La vérificatrice générale de l'Ontario, Bonnie Lysyk

L’éternelle bisbille sur les chiffres du déficit budgétaire

CHRONIQUE / La vérificatrice générale de l’Ontario et le gouvernement ont décidément du mal à accorder leur violon. Dernier accrochage : les chiffres de Bonnie Lysyk dévoilés la semaine dernière parlent d’un déficit budgétaire de 11,7 milliards de dollars. Pratiquement deux fois plus que la somme de 6,7 milliards annoncée dans le budget du ministre des Finances, Charles Sousa.

La querelle est éternelle entre l’agente parlementaire et les libéraux. En 2016, la vérificatrice parlait d’un déficit de 5 milliards quand les libéraux ne voyaient que 3,5 milliards. Bis repetita en décembre dernier, la première parlant d’un budget déficitaire de 2,4 milliards de dollars, Charles Sousa affirmant alors avoir ramené celui-ci à moins de 1 milliard de dollars. 

Bien difficile de savoir qui dit vrai. Le gouvernement a certes accès aux feuilles de compte pour lesquelles Mme Lysyk ne peut pas en obtenir les données si facilement. Mais de par sa fonction, la vérificatrice incarne une neutralité et la ligne non-partisane. 

L’histoire pourrait presque lui donner raison. En 2003, le vérificateur général de l’époque avait mis la main sur un « déficit caché » de 5,6 milliards de dollars, hérité des progressistes-conservateurs d’Earnie Eves. Preuve que les gouvernements ne seraient pas tout blanc. 

Dans les coulisses, on murmure que la détermination de Mme Lysyk n’est pas anodine. Le parti a modifié la loi sur la publicité gouvernementale qui conférait au vérificateur général un pouvoir discrétionnaire de déterminer ce qui constitue une publicité partisane. L’agente parlementaire n’aurait pas digéré la capacité de diffuser selon elle de la publicité partisane payée à même les fonds publics, sans qu’elle ne puisse intervenir.

L’occasion était en tout cas trop belle pour les néo-démocrates et les progressistes-conservateurs pour tirer à boulets rouges sur le gouvernement Wynne. À quelques jours du déclenchement de la campagne électorale, les résultats de Mme Lysyk ne sont pas une bonne nouvelle. Le chef du Parti progressiste-conservateur, Doug Ford, ne cesse de le répéter. « La fête est bientôt finie pour les libéraux ».

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.