaut d'un redressement, les chiffres ne marquent pas non plus une chute chez les Franco-Ontariens. 
Sur les huit derniers recensements depuis 1971, la proportion de Franco-Ontariens a baissé à sept reprises. À partir de 2001, cette diminution suit la même régularité, soit une baisse relative de 0,2 point tous les cinq ans. Bilan : les Franco-Ontariens ne représentaient plus que 4,1 % de la population provinciale, en 2016.
Beaucoup se consolent aujourd'hui en disant que le nombre de Franco-Ontariens est quant à lui en hausse (+ 7 000 en comparaison de 2011). Une chance que ne possèdent pas le Manitoba (l'une des mauvaises surprises du recensement) et les provinces maritimes. 
L'autre source de consolation est en revanche plus contestable. Les résultats encourageants du nombre de francophones à Toronto, désormais plus de 50 000 au centre-ville, incitent aux réjouissances. Comme le serinent plusieurs depuis des années, l'avenir de la Francophonie serait bien à Toronto.
Si l'on part d'une définition numérique de la Francophonie, laquelle inclut le nombre de résidents francophones dans un lieu donné, alors nul doute que la Ville-Reine représente bien un « eldorado ». Mais si l'interprétation de la francophonie doit aller de pair avec une capacité d'action et d'influence du même groupe, un héritage linguistique qui se transmet au fil des générations, Toronto manque encore d'atouts.
La première métropole du Canada, de par sa taille, est aussi la plus « multilingue » et constitue donc un terreau fertile pour l'assimilation.