Le Parti libéral devrait compter sur un chef unilingue, John Fraser, au moins jusqu’aux élections de 2022.

Les libéraux ontariens orphelins

CHRONIQUE / Rien ne va plus pour les libéraux ontariens, réduits à seulement cinq députés sur les bancs de Queen’s Park. Depuis les départs de Marie-France Lalonde et de Nathalie Des Rosiers du caucus l’été dernier, une autre donnée s’ajoute : la représentation politique francophone s’effrite au sein du parti.

En témoigne la liste des six candidats à la chefferie du Parti libéral dévoilée la semaine dernière. De cette liste émergent trois anciens ministres du précédent gouvernement, Michael Coteau, Mitizie Hunter et Steven Del Duca, deux « nouveaux arrivants » en politique, l’avocate Kate Graham et le communicant Alvin Tedjo. Tous unilingues.

En fait, seule Brenda Hollingsworth — une autre avocate, mais dont la candidature n’est pas encore validée — maîtrise assez bien le français. Ses chances de victoire lors de l’investiture le 7 mars prochain sont tout de même minces. En somme, le Parti libéral devrait compter sur un chef unilingue au moins jusqu’aux élections de 2022.

On est donc assez loin de la tradition d’un chef bilingue ou du moins, capable au de tenir une entrevue en français, comme ce fut le cas avec David Peterson, Dalton McGuinty, puis dernièrement Kathleen Wynne.

En 2015, le Parti libéral, mais aussi le Parti progressiste-conservateur avec Patrick Brown, bénéficiaient à Queen’s Park d’un chef au français avancé. On disait même que la néo-démocrate Andrea Horwath prenait des cours. Avec Doug Ford et le futur chef libéral, il y a un risque de retour à la case départ. D’autant que la chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a bel et bien renoncé à apprendre la langue de Champlain.

Dans ces conditions, le Parti libéral aura-t-il la même sensibilité au français ? Rien n’est certain. En chambre, les absences de Mmes Lalonde et Des Rosiers se font sentir, laissant les néo-démocrates en pole position pour torpiller le bilan francophone du gouvernement Ford.

Depuis la rentrée parlementaire, on a vu par exemple la députée NPD France Gélinas monter de nouveau aux barricades pour les accents sur les documents administratifs provinciaux, ou encore son collègue Guy Bourgouin défendre une nouvelle version de la modernisation de la Loi sur les services en français.

Pour lire la chronique de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.