La ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Marie-France Lalonde

L'Everest de l'immigration francophone

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / La formule peut faire sourire. « Sherpa ». C'est le terme quelque peu pompeux dont l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) nomme les représentants des pays ou gouvernements membres de son institution.
Marie-France Lalonde le répète non sans fierté depuis plusieurs jours : c'est elle, la nouvelle « sherpa » pour l'Ontario. Celle chargée de faire entendre la voix des Franco-Ontariens à la table de discussions de l'OIF, et promouvoir le dossier numéro 1 dans ce cas : l'immigration francophone.
La ministre déléguée aux Affaires francophones et donc « sherpa » a dû s'adapter à un emploi du temps serré dans la semaine : Conseil permanent de la francophonie à Paris et surtout, hier, le Sommet de l'immigration francophone à Moncton.
Ce dernier événement, attendu de longue date, a l'originalité de placer à la même table le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, ainsi que les représentants des provinces sur le même sujet. Dans le cas de l'Ontario : Marie-France Lalonde et sa collègue Laura Albanese, ministre des Affaires civiques et de l'Immigration.
Car en terme d'immigration, force est d'admettre que le gouvernement fédéral ne livre pas la marchandise. La cible de 4,4 % d'immigrants francophones au Canada demeure dans de basses eaux depuis des années, entre 1 et 2 %.
L'Ontario ne fait guère mieux malgré une barre placée à 5 %, alors que les derniers chiffres situent l'immigration à 2 %. Et même le Nouveau-Brunswick qui s'est fixé 33 % pour 2020 est bien loin des 20 %. Quant au Manitoba, il faudra encore beaucoup de travail pour parvenir à la cible fixée de 7 %.