Depuis quelques jours, les projecteurs sont braqués sur le français de Peter MacKay.

Moins de premiers ministres bilingues

CHRONIQUE / Depuis quelques jours, les projecteurs sont braqués sur le français de Peter MacKay. Suffisant ? Insuffisant ? Mais il y a tout aussi inquiétant que le niveau linguistique du favori à la course à l’investiture conservatrice : la diminution vertigineuse du nombre de premiers ministres des provinces capables de s’exprimer en français.

Début 2016, ils étaient au moins quatre d’entre eux en dehors du Québec à pouvoir donner une entrevue en français : la libérale et première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, mais aussi son homologue manitobain Greg Selinger (NPD), ainsi que les libéraux Brian Gallant et Wade MacLachlan, respectivement au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard.

Quatre ans plus tard, tous les quatre ont été balayés par la vague conservatrice qui a déferlé dans les provinces. Jason Kenney, devenu premier ministre de l’Alberta grâce à cette « vague bleue » justement, est aujourd’hui l’unique chef d’un gouvernement provincial en contexte minoritaire à maîtriser le français.

Et l’on s’entend que les connaissances linguistiques nécessaires sont inférieures à celles exigées en anglais pour un francophone désireux de mener une carrière au fédéral. Moqué pour son niveau d’anglais, l’ancien député Stéphane Dion serait vu parfaitement bilingue aux yeux des francophones avec un niveau semblable dans l’autre langue officielle.

On peut comprendre cette diminution par le hasard provenant des changements politiques. Moins en vogue dans les partis conservateurs, le bilinguisme ne se reflète pas toujours dans les discours des leaders.

D’autres verront peut-être le rêve brisé d’un Canada bilingue d’un océan à l’autre. À l’Ouest, le premier ministre de la Colombie-Britannique, le néo-démocrate John Horgan, tout comme son alter ego de la Nouvelle-Écosse, le libéral Stephen McNeil, ne parlent pas français. Une tradition gouvernementale dans ces provinces éloignées d’Ottawa.

Cinquante ans après la mise en place de la Loi sur les langues officielles, l’apprentissage du français chez les élus est souvent lié à l’ambition d’une carrière fédérale.

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