Sébastien Pierroz
ONFR+ / Collaboration spéciale
Sébastien Pierroz
La date n’évoque encore rien, mais elle sera historique en Ontario français. Ce jour-là, l’Université de l’Ontario français (UOF) ouvrira enfin ses portes. Une inauguration qui achèvera des années de lutte pour un projet vieux de plusieurs décennies.
La date n’évoque encore rien, mais elle sera historique en Ontario français. Ce jour-là, l’Université de l’Ontario français (UOF) ouvrira enfin ses portes. Une inauguration qui achèvera des années de lutte pour un projet vieux de plusieurs décennies.

Place aux choses sérieuses pour l’UOF

ANALYSE / La date n’évoque encore rien, mais elle sera historique en Ontario français. Ce jour-là, l’Université de l’Ontario français (UOF) ouvrira enfin ses portes. Une inauguration qui achèvera des années de lutte pour un projet vieux de plusieurs décennies.

L’UOF a franchi une nouvelle étape cette semaine. Le ministère des Collèges et Universités a autorisé les quatre programmes universitaires connus de longue date : culture numérique, pluralité humaine, environnements urbains, et économie mondialisée.

Cette confirmation était attendue depuis plusieurs semaines. Le 25 septembre, jour du traditionnel « bonbon » pour les Franco-Ontariens, le gouvernement Ford avait préféré valoriser les initiatives du drapeau comme emblème provincial, et la mise en place des accents et cédilles sur les permis de conduire, le tout sans un mot pour l’université.

Dans les coulisses, on explique que ce retard par l’implication du gouvernement fédéral dans le dossier. L’équipe Trudeau, qui finance la moitié des 126 millions de dollars de l’UOF, aurait demandé au gouvernement provincial de retarder l’annonce de quelques jours.

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle étape n’est en rien décisive. Les prochains mois seront même cruciaux pour le recrutement des futurs étudiants. La date butoir du 15 janvier 2021 pour finaliser l’inscription représente un véritable contre la montre. Une cible de 200 élèves est fixée pour l’ouverture dans 11 mois.

En confirmant ses programmes, la direction de l’UOF a surtout dévoilé les frais annuels pour un étudiant : 6 100 $/année. Des chiffres dans la moyenne de l’Université d’Ottawa, York ou encore le Collège Glendon. En somme, étudier à l’UOF n’offrira pas d’avantages financiers.

L’autre bémol pour l’institution s’avère la concurrence extrême des institutions torontoises anglophones.

Les dirigeants de l’institution devront se montrer persuasifs en premier lieu pour convaincre des élèves des écoles de langue française d’étudier à l’UOF. À Toronto, le défi de la rétention des élèves de ces mêmes établissements se pose avec beaucoup plus de force qu’ailleurs.

Il faudra aussi faire preuve de pédagogie pour expliquer les titres des quatre programmes encore obscurs pour le commun des mortels.

Sébastien Pierroz est rédacteur en chef et journaliste pour la production ONFR+ du Groupe Média TFO.