Tout n'est pas si noir pour les 622 000 Franco-Ontariens avec le dépôt du nouveau budget ontarien.

Mi-figue, mi-raisin

CHRONIQUE / On n’attendait rien de bien mirobolant pour les 622 000 Franco-Ontariens dans les pages du budget ontarien, dévoilé la semaine dernière. Entre l’augmentation de l’enveloppe du ministère des Affaires francophones, l’élargissement du Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO), et l’indication linguistique pour la carte santé, on serait tenté d’affirmer que tout n’est pas si noir. Bien au contraire.

De là à dire que les francophones sont gagnants ? Deux grilles de lecture s’imposent. La première est optimiste. Car si l’on scrute les quatre budgets présentés depuis les dernières élections en juin 2014, celui-ci est incontestablement le plus étoffé pour les Franco-Ontariens.

On est ici loin de l’exercice 2015 où il fallait se contenter seulement d’une enveloppe pour le 400e du passage de Champlain. Loin aussi du document de 2016 où les francophones recevaient quatre mentions.

La deuxième perspective est bien plus sombre. Et déplore, une fois de plus, le manque d’argent pour les initiatives mises en exergue pour les Franco-Ontariens.

Le ministère des Affaires francophones, autonome depuis juillet 2017, reflète cette tendance. Évidemment, les 7,8 millions $ dont bénéficiera l’office en 2018-2019 sont non négligeables, en comparaison des 5 millions $ sur 2016-2017. Mais cette augmentation n’est pas celle demandée par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) laquelle privilégiait plutôt 9 millions $.

En épluchant un peu plus les 314 pages du budget, on constate que le ministère des Personnes âgées, devenu lui aussi indépendant en 2017, voit son budget passer sur deux ans de 19 à 46,5 millions $. Une augmentation… de 145 %, bien plus élevée donc que celle des francophones.

Autre pas en avant à relativiser : l’enveloppe du PAFO doublée. Quelque 2 millions $ seront injectés annuellement pour l’octroi de subventions par les organismes. On sait toutefois que le total des demandes pour le dernier exercice du programme s’élevait à 8 millions $. Pas sûr donc que cela contentera tout le monde. Sans compter que ce genre d’initiatives ciblées sur des projets ne répond pas sur le long terme au manque de financement des organismes.

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.