Kathleen Wynne, bien qu’elle ait démissionné de son poste de chef, siègera encore au moins quelque temps.

Les libéraux au purgatoire

CHRONIQUE / Depuis jeudi soir, l’Ontario est officiellement entrée dans l’ère de la Ford Nation. Une victoire plus large qu’attendu, qui place les libéraux en mauvaise posture pour les quatre prochaines années.

Car les troupes de Kathleen Wynne ont traversé les quatre semaines de campagne comme une ombre. Avec sept sièges obtenus à Queen’s Park, le parti égale même son score catastrophique de 1951. Plus grave : faute d’avoir obtenu huit députés, le statut officiel de parti est perdu.

Ce coup dur donnera moins de visibilité aux libéraux. Cela se traduira par moins de financement pour du personnel de soutien. C’est aussi un temps de parole réduit pour eux à l’Assemblée législative et moins de présence aux différents comités. Jusqu’aux prochaines élections en 2022, le Nouveau Parti démocratique (NPD) sera pratiquement l’unique voix de l’opposition audible.

Les libéraux sont-ils dès lors voués à disparaître ? Bien sûr que non. Cette mésaventure est déjà arrivée à bien des partis. Du côté de Queen’s Park, les néo-démocrates avaient eux aussi perdu leur statut de parti officiel en 2003.  

Au niveau fédéral, les deux élus obtenus par le Parti progressiste-conservateur en 1993 sonnaient alors comme une fin. Treize ans plus tard et sous une autre forme, le parti est pourtant revenu au pouvoir. Dans ces deux cas, on voit que le chemin du retour est une affaire de plus d’une législature. 

Dans leur malheur, les libéraux peuvent aussi se consoler avec l’expérience de ces sept élus. Six d’entre eux ont déjà été ministres. Kathleen Wynne, bien qu’elle ait démissionné de son poste de chef, siègera encore au moins quelque temps. La transition politique pourrait être moins ardue.

Pour lire l'analyse de Sébastien Pierroz dans son intégralité, rendez-vous sur le site Web d'#ONfr.